Sur un air de cinéma

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Claude Bolling, le "Borsalino " du cinéma français

Dans son émission Sur un air de cinéma, Pascale Vanlerberghe nous parle de Claude Bolling qui a eu 90 ans cette année. En seconde partie d’émission, elle évoquera également Michel Piccoli, icône du cinéma français qui est décédé le 18 mai dernier.

Les chroniqueurs américains commencent la biographie de Claude Bolling avec ces mots : "C’est un jeune prodige du piano". A l’âge de 2 ans, sa famille monte à Paris puis redescend se réfugier à Nice durant la guerre (1940). C’est à ce moment-là que Claude Bolling se découvre une passion pour la musique et décide de lui consacrer sa vie. Sa professeur de piano, de formation classique l’ouvre tout autant à la musique classique qu’au jazz (1943-1944). En 1944, il est sacré meilleur pianiste du tournoi amateur organisé par le Hot Club de France, l’année suivante il forme son premier orchestre et devient le plus jeune sociétaire de la Sacem. De nombreux pianistes de jazz le marquent : Teddy Wilson, Art Tatum, Earl Hines, Fats Waller, mais plus particulièrement Duke Ellington. En 1948, il obtient sa première grande consécration en remportant le concours du Hot Club de France, accompagné de la chanteuse Berthe " Chippie " Hill. Il joue avec Lionel Hampton, Roy Eldridge et Rex Stewart, faisant preuve d’éclectisme et collaborant tout aussi bien avec des musiciens de variété qu’avec des musiciens classiques. En 1952, il part en tournée avec Milton Mezzrow et enregistre pour la firme Vogue (1953). En 1955, Claude Bolling monte son Show Bizz Band d’inspiration ellingtonienne, s’entoure de musiciens de talent (Roger Guérin, Gérard Badini). En 1970, Claude Bolling compose et enregistre avec le pianiste classique Jean-Bernard Pommier " Sonate pour deux pianos ". Ces rencontres avec les musiciens classiques sont fréquentes : Alexandre Lagoya, Maurice André, Yo-Yo Ma… Comme Claude Bolling le dit lui-même, ce sont des défis musicaux. Sa " Suite pour flûte et piano jazz ", qu’il enregistre en 1975 avec Jean-Pierre Rampal, obtient un succès considérable outre-Atlantique, la revue Bildboard le classe dans le peloton de tête durant 530 semaines ! En 1976, il entreprend une expérience " West Coast " avec Hubert Laws, Bud Shank et Shelly Manne. En 1982, la prestigieuse salle du Carnegie Hall de New York reçoit Claude Bolling pour sa " Suite pour orchestre de chambre et trio jazz ", avec l’orchestre du Syracuse Symphony. Depuis plus de vingt ans, Bolling adapte son répertoire et ses compositions en fonction des musiciens de son orchestre. Bolling a l’art de faire sonner et de mettre en valeur toutes les sections de l’orchestre, en sachant faire ressortir les solistes. (source Universal music)

Quant à la musique de film, Claude Bolling y est également tombé dedans !

Figure discrète et élégante de la musique de film française des années 70 et 80, Claude Bolling excelle dans le registre du polar dé " Du mou dans la gâchette " (1966) de Louis Grospierre, " Qui ? " (1970) de Léonard Kiegel, et surtout " Borsalino " (1970) qui marque une rencontre décisive avec le cinéaste Jacques Deray qui restera son réalisateur de prédilection. Philippe de Broca l’invite sur sa comédie parodique Le Magnifique (1973). On peut citer Edouard Molinaro, Jean Girault, ou encore Claude Pinoteau parmi les réalisateurs qui lui ont confié des partitions.

Un as des as de l’arrangement et de l’orchestration, et une humilité face à son œuvre à toute épreuve.