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Thibault Sartori déclame dans les rues de Bruxelles "SMS de Cologne" de Vincent Macaigne

Thibault Sartori est comédien et a répondu à l’appel à projet lancé par l’émission KiosK et Musiq3. Il nous propose une lecture du SMS de Cologne de Vincent Macaigne. 

Thibault Sartori nous parle de la manière dont il a vécu le confinement, l'arrêt du secteur culturel et comment la crise lui a permis de réfléchir à sa position de créateur. 

Je suis sorti de l’INSAS voilà 2 ans. Je suis ce qu’on nomme un jeune acteur mais je travaille aussi en tant que professeur en secondaire. Durant le confinement, mon activité artistique a dû se mettre entre parenthèse et j’ai consacré mon temps à enseigner dans l’école où je travaille. C’était ma manière à moi d’agir pour les autres pendant ce confinement. Ce temps-ci m’a permis de prendre du recul sur le monde culturel. Je voyais des post Facebook alertant sur les conditions de vie des artistes. Et je ne peux que confirmer ces posts, mais je ne voyais que cela. Des plaintes, des attaques, des frustrations. Et un sentiment d’incompréhension a commencé à poindre. Le secteur culturel est très impacté par la crise, mais l’horeca aussi. Certains restaurateurs ont mis à profit leur talent pour nourrir les équipes de soins, etc. Mais je ne voyais très peu (trop peu) d’artistes qui proposaient leur service, leur art au service de cette période exceptionnelle. Or, je crois que c’est en ces temps de crise que nous avons le plus besoin de culture. J’ai l’impression que les artistes ont peut-être loupé le coche. Se montrer et se rendre indispensable, de prouver pourquoi et ô combien nous avons besoin de culture, et comment elle peut être créatrice de lien. Nous aurions pu passer à l’acte. Cela m’a permis de mieux réfléchir à ma position de créateur. Pourquoi être acteur ? Pour qui ? Quel sens donné à ma fonction dans la société qui est la nôtre ? J’ai alors écrit une sorte de profession de foi pour la suite de ma vie artistique. Et j’ai découvert le texte de Vincent Macaigne, un sms envoyé aux Cahiers du cinéma en avril 2013 et qui résonne très fort avec ce que je souhaite pour la suite de ma carrière. Et je crois que c’est cela que j’ai envie de dire à l’ensemble du secteur culturel : retrouver ce qui fait de nous des praticiens de l’art.

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