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Thomas Gunzig, écrivain : "Rien ne justifie rationnellement et économiquement qu’on n’aide pas les artistes et la culture"

C’est à la lisière entre Uccle et Linkebeek qu’Elsa de Lacerda est allée chercher Thomas Gunzig chez lui. Il dévale les marches à toute vitesse et Elsa rencontre un peu celui qu’elle imagine : un homme énergique, un peu speedé, souriant qui vit à 100 à l’heure… Eh bien non, ses chroniques piquantes, ironiques, bousculantes parfois qu’il donne chaque jeudi dans les studios de La Première ne sont qu’une infime partie de sa personnalité. Thomas Gunzig est un homme qui écrit et qui ne voudrait faire que ça. Un homme qui aspire à une forme de paix et de sérénité.

Et puis, il a une vision très collective du monde, un monde où les artistes forment tous, peu importe leur domaine d’activité, une chaîne vertueuse, qui nous aide à lire le monde autrement, à s’émerveiller et tout cela sans hiérarchie aucune.

Thomas Gunzig nous parle de ses différentes casquettes, d’écrivain, de chroniqueur, de professeur, il nous parle aussi du sport, qu’il pratique régulièrement et qui est vital pour lui, et puis, il nous parle de la culture, la culture qui est mise de côté par les politiques en cette période si difficile de pandémie de coronavirus…

"Rien ne justifie que l’on n’aide pas les artistes !"

"La chronique, comme je la conçois et comme je l’aime, c’est une chronique où se mélangent à la fois la raison et l’émotion. Il faut qu’il y ait du fond, mais s’il y a du fond sans l’émotion, ça ne marche pas. J’aime bien avoir des chroniques qui sont chargées d’émotions. Dans le cas d’une, il y avait vraiment de la colère, envers le gouvernement… On n’en avait plus rien à faire des artistes, tout simplement. Et j’ai voulu faire un billet où je laissais transparaître cette colère mais aussi à quel point c’était absurde d’un point de vue rationnel, d’un point de vue économique d’en avoir rien à foutre. Si on n’en a rien à foutre comme ça, ça ne se justifie pas économiquement, ça ne se justifie qu’idéologiquement et l’idéologie qui est derrière ça à ce moment-là, c’est 'on n’aime pas les artistes'. Parce que rien ne justifie qu’on ne les aide pas, vu qu’ils rapportent de l’argent. Si vous ne soutenez pas les artistes, c’est que vous n’aimez pas l’art, donc, ne le consommez plus ! Car il y avait quand même une grande hypocrisie de la part de ces élus, d’un côté de ne pas aider les artistes, de les abandonner complètement à leur sort et à la fois d’être des consommateurs comme tout le monde…"

Une chronique à réécouter ci-dessous

"Les artistes donnent du sens au monde, le rendent plus lisible"

"On consomme de la culture sans arrêt, demandez à n'importe qui, la culture est fondamentale. Et nous, artistes, nous donnons du sens, créons du lien. Nous rendons ce monde, qui est tellement compliqué, lisible, nous rapprochons les gens de leurs propres émotions, nous leur faisons connaître leurs propres émotions, nous leur faisons partager des expériences qui leur sont probablement étrangères à travers des histoires que l'on écrit ou que l'on filme, à travers la musique qu'on joue, nous partageons des émotions et toutes ces émotions-là font le socle d'une société ou d'une civilisation. C'est ce qui tient fondamentalement une société, plus de culture = plus de société."

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