Telle est la question !

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Pizzicato, sul ponticello, que sont ces modes de jeu des instruments à cordes ?

Dans le jargon des instrumentistes à cordes, il est des termes quelque peu exotiques et dont la signification n’est certainement pas connue de tous. Jouer Pizzicato ou encore Jouer "sul ponticello", que désignent ces termes ? Telle est la question à laquelle répond Clément Holvoet.

Il existe pour les instruments à cordes une manière traditionnelle de produire un son : on passe l’archet sur la corde, entre la touche – l’endroit où l’on place les doigts - et le chevalet – la petite pièce de bois qui permet la tension des cordes. Avec cette technique normale, on produit un son homogène, espérons assez beau, et on peut se permettre de jouer plus ou moins fort. Mais ce n’est pas la seule manière de produire un son sur un violon, un alto, un violoncelle ou une contrebasse.

Jouer en pizzicato

Il s’agit d’une technique instrumentale pour instruments à cordes, pour laquelle les instrumentistes n’ont pas besoin d’archet. La main droite, qui tient l’archet est donc libérée ! Jouer pizzicato consiste à pincer les cordes avec les doigts de cette main droite. Et la main gauche continue de jouer les notes en appuyant sur la corde. Comme il n’y a plus le soutien de l’archet, le son s’arrête net, ce qui donne des notes assez courtes et sèches. Il faut savoir que dans un concert de jazz, la contrebasse, en général, joue en pizzicato tout le long du concert. Cela permet d’avoir les notes bien sûr mais aussi un élément rythmique, percussif, et dans le cas de la contrebasse et du jazz, d’avoir le swing ou le groove désiré. Le pizzicato est très utilisé dans tout le répertoire de musique classique, entendez de musique écrite, savante, en général par petites touches. Mais il y a des exceptions, comme dans le second mouvement de la "Simple Symphony", qui est tout entier dédié au pizzicato, pratiqué alors par toutes les cordes de l’orchestre.

Jouer sul ponticello

Le pizzicato n’est pas le seul mode de jeu possible sur un instrument à cordes. Il en est un, peut-être moins connu, qui se nomme "ponticello". Lorsque, sur une partition, il est indiqué que des notes doivent être jouées "sul ponticello", qui signifie en italien, "sur le chevalet", celui signifie donc que l’archet doit être placé sur le chevalet pour produire ces notes. Le chevalet est la petite pièce de bois au milieu des violons, altos, violoncelles et contrebasses qui maintient les cordes en tension, un peu surélevées par rapport à la table des instruments. Ce mode de jeu "sul ponticello" produit un son très particulier, grinçant, un peu strident, un peu effrayant.

En réalité, le fait de jouer sur le chevalet fait que l’endroit de la corde mis en vibration est très tendu, cela produit une grande quantité d’harmoniques, qui sont les sons périphériques, ainsi qu’un peu de bruit de frottement. Tout ceci mélangé couvre en partie la note jouée, et la colore, l’habille en quelque sorte de ce son étrange ! C’est une technique très utilisée dès le XXe siècle et plus particulièrement encore dans les compositions contemporaines. Cela permet d’enrichir les types de sons possibles pour les cordes, et les compositeurs et compositrices ne s’en privent pas.

Il est possible de demander les deux techniques à la fois, à savoir un pizzicato joué sul ponticello, sur le chevalet. Le son est alors unique. Cette technique est notamment utilisée dans le troisième mouvement du deuxième quatuor de Ligeti.

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