Pauline Viardot

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Les 200 ans de Pauline Viardot : redécouvrez le parcours de la chanteuse incarnée par Fanny Ardant

Ce dimanche 18 juillet, nous célébrons les 200 ans de la naissance de l’une des plus grandes chanteuses de l’histoire de la musique classique, la grande Pauline Viardot. Et à cette occasion, nous vous proposons de redécouvrir un feuilleton, écrit par Marie Goffette et Bernard Meillat, dans lequel la grande Fanny Ardant prête sa voix à la grande Pauline.

Fanny Ardant fait revivre l’exceptionnelle aventure musicale et humaine de Pauline Viardot, l’une des plus grandes chanteuses de l’histoire, l’interprète rêvée de Rossini, la muse de Gounod, Meyerbeer, Chopin, Berlioz, Fauré, Saint-Saëns, Brahms et Tourgueniev ! Une femme libre d’aimer et de créer dans une époque enlisée dans ses préjugés.

Scénario : Marie Goffette et Bernard Meillat

Réalisation : Isis Gunzburger

Episode 1

Episode 2

Episode 3

Episode 4

Episode 5

À la rencontre de Pauline Viardot

Pauline Garcia naît le 18 juillet 1821. Elle est la troisième et dernière enfant d’une famille de musiciens. Son père, Manuel Garcia, était un célèbre ténor et sa mère, Joaquina Sitchez, était également artiste lyrique.

Pauline avait également un frère, Manuel, de 16 ans son aîné, et Maria, 13 ans plus âgée qu’elle. Pauline était la petite dernière, un petit miracle pour son père qui la traitait avec beaucoup plus de tendresse qu’il ne l’avait fait avec ses deux premiers enfants, à qui il avait imposé très tôt des études de chants.

Maria la chanteuse, Pauline la pianiste

Si Manuel se désintéressa très rapidement d’une carrière d’artiste lyrique, préférant devenir professeur de chant, la sœur de Pauline, Maria deviendra l’une des plus grandes cantatrices de son époque, connue sous le nom de La Malibran.

Enfant, Pauline baigne déjà dans un milieu musical et artistique riche, elle assiste aux représentations de son père : elle assistera notamment à la création du Barbier de Séville de Rossini, avec dans le rôle du compte Almavira, son père Manuel Garcia, et dans celui du Barbier Figaro, son frère Manuel.

Si Pauline étudie le chant avec sa mère, elle suit également des cours de piano, tout d’abord avec Charles Meysenberg et puis auprès de Franz Liszt. Elle étudie également le contrepoint et la composition avec Anton Reicha.

Après la mort de son père, Pauline se lance à corps perdu dans les études musicales, rêvant de devenir une grande concertiste. Elle donne son premier concert à l’âge de 15 ans, en Belgique, où elle accompagne au piano sa sœur et son mari, le violoniste belge Charles-Auguste de Bériot.

Mais un autre drame va bouleverser la vie de Pauline : la mort tragique de sa sœur à Manchester, des suites d’une chute à cheval.

Ferme ton piano, tu chanteras désormais.

Dans les pas de Maria

La mort soudaine de Maria bouleverse la famille Garcia. Joaquina, cantatrice d’opéra, décide de réorienter sa fille, Pauline, vers la carrière d’artiste lyrique, au grand dam de cette dernière. La voix de Pauline est étrangement similaire à celle de sa défunte sœur. Elle s’illustre par sa tessiture impressionnante, allant de soprano à mezzo.

Très rapidement, son talent de cantatrice est reconnu et en 1838, elle tient son premier rôle d’opéra, celui de Desdemone dans Otello de Rossini. Parmi les rencontres qui marqueront la vie de Pauline, on compte notamment Clara Wieck, future épouse Schumann, avec laquelle Pauline jouera souvent du piano à quatre mains, mais également Aurore Dupin, baronne Dudevant, plus connue sous le nom de George Sand. Cette dernière, intriguée par le succès de la jeune cantatrice, vient l’écouter au Théâtre-Italien et fait sa connaissance. De cette rencontre naît une solide et profonde amitié.

C’est sur les conseils de George Sand qu’en 1840, Pauline Garcia accepte la demande en mariage de Louis Viardot, critique et directeur du Théâtre des Italiens. Il a 40 ans, elle en a 19. Ils auront quatre enfants, qui suivront également une carrière artistique.

Pauline Viardot s’impose dans le milieu culturel parisien, elle tient salon dans son hôtel particulier et elle triomphe sur scène : Mayerbeer lui destine le rôle de Fidès dans Le Prophète, Gounod lui compose l’opéra Sapho, Berlioz écrit pour elle la version française de l’Orphée de Gluck et Camille Saint-Saëns lui dédie son Samson et Dalila.

La consécration

En 1849, Pauline Viardot et son époux, républicains convaincus, s’éloignent de la France après l’accession au pouvoir de Louis-Napoléon Bonaparte et s’installent quelque temps à Baden-Baden. La carrière de Pauline la fait voyager à Londres, à Vienne, Dresde, Berlin, Prague, Leipzig et l’amène même jusqu’en Russie, à Saint-Pétersbourg.

Elle revient à Paris en 1859 et triomphe sur la scène du Théâtre Lyrique dans Orphée et Eurydice de Gluck, que Berlioz a réécrit en français pour elle. La voix de Pauline est de plus en plus fatiguée et risque de se briser, la forçant en 1863 à mettre un terme à sa carrière de cantatrice. Elle se consacrera alors pleinement à la composition et à l’enseignement de l’art lyrique, qu’elle dispense à de jeunes chanteuses au Conservatoire national de Paris.

Pauline Viardot compose notamment plus de 50 lieder et trois opéras pour salon Trop de Femmes, L’ogre et Le Dernier Sorcier sur des livrets d’Ivan Tourguéniev, écrivain russe et grand ami du couple Viardot. Deux autres opéras pour salon, Le Conte de Fée et Cendrillon (composé quand elle a 83 ans), sont basés sur ses propres livrets. On lui doit également de nombreuses compositions instrumentales, ainsi que des arrangements vocaux pour des œuvres de Brahms, Haydn et Schubert.

En 1874, le couple Viardot s’installe à Bougival, dans une maison de maître achetée et offerte par leur ami Tourguéniev, qui vit également sur le terrain, dans un petit chalet.

Pauline Viardot perd successivement son mari, Louis Viardot, et son cher ami Tourguéniev, durant l’année 1883. Elle leur survivra 27 ans, et décès le 18 mai 1910, à l’âge de 89 ans.