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Eva Zaïcik, mezzo-soprano : " C'est en 1ère année de médecine que j'ai fait mon coming-out lyrique !"

Eva Zaïcik est née en France, en 1987

Alors qu'elle est encore une enfant, Eva se retrouve dans la chorale de sa ville natale de Maisons-Alfort, en banlieue parisienne. Elle se souvient particulièrement y avoir un jour chanté la Passion selon Matthieu de J-S.Bach. Une expérience qui la marquera durablement : " J'étais si petite, que je peux à peine me souvenir si j'ai vraiment chanté ", nous confiera la chanteuse, " Mais me retrouver baignée dans cette musique de Bach m'a transcendée, et presqu'illuminée ! "

Après un moment sans musique, c'est adolescente qu'elle renouera avec la voix, en devenant la chanteuse du groupe de rock de son lycée. " Je ne lisais pas une note de musique à l'époque ", nous racontera Eva, " Mais je me souviens qu'un jour, après un concert, la mère du batteur (ndlr. : qui est devenu son mari) m'a dit que j'avais une jolie voix et que je devrais la travailler... ". Elle rejoint ensuite l'école de Musique pour commencer à "étudier" la musique de manière plus formelle.

Après des études secondaires scientifiques, Eva Zaïcik entreprend des études de médecine. Un rêve qui était aussi celui de toute sa famille. C'est que du côté de sa maman, à peu près tout le monde est médecin ! Mais après une année de médecine très intense, sans chanter, Eva décide d'abandonner cette voie : " J'ai fait mon coming-out lyrique à ce moment-là, tant la musique me manquait. J'ai pris conscience qu'elle était essentielle à mon équilibre. "

C'est donc relativement tard, vers 19, 20 ans que la mezzo-soprano se lance dans des études professionnelles. Un parcours qui commencera par la Maîtrise de Notre-Dame de Paris, et qui se terminera par le prestigieux Conservatoire national supérieur de Musique de Paris, une institution où elle avait par ailleurs longtemps hésité à s'inscrire.

"Je n'ai jamais rêvé d'être là où je suis ! " nous dira Eva Zaïcik, " Chaque jour je me demande, comment est-ce arrivé ! ".

Le talent et le travail exceptionnels de la chanteuse lui permettront de commencer à travailler professionnellement très rapidement. En 2017, c'est à l'éminent "Jardin des voix" de William Christie qu'elle est admise, et en 2018, elle irradie le Concours Reine Elisabeth en remportant le 2e Prix.

La même année 2018, Eva Zaïcik est également élue "Révélation lyrique" aux "Victoires de la Musique" !

Aujourd'hui, Eva Zaïcik évolue essentiellement dans le monde de la Musique baroque. Elle y est devenue l'une des voix les plus recherchées, pour son timbre extrêmement chaleureux, sa souplesse dans tous les registres, mais aussi son style et son goût exquis dans ce répertoire, où jamais l'information et l'élégance ne peuvent faire défaut.

Ces deux dernières années, elle s'est particulièrement illustrée et consacrée à travailler avec l'ensemble " Le Consort ", fondé et dirigé par le claveciniste français, Justin Taylor, un ami du Conservatoire de Paris.

Avec cet ensemble, Eva Zaïcik a déjà enregistré deux disques parus chez ALPHA : le 1er en 2019 : "Venez chère ombre", consacré à des cantates françaises.

Le 2e opus du "Consort" "Royal Haendel" paraît en ce moment, toujours chez ALPHA. Il s'intéresse à la naissance de l'Académie royale de Londres, en 1719. Une académie dont Georg Friedrich Haendel fut nommé Directeur musical. Une époque où l'on souhaitait promouvoir la musique italienne au Royaume-Uni.

Un disque lumineux, dans lequel l'élément le plus royal est sans nul doute la voix d'Eva Zaïcik : on y ressent à tout instant sa joie à chanter, à s'exprimer avec sincérité et simplicité. C'est une bouffée de bonheur et de beauté, magnifiée par la délicatesse de l'ensemble "Le Consort", emmené par un Justin Taylor très inspiré, préparé, et informé. A tout moment, chaque musicien sait où il va, et pourquoi il est là.

"Royal Haendel" est un cadeau, c'est un prélude royal à un printemps imminent.

Eva Zaïcik : une artiste et une femme rayonnante, bien dans sa peau, généreuse et inspirée !

Bonne écoute !

Réalisation et présentation : Laurent GRAULUS

Ci-dessous, la programmation musicale détaillée de notre entretien :

J_S. BACH - Choeur d'entrée de la Passion selon Saint Matthieu BWV 244. Le Collegium vocale de Gand, dirigé par Ph. Herreweghe. HARMONIA MUNDI.

Claude DEBUSSY - "La Chevelure", extraite des 3 Chansons de Bilitis. Extrait de la demi-finale du Concours Reine Elisabeth 2018. Eva Zaïcik, mezzo-soprano et Frédéric Rubay, piano. . QEC.

G.F. HAENDEL - "Stille amare", extrait de Tholémée, Roi d'Egypte, HWV 25. Eva Zaïcik, mezzo-soprano et l'ensemble "Le Consort", dirigé par Justin Taylor. ALPHA.

Attilio ARIOSTI - "Sagri numi", extrait de l'opéra "Caio Marzio Coriolano". Eva Zaïcik, mezzo-soprano et l'ensemble "Le Consort", dirigé par Justin Taylor. ALPHA.

Giovanni BONONCINI - "Strazio, scempio, furia e morte", extrait de l'opéra "Crispo". Eva Zaïcik, mezzo-soprano et l'ensemble "Le Consort", dirigé par Justin Taylor. ALPHA.

Steve SWALLOW - "Falling grace" (1973). Chick Corea, piano et Gary Burton, vibraphone. ECM.

Michel PIGNOLET DE MONTÉCLAIR - Trois extraits de la Cantate : " Le dépit généreux ". Eva Zaïcik, mezzo-soprano et l'ensemble "Le Consort", dirigé par Justin Taylor. ALPHA.

Modest MOUSSORGSKY - Kolobel’naya Pesnya ostrovky, tiré des Chants et danses de la mort. Extrait de la demi-finale du Concours Reine Elisabeth 2018. Eva Zaïcik, mezzo-soprano et l'Orchestre symphonique de La Monnaie, dirigé par Alain Altinoglu. QEC.

Jean-Baptiste LULLY - "Quel malheur" : Scène 4 de l'acte II. Eva Zaïcik, mezzo-soprano; Lisandro Abadie, baryton-basse et le Poème harmonique, dirigé par Vincent Dumestre. CHATEAU DE VERSAILLES.

G.F. HAENDEL - "Son stanco" et "Deggio morire", extrait de Siroe, Roi de Perse, HWV 24. Eva Zaïcik, mezzo-soprano et l'ensemble "Le Consort", dirigé par Justin Taylor. ALPHA.

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