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Liya Petrova, violoniste : " Beethoven nous fait toucher une part d'un univers qui nous est inaccessible "

Liya Petrova est née en 1990 en Bulgarie, dans une famille de musiciens.

Au violon dès l'âge de 4 ans, la petite Liya aurait aussi pu être pianiste, c'est en effet l'instrument dont sa maman rêvait pour elle. Mais la petite fille qu'elle était, savait déjà parfaitement qu'elle voulait être violoniste et non pianiste.

La suite de son parcours est à l'avenant de ses débuts précoces : 1ers concerts avec orchestre dès l'âge de 5 ans. Ses études se poursuivent à Rostock en Allemagne, dès 11 ans, en tant que "Junge Studentin" auprès de Petru Munteanu.

Suivront la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, avec Augustin Dumay; la Haute école de Musique de Lausanne avec Renaud Capuçon, et enfin la Hochschule für Musik “Hans Eisler” de Berlin, où elle travaillera avec Antje Weithaas.

" J'ai eu beaucoup de chance ", nous confiera Liya Petrova, " parce que toutes ces personnalités musicales très différentes m'ont toujours encouragée à trouver ma voie, sans imposer leur vision. C'est avec un grand nombre d'informations musicales, et ces différents points de vue, issus de traditions multiples, que je me suis construite ma propre identité musicale ".

Travailleuse acharnée et opiniâtre, et forte de ce parcours de haut vol, Liya Petrova a déjà remporté plusieurs prix à de prestigieux concours internationaux. En 2016, elle gagnait le 1er Prix au Concours Carl Nielsen, mais elle s'est aussi illustrée aux concours Concours International Tibor Varga, et Louis Spohr.

En février 2021, son 3e disque paraissait chez MIRARE. Il sera au coeur de notre émission aujourd'hui.

Elle consacre cette nouvelle production au Concerto pour violon de Beethoven, et au 7e Concerto pour violon de Mozart. Une oeuvre magnifique, et qui titille la curiosité des mélomanes, puisque Mozart n'a composé, -a priori- que 5 Concertos pour violon. Ses 6e et 7e Concertos, auraient quant à eux été retouchés par des tiers.

Depuis une vingtaine d'années maintenant, il est avéré que ce 7e Concerto pour violon n'a pas été exclusivement composé par Mozart. Une découverte qui a, -semble-t-il-, éloigné bon nombre de violonistes de la partition, qu'on ne joue presque plus, alors que David Oistrakh, par exemple jouait volontiers ce Concerto au 20e siècle.

Liya Petrova, elle, ne s'est pas laissée influencée par ces débats musicologiques, et s'est laissée guider par la musique, qui est d'une élégance et d'une grâce toute mozartiennes.

Accompagnée par le Sinfonia Varsovia, qu'elle connaît bien, sous la baguette de Jean-Jacques Kantorow, lui-même violoniste, Liya Petrova signe un disque excessivement sensible, inspiré et maîtrisé.

Mozart et Beethoven se développent dans toute leurs richesses, et leurs finesses : deux oeuvres lumineuses, servies par une sonorité au timbre particulièrement velouté et chatoyant. Un optimisme musical qu'elle a ardemment souhaité, puisque ce disque a été enregistré entre la 1ère et la 2e vague de la pandémie que nous vivons.

Liya Petrova varie les vibratos, et les couleurs, et elle a acquis ce qui fait l'étoffe des grands : déployer une sonorité riche et dense, même dans les nuances les plus délicates. La jeune violoniste joue un violon Carlo Bergonzi de 1737, généreusement prêté par Xavier et Joséphine Moreno.

Sa sonorité, et son intelligence musicale sont un régal, de même que la direction et le jeu du "Sinfonia Varsovia", qui ne font que décupler les intentions de la jeune artiste bulgare.

Nous écouterons également des extraits de son disque précédent, publié en janvier 2020, avec le pianiste russe Boris Kusnezow. Les 7e et 8e Sonates pour piano et violon de Beethoven y sont au programme, de même que la Suite pour violon de Britten, ainsi qu'une pièce de Samuel Barber.

Enfin, nous entendrons aussi notre invitée dans un extrait du Concerto pour violon de Carl Nielsen (1911). Une oeuvre qu'elle a enregistré en même temps que le 1er Concerto pour violon de Prokofiev, en compagnie de  l'Orchestre symphonique d'Odense, dirigée par la cheffe estonienne Kristiina Poska.

Liya Petrova : une artiste raffinée, et volontaire, et une femme sociable, généreuse et intelligente.

Réalisation et présentation : Laurent GRAULUS

Ci-dessous, la programmation musicale détaillée de notre émission :

W.A. MOZART - Requiem en ré mineur KV 626 : Communio. Sybilla Rubens, soprano; l'Orchestre des Champs-Elysées et le Collegium vocale de Gand, dir. : Ph. Herreweghe. HARMONIA MUNDI.

W.A. MOZART - 2e mouvement du 7e Concerto pour violon en ré mineur, KV 271. Liya Petrova, violon et le "Sinfonia Varsovia", dirigés par Jean-Jacques Kantorow. MIRARE.

W.A. MOZART - 3e mouvement du 7e Concerto pour violon en ré mineur, KV 271. Liya Petrova, violon et le "Sinfonia Varsovia", dirigés par Jean-Jacques Kantorow. MIRARE.

Benjamin  BRITTEN - Valse, extraite de la Suite pour violon et piano. Liya Petrova, violon et Boris Kusnezow, piano. MIRARE.

L.V. BEETHOVEN - 7e Sonate pour piano et violon en do mineur, opus 30/2 - 1er mvmt. Liya Petrova, violon et Boris Kusnezow, piano. MIRARE.

L.V. BEETHOVEN - 7e Sonate pour piano et violon en do mineur, opus 30/2 - 2e mvmt. Liya Petrova, violon et Boris Kusnezow, piano. MIRARE.

Vic ABRAMS - Ask a woman who knows. Dinah Washington, voix (1955). CLASSIC WORKS RECORDINGS.

Carl NIELSEN - 3e mouveLargo du 1er mouvement du Concerto pour violon opus 33 (1911). Liya Petrova, violon et l'Orchestre symphonique d'Odense, dir. : Kristiina Poska. MIRARE.

L.V. BEETHOVEN - Extrait du 1e mouvement du Concerto pour violon en ré mineur, opus 61. Liya Petrova, violon et le "Sinfonia Varsovia", dirigés par Jean-Jacques Kantorow. MIRARE.

 

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