Sur un air de cinéma

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La magie du maquillage au cinéma

Sur un air de cinéma reprend sa route pour une nouvelle saison avec pour commencer un sujet de taille : le maquillage au cinéma.

Le grimage tient, en effet, un rôle des plus importants dans le succès d’un film, et ce depuis les débuts de l’histoire du cinéma.

Au cinéma, les comédiens parviennent souvent à nous surprendre lorsqu’ils incarnent des personnages qui leur paraissent physiquement opposés à première vue.

Mais quelle serait leur performance sans le travail en amont de ceux qui se trouvent de l’autre côté de la caméra. Mettons alors un peu de lumière sur ces maquilleurs, qui passent parfois plusieurs heures d’affilée à peaufiner un visage, à le transformer totalement jusqu’à obtenir l’apparence parfaite, celle qui nous fera quasiment oublier quel est l’acteur qui se cache derrière ce visage.

Certes, le maquillage moderne et le cinéma sont nés à peu près à la même époque. Mais c’est à l’avènement du parlant que les acteurs passent sous la coupe des studios et de leur armée de maquilleurs et costumiers. "À l’âge d’or de Hollywood, entre 1930 et 1955, deux studios dominent, la MGM et la Warner. Le premier représente l’usine à rêves, avec ses stars idéalisées, Greta Garbo et Joan Crawford. Le second se préoccupe davantage de réalisme, avec comme ambassadrice Bette Davis, capable de s’enlaidir pour un rôle." Bette Davis qui a l’art de se faire ou séductrice, ou sorcière.

Ces studios, "équivalents des Google et Facebook d’aujourd’hui", ont les moyens d’imposer leurs standards à des générations de spectatrices.

L’autre spécialité de l’industrie hollywoodienne, et particulièrement du studio Universal, c’est bien sûr le cinéma fantastique. Là aussi, la tradition a commencé très tôt, avec Lon Chaney, "l’homme aux mille visages", qui se grimait lui-même. Sa prestation dans Le Fantôme de l’opéra (1925), front haut, yeux cernés de noir, oreilles plaquées, est saisissante. Même chose pour Bela Lugosi, inoubliable interprète de Dracula devant la caméra de Tod Browning en 1931. La même année, le Frankenstein incarné par Boris Karloff et mis en œuvre par le maquilleur Jack Pierce fixe l’image que l’on a de la créature imaginée par Mary Shelley.

En France, Méliès marquera les esprits avec ses décors et maquillages, futurs effets spéciaux ("Le Voyage dans la lune" – 1902).

"La production crée le suspense autour de l’apparence du monstre en prévenant les spectateurs au début du film qu’ils risquent d’être choqués et qu’il est encore temps de quitter la salle. "Les années 1930 ont été l’acte de naissance du cinéma fantastique avec une dramatisation de l’apparition du personnage en gros plan et un jeu sur la lumière indissociable du maquillage", souligne Frank Lafond, auteur du Dictionnaire du cinéma fantastique et de science-fiction (Vendémiaire). Trois décennies plus tard, La Planète des singes et sa troupe d’acteurs expressifs sous une couche de poils ont constitué un autre tournant. Une performance de l’équipe du maquilleur John Chambers qui lui vaudra un Oscar d’honneur en 1969.

C’est seulement à partir de 1982 que les Oscars récompensent le meilleur maquillage de l’année (auquel s’est ajoutée la coiffure en 2012). Le premier titulaire, pour Le Loup-Garou de Londres, de John Landis, est Rick Baker.

Et on se souviendra du cinéma de David Lynch (Elephant man), de Friedrich Murnau (Nosferatu) ou de Jean Cocteau (La belle et la Bête) avec notre invité et désormais, collaborateur régulier de l’émission, Kamal Messaoudi alias Monsieur Pop Culture.

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