Sur un air de cinéma

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Hommage au comédien Robert Hossein, artiste de la démesure

Comédien à la voix identifiable entre toutes, à la fois rauque, sensuelle et déterminée. Robert Hossein nous a quittés le 30 décembre 2020, à l’âge de 93 ans. Pour lui rendre hommage, Pascale Vanlerberghe lui consacre une émission Sur un air de cinéma.

Robert Hossein, l’artiste de la démesure, décédé le 31 décembre à l’âge de 93 ans, acquiert sa notoriété avec la série des "Angélique, marquise des anges" où il incarnait le beau Geoffrey pour lequel nous avons toutes soupirer, Angélique série de Bernard Borderie dans les années 1960.

Passionné de scène, Robert Hossein se lancera aussi dans des superproductions théâtrales qui connaîtront un énorme succès.

Robert Hossein est né en 1927 à Paris dans une famille d’origine iranienne du côté de son père compositeur et ukrainienne du côté de sa mère pianiste. Il commence par suivre des cours de théâtre à l’école de Tania Balachova entre autres et se met également à la mise en scène.

Dès la fin des années 40, il est acteur au cinéma ("Le Diable Boiteux" de Sacha Guitry, "Du Rififi chez les hommes" de Jules Dassin) puis réalisateur. Si on se souvient surtout de son rôle dans la série "Angélique Marquise des Anges", Robert Hossein a beaucoup tourné, dans les films de Roger Vadim, d’Henri Verneuil, ou encore de Claude Lelouch, comme "Les Uns et les Autres" (1981).

Robert Hossein, défenseur du théâtre populaire

Robert Hossein est aussi, et même avant tout, un homme de théâtre, viscéralement comédien et metteur en scène. Il laisse des souvenirs de méga productions et se voulait avant tout un défenseur du théâtre populaire. Il voyait tout en grand, il était excessif, impétueux, idéaliste et exaspéré.

Dans les années 1970, Robert Hossein est l’homme d’une aventure théâtrale : en 1970, il crée à partir de rien le Théâtre populaire de Reims. Il y jette les bases d’un théâtre pour tous avec pour slogan "du théâtre comme vous n’en verrez qu’au cinéma". Son ambition : mettre en scène des classiques et attirer un public le plus large possible avec des effets de plus en plus empruntés au septième art. Il programme ainsi Shakespeare, Lorca, Dostoïevski ou encore Steinbeck, qu’il monte sous forme de tableaux.

De retour à Paris à la fin des années 1970, Robert Hossein se fait connaître en montant des grands spectacles au Palais des sports ou au Palais des congrès, spectacles interactifs, dans lesquels le public intervenait. Dans un premier temps, il adapte des textes classiques (Notre Dame de Paris, Les Misérables, Jules César), puis il passe aux figures historiques sur des textes d’Alain Decaux, l’historien vulgarisateur (Danton et Robespierre, Charles de Gaulle dans Celui qui a dit non, C’était Bonaparte, Jésus était son nom, Jésus et la résurrection…).

Avec ses méga-productions, Robert Hossein totalise une énorme partie de la fréquentation théâtrale hexagonale – entre 300.000 à 700.000 entrées par spectacle. Il confiait cependant dans "A voix nue" n’avoir jamais eu "les moyens de [ses] ambitions", déplorant être "né pauvre avec une cervelle de riche".

Robert Hossein et le cinéma

De Joffrey de Peyrac dans "Angélique", au commissaire Rosen dans "Le professionnel", en passant par l’abbé Rastaud, retour sur sa carrière cinématographique en 5 films.

Dans Le Professionnel, réalisé par Georges Lautner et sorti en octobre 1981, Robert Hossein incarne le redoutable commissaire Rosen, de la Brigade de Répression et d’Intervention, face à Jean-Paul Belmondo dans la peau de Joss Beaumont. Ce dernier, issu de l’élite de l’armée française, est chargé d’exécuter le président du Malagawi. Un contre-ordre tombe, la cible est devenue un ami de l’Etat. Pour l’empêcher de nuire, Beaumont est incarcéré, mais ne tarde pas à s’évader, décidé à mener à bien l’opération malgré l’opposition de sa hiérarchie.

Un film dont la musique est signée Ennion Morricone.

Le film Le vice et la vertu est librement inspiré des œuvres du marquis de Sade dont les personnages des deux sœurs moralement opposées, Justine et Juliette, sont ici transposés durant la Seconde Guerre mondiale. Le film, considéré comme une insulte à la résistance, fut très mal reçu à sa sortie. Au départ c’est MGM qui distribua le film, puis Gaumont lors de la ressortie en 1967.

Mais un an avant, En 1962, l’acteur donne la réplique à Brigitte Bardot dans Le Repos du guerrier, de Roger Vadim, dont il deviendra l’un des acteurs fétiches. L’histoire raconte comment après un héritage, une jeune femme riche (Bardot) tombe amoureuse de Renaud (Hossein). Elle va le sauver du suicide et acceptera toutes ses humiliations et ses infidélités.

Jusqu’à la belle scène finale.

Un autre film à marquer d’une croix dans la filmographie de Robert Hossein est le drame signé Denys de La Patellière : Prêtres interdits en 1973, dans lequel jouent également Claude Piéplu, Claude Jade, Louis Seigner, Pierre Mondy.

1936. L’abbé Jean Rastaud est promis au plus brillant avenir ecclésiastique. Un jour, il rencontre Françoise, qui a fait une chute à bicyclette. La jeune fille s’éprend du prêtre et lui avoue ses sentiments. Malgré l’intervention de son ami, l’abbé Ancely, Rastaud ne résiste pas à l’inclination qu’il éprouve. Son évêque lui intime l’ordre de ne jamais revoir Françoise, qui est enceinte, sous peine d’être frappé d’interdiction. Rastaud refuse de commettre cette lâcheté.

L’histoire d’un amour exceptionnel qui condamne toutes les hypocrisies.

Et puis évidemment à retenir aussi le film de Claude Lelouch, Les uns et les autres, sorti en 1981, il retrace l’histoire de trois générations unies par l’amour de la musique et de la danse, de l’entre-deux-guerres aux années 1980, dans quatre pays : la France, l’Allemagne, la Russie et les États-Unis.

Robert Hossein apparaît dans l’histoire de la famille française : il incarne Simon, un pianiste qui tombe amoureux et a un enfant avec Anne, une violoniste, incarnée par Nicole Garcia. Tous deux juifs, ils sont déportés et tentent de sauver leur bébé en le laissant sur la voie de chemin de fer, lors de l’arrêt du train en partance pour les camps.

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