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Pierre Mertens, écrivain : "Un livre qui commence, ça vous tombe dessus comme un coup de foudre"

Pierre Mertens a accueilli Vanessa Fantinel chez lui avec beaucoup de chaleur et de générosité, et lui a confié les moteurs principaux de son écriture. Le début de la journée d’un écrivain, les débuts d’un roman… Pierre Mertens aurait aimé être musicien et médecin, au lieu de quoi il est devenu écrivain et juriste, deux pratiques qu’il mêle intimement à son engagement. Il raconte aussi pourquoi il a un intérêt particulier pour la fiction, qui en dit tellement plus long sur les hommes que les livres d’histoire… Il parle aussi de son admiration pour le compositeur Arvo Pärt.

Le début de journée d’un écrivain

Le début de journée de Pierre Mertens commence, comme il l’explique joliment à Vanessa Fantinel, "de façon prodigieusement banale, par un copieux petit-déjeuner, avec beaucoup de musique, pour la mise en train, et puis, je me rapproche pas à pas de la table fatale et à un moment donné, je ne résiste plus à la tentation."

Je travaille dans un certain désordre, dont je n’ai pas honte, et je ne m’y retrouve que dans ce désordre, je dois toujours mêler plusieurs choses à la fois pour y voir clair dans chacune.

L’écriture, le lieu du grand rendez-vous

"Alors que je partais comme juriste pour faire un rapport destiné aux Nations Unis, à la Croix Rouge, j’étais toujours insatisfait si ça ne devenait pas ensuite aussi un objet littéraire. Ce que j’ai dit de plus utile sur le Chili, ce ne sont pas dans mes rapports techniques sur la torture, telle que la pratiquait Pinochet, mais c’est ce que je dis dans Terre d’Asile, c’est-à-dire la rencontre avec des gens à qui je finissais par poser des questions en prison qui n’étaient pas des questions juristes mais qui étaient des questions d’homme à homme".

Un livre qui commence…

"On rencontre les mots comme on rencontre les êtres humains. On est tout à coup hantés par quelque chose qu’il y a une heure et demi avant ne vous préoccupait pas du tout. Et surgit au moment où vous êtes le moins préparés. Je trouve que c’est bien d’être pris par surprise, parce qu’alors on sort vraiment le meilleur de soi-même."

Ne pas désespérer même de ce que tu ne désespères pas, voilà exactement ce qui s’appelle vivre.

C’est avec cette citation de Kafka que Pierre Mertens a voulu amorcer cet entretien. Une citation très optimiste : ne pas désespérer d’arriver à cesser de désespérer. En choisissant cette citation pour parler de son travail d’écriture, Pierre Mertens nous montre qu’il se place, lui aussi, dans cette veine d’optimisme.

On ne peut pas écrire si on n’est pas un peu optimiste parce qu’il faut quand même croire à la force des mots pour aussi naïvement s’en remettre à eux pour dire sa vérité.

Une rencontre douce, passionnante placée sous l’égide de l’amour de la parole à écouter sans modération ci-dessous.

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