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Le festin de l'araignée d'Albert Roussel : pris au piège dans la toile

Illustration d'Arthur Rackham pour les Fables d'Ésope
Illustration d'Arthur Rackham pour les Fables d'Ésope - © Tous droits réservés

La table d’écoute de Camille De Rijck est consacrée à un ballet, l’opus 17 d’Albert Roussel, Le festin de l’araignée, œuvre composée à cheval entre 1912 et 1913 et dont Roussel a fait plus tard une suite.

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Jacques Prévert

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Albert Roussel, une envie d’ailleurs

Albert Roussel est né dans une famille bourgeoise de Tourcoing. Fou de Jules Verne, Albert Roussel sera marin, au début de sa jeunesse et aussi pendant la première guerre mondiale. Il a donc beaucoup voyagé et il avait un profond intérêt pour la culture de l’Orient. Il va d’ailleurs s’ouvrir à la musique orientale et notamment la musique indienne. En 1894 de se consacrer entièrement à la musique.

Recherche d’ailleurs

Albert Roussel a cultivé sa recherche d’ailleurs, notamment en voyageant, mais aussi à travers sa musique. Dans son ballet Le festin de l’araignée, cet ailleurs réside justement dans la vie et le monde des petites bêtes qu’il évoque dans son ballet.

Ce ballet s’inspire des Souvenirs entomologiques de Jean-Henri Fabre, œuvre qui était très populaire à l’époque. Le ballet fut commandé par le Théâtre des Arts en 1912 et décrit la nature, : l’éveil du jardin, les pas des fourmis, la naissance de l’Éphémère, etc., jusqu’à la tombée de la nuit.

Voici d’ailleurs l’argument du ballet, paru dans Le Petit Parisien le 7 mars 1913, et repris dans le dossier pédagogique de l’Orchestre de Dijon.

Dans un paisible jardin, au centre de son immense toile, une Araignée attend patiemment de capturer les insectes qui doivent composer son dîner. Passent d’abord les Fourmis qui lui échappent, puis deux Bousiers. L’Araignée n’ose s’attaquer à eux mais elle prend sa revanche sur un frêle Papillon que son étourderie jette dans la toile. Une pomme tombée de l’arbre excite au combat deux Mantes religieuses et l’une d’elles devient la proie de l’Araignée, tandis que deux vers se glissent dans le fruit, objet du litige. Quand ils s’en sortent, ils sont devenus très gros et frappent d’admiration un Éphémère sorti d’une touffe de nénuphars qui s‘étalent sur le bassin voisin. Tout juste éclos, il virevolte avec insouciance et panache durant ses fugaces instants de vie. Voilà le crépuscule et l’Éphémère touche déjà à sa vieillesse. Il meurt et son cadavre va enrichir le garde-manger de l’Araignée. Mais au moment où celle-ci commence son festin, la mante et les bousiers se vengent et la tuent. Tous les insectes organisent des funérailles pour emporter le gracieux Éphémère à sa dernière demeure sur un pétale de rose et un Ver luisant s’allume pour éclairer le cortège. La nuit est tombée ; subsiste la solitude du jardin abandonné.

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