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Pierre Marcolini : "Derrière le prix de la tablette de chocolat, il y a un acte social, celui de bien rémunérer les producteurs"

Pierre Marcolini, notre chocolatier national, accompagne Elsa de Lacerda dans une balade au cœur de Bruxelles, depuis la place Stéphanie jusqu’à sa boutique située Place du Sablon. Quand on se promène avec cet artisan dans les rues de la capitale, on a un peu l’impression d’être en compagnie de Georges Clooney : on le regarde, on lui sourit… Il est sans doute le Belge le plus solaire qu’on puisse rencontrer.

Gourmand, souriant, et enthousiaste, Pierre Marcolini est encore aussi passionné de chocolat qu’il y a 25 ans, lors de l’ouverture de sa première enseigne. Il reste un enfant qui se lèche les babines de plaisir et qui goûte à tous les bonheurs de la vie.

Début de promenade. Pierre Marcolini et Elsa de Lacerda passent devant un chocolatier qui gagnerait, selon lui, à être plus connu. " Elizabeth assemble et vend des chocolats de différents chocolatiers, je n’ai jamais testé la boutique mais ils proposent des chocolats de chez Frederic Blondeel, que je connais bien. "

D’un point de vue géographique, l’antre personnel de Marcolini se situe à la frontière – " virtuelle ", tient à préciser l’artisan – entre Matongé et l’Avenue Louise. "Quand on est du côté de l’Avenue Louise, on a toutes les jolies boutiques, et du côté de Matongé, tout peut se passer : on peut vous aborder pour vous demander si vous n’avez pas besoin d’herbe un peu illicite, mais ce côté social me séduit. J’adore la place Saint-Boniface et par exemple le restaurant L’Ultime Atome, car toutes les classes sociales peuvent s’y rencontrer. Il y a une âme du côté de la rue Saint-Boniface. Et du côté de l’Avenue Louise et de ses boutiques, il y a une dose d’insouciance : on dépense, on est en plein dans la consommation. De l’autre côté, à Matongé on est presque dans la résistance."

Rien de nouveau sous le soleil : la maison Marcolini produit son chocolat directement à partir de la fève de cacao. C’est une marque de fabrique et certainement un gage de qualité et d’investissement que le chocolatier défend bec et ongles. "Jusqu’à il y a peu, je faisais plus de 100.000 km par an. L’empreinte écologique en prenait un petit coup, mais ça n’était pas des vacances, c’était surtout pour travailler et rencontrer les planteurs […], des gens qui se battent tous les jours pour éduquer leurs enfants, pour ne fût-ce que vivre ou survivre. On arrive en disant qu’on va payer 3 fois plus cher le prix de cette fève de cacao car sa qualité le mérite et qu’elle est extraordinaire, mais aussi pour que les gens puissent avoir une vision, une perspective d’avenir. Et de l’autre côté, on reprend l’avion pour aller à Tokyo y vendre son chocolat dans un univers qui est complètement différent. Ces deux tensions-là sont ce que représente le monde, le Nord et le Sud. "

"On ne peut plus faire semblant d’ignorer ce qu’il se passe ailleurs"

Et pour Pierre Marcolini, une chose est sûre : les entreprises ne peuvent décemment plus faire semblant de ne pas savoir ce qu’il se passe de l’autre côté de la planète. " Ce discours n’est plus tenable. Il faut aller voir de l’autre côté de la planète. Aujourd’hui, je peux regarder les gens en face et leur dire que cette tablette coûte cher (entre 5 et 10 euros) mais que derrière il y a un acte social, qui est de bien rémunérer les gens. Mon quartier me rappelle cette tension-là. "

 

Ecoutez la suite de la rencontre entre Pierre Marcolini et Elsa de Lacerda

 

 

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