Sur un air de cinéma

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Quand le jazz rencontre le cinéma

Ils ont presque le même âge, ils ont marqué le siècle, ils ont marqué de leur puissance à la fois populaire et sophistiquée, ils ont découvert, au cours des mêmes années des rythmes nouveaux et des moyens nouveaux de communiquer. Le cinéma et le jazz sont presque contemporains, ce sont deux formes d’art spécifiquement originales du XXe siècle, deux formes d’expressions aussi populaires qu’aristocratiques. Et ils sont marqués par un destin commun, étant donné que le premier film parlant – ou du moins celui que l’on connaît officiellement comme tel – a justement choisi le jazz pour faire entendre sa voix et unir les deux arts du XXe siècle dans un manifeste symbolique.

Ascenseur pour l’échafaud

Une femme blonde marche lentement sur les trottoirs d’une grande ville. C’est le soir, les devantures des magasins brillent de tous leurs feux et la circulation automobile de la ville est ralentie. Elle avance, l’air rêveur, regarde autour d’elle, comme étrangère au monde qui l’entoure… La scène s’étire en longueur…

Si l’on regarde cette séquence d’Ascenseur pour l’échafaud, réalisé par Louis Malle en 1957, sans le son, la situation paraît banale, monotone, répétitive, dépourvue de signification particulière.

Bien entendu, celui ou celle qui connaît l’histoire sait que la femme attend, soucieuse, son amant qui aurait dû la rejoindre après avoir tué, avec sa complicité, son mari… un amant resté coincé dans l’ascenseur. Pourtant la “promenade” en tant que telle est sans intérêt. C’est la musique qui lui confère sa dimension de vitalité, de souffrance, de tragédie. Cette musique, elle a été improvisée devant l’écran par le grand Miles Davis qui se trouvait justement en France en 1957 à l’occasion d’une tournée. Miles Davis à la tête d’un groupe de 4 musiciens : Pierre Michelet à la contrebasse, René Urtreger au piano, Barney Wilen au saxo ténor et Kenny Clarcke à la batterie. Un épisode désormais mythique de l’histoire des rapports entre jazz et cinéma.

Outre le morceau qui donne son rythme à la séquence en question, Miles Davis et ses musiciens improvisent neuf autres morceaux tout en regardant le film qui était projeté sur le mur du studio d’enregistrement.

L’entrée du cinéma parlant par la voix du jazz

Le cinéma se fait une idée peu claire de la nature du jazz, depuis le premier film sonore Le chanteur de jazz, réalisé par Alan Crosland en 1927. Un film avec Al Jolsongrimé en blackface, maquillé grossièrement en musicien noir donc et qui n’a d’ailleurs pas grand-chose avoir avec ce genre musical.

Le film “Ragtime” de Milos Forman est adapté du célèbre roman de Doctorow et traduit bien le pittoresque de la période de croissance et insouciance des années 20 : une époque pleine d’espoirs mais aussi d’histoires tragiques, dans un pays peuplé d’immigrants et d’aventuriers.

Le film nous relate, au rythme du ragtime, le destin tragi‑comique de quelques héros américains liés, par l’histoire d’un musicien. Le pianiste noir Coalhouse Walker Jr., est un jeune homme rangé, jusqu’au jour où un groupe de pompiers blancs démolit, sans raison, sa voiture neuve. Après avoir épuisé tous les moyens légaux, Coalhouse obtient justice, seul et par la force.

Le thème : un ragtime au tempo lent, composé par Randy Newman, est une évocation nostalgique d’une époque mythique sur fond de saga multiraciale.

L’imaginaire des années 30 : clubs de jazz et gangsters

"Cotton Club" de Francis Ford Coppola, fiction à caractère musical, se situe à Harlem, pendant la Prohibition. Dutch Schultz, un gros trafiquant d’alcool, se lie d’amitié avec Dixie Dwyer, un joueur de cornet qui lui a sauvé la vie. Pour le remercier, Dutch lui propose de devenir le chauffeur et le chaperon de sa maîtresse. Très vite, Dixie découvre la rivalité impitoyable qui oppose son patron à Owney Madden, le propriétaire du Cotton Club, une boîte de jazz très en vogue…

C’est le jazz qui crée l’ambiance dans le film "The cotton club" de Francis Ford Copola, un film retraçant l’histoire de la salle historique de Harlem entre 1928 et 1935.

Duke Ellington connut la célébrité au sein du Cotton Club, un club qui employait des danseurs et chanteurs noirs.

Suivez l’histoire du jazz et du cinéma ce samedi 31 octobre à 16h dans Sur un air de cinéma

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