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Geneviève Damas : "Ce que j’aime, c’est écrire avec les bruits de la vie tout autour de moi"

Geneviève Damas, femme engagée, comédienne, metteuse en scène et écrivaine, a donné rendez-vous à Hélène Van Loo au Théâtre des Martyrs, entre deux répétitions.

Elle nous parle des sons qui l’accompagnent lors de son processus d’écriture, des sons qui passent à travers un filtre mais qui sont bien présents et qui lui permettent, en étant en retrait, de savoir que le monde est juste à côté. Elle nous explique aussi comment elle décrit un son dans un roman.

"Pour décrire le son, je pars du personnage et de ce que le son lui fait. Est-ce que c’est agréable, désagréable, ce que ça provoque en lui, le souvenir qu’il en garde, est-ce que cette sensation reste longtemps en lui, c’est plutôt ça que je fais."

Plus que les sons, les voix indispensables pour Geneviève Damas

"Est-ce qu’il y a un son dont je ne pourrais pas me passer ? Ce sont plutôt les voix, la voix de mes enfants, de mon amoureux, la voix de mon papa qui m’appelle presque tous les jours."

Geneviève Damas nous parle aussi du chant du muezzin en Turquie, ce chant qui rythme la journée et qui la fascine, mais également du bruit de la mer, un son qui l’apaise.

Son séjour à Lampedusa

"Je suis partie à Lampedusa il y a cinq ans, c’est loin quand même. J’étais partie parce que j’étais en train de travailler sur un roman, Patricia, et comme ça parlait de la migration, je trouvais que c’était important de rendre compte de la réalité. On ne peut pas se permettre de raconter n’importe quoi. Et donc j’y suis allée dans des circonstances particulières puisque j’étais accompagnée de ma petite fille de 17 mois, parce que je n’envisageais pas de me séparer d’elle dans ce laps de temps. Et Lampedusa a un côté désolé, il y a des choses à l’abandon et en même temps c’est d’une beauté incroyable. Et paradoxalement, il y a cette beauté-là et puis il y a toute cette problématique européenne : ces réfugiés qui arrivent, qu’on renvoie ou qu’on dispatche… Tout à coup, il y a ces longues files derrière les barbelés et on a un drôle de goût dans la bouche en voyant ça… Et en même temps, on sent qu’à Lampedusa, ils sont habitués à ça et ils font avec. Mais ce que j’ai découvert, c’est la bienveillance des carabinieri… Ici, j’ai une image assez négative de la police et là, dans ce système qui est mauvais, il y a des gens qui accueillent et qui essayent de mettre de l’humain là où ce n’est pas humain."

L’émotion dans la musique

"Il y a des musiques qui m’émeuvent vraiment, parfois c’est juste la mélodie, parfois ce sont les paroles, parfois c’est la voix. La dernière fois, c’était justement sur Musiq3, j’étais dans ma voiture et on diffusait un titre de Michael Nyman et Ute Lemper, et je trouvais ça tellement beau… Je me rappelle, j’étais en retard à un rendez-vous et je suis restée dans ma voiture jusqu’à la fin pour attendre que la journaliste dise le titre de l’œuvre. Je trouve ça très beau…"

Une rencontre à écouter ci-dessous

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