Telle est la question !

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Comment sont nés les musiciens professionnels ?

Les troubadours que sont les musiciens professionnels ont une histoire, et être amuseur du roi mérite salaire depuis pas mal d’années déjà… Mais cela n’a pas toujours été le cas. "Comment sont nés les musiciens professionnels", telle est la question à laquelle répond Clément Holvoet.

Des ménestrels au métier de musicien

Au XIIIe siècle déjà, on considère que les ménestrels font ce que l’on appelle un "métier" dont l’utilité sociale était la musique, même si on ne trouve aucune trace de rémunération. La musique que jouaient ces ménestrels était par ailleurs transmise par la tradition orale.

C’est donc plutôt à l’aube du XVIe siècle qu’il faut chercher l’origine du métier de musicien. C’est à partir de ce moment-là que l’aptitude du musicien, comme celle d’un autre métier ou d’une corporation, est reconnue au-delà des différences sociales. C’est le basculement de l’organisation médiévale vers l’organisation moderne, la religion s’écarte alors des élites musicales et les instrumentistes grimpent dans l’échelle sociale pour faire naître le musicien tel qu’on le connaît aujourd’hui. C’est bien au XVIe siècle que le terme "musicien" apparaît pour désigner un métier, un emploi et non plus un simple talent.

Et on va, petit à petit, particulariser les métiers de l’église qui utilisaient la musique en désignant untel chanteur, un autre instrumentiste, un autre encore organiste ou compositeur, avec des rémunérations ad hoc. Tout ceci se fait au sein de ce qu’on appelle tout d’abord les Chapelles, qui sont devenues progressivement les Chapelles musicales, les chapelles princières que l’on peut lier à ce qu’on appellerait aujourd’hui le mécénat.

Compositeur et interprète, musicien professionnel et musicien amateur

Le XIXe siècle voit s’opérer une grande transformation. Là où lors des siècles précédents, le compositeur et l’interprète se confondent, les XVIIIe et XIXe siècle vont changer la donne petit à petit : les deux catégories vont se séparer et, d’autre part, les exigences des partitions grandissent et une autre division apparaît : celle entre les musiciens professionnels et les musiciens amateurs.

Par ailleurs, plus on avance dans le XIXe siècle, plus la demande d’originalité est forte. En plus, petit à petit, le nombre d’œuvres anciennes utilisables et jouables grandit, et dans le même mouvement, le succès des œuvres nouvelles et originales n’est pas toujours au rendez-vous. Donc il faut des musiciens professionnels pour jouer ces musiques et des compositeurs professionnels pour en écrire, en essayant d’être novateur.

L’exigence de l’interprétation d’une œuvre sera donc mise au premier plan : on va chercher des interprètes, donc des musiciens qui feront de la musique une vraie profession. On veut des musiciens de plus en plus spécialisés. Par conséquent, les autres musiciens seront considérés comme amateurs, ce qui permettra la naissance de l’autre profession du musicien : celle de professeur de musique. Heureusement pour nous tous, les frontières entre les genres sont bien moins claires, et il y a bien sûr autant d’exceptions que de musiciens à ce dessin historique.

Et l’un qui correspond parfaitement à cette "exception", c’est bien Frédéric Chopin qui était tout à la fois interprète, virtuose, compositeur ET professeur de piano.

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