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Camille Thomas, violoncelliste : "la scène est un lieu où le temps n’existe pas et où la magie peut se créer"

J’ai rencontré Camille Thomas à Bruxelles, au rythme de la violoncelliste, qui enchaînait les interviews, traversant avec sérénité le parcours effréné de son agenda. Camille Thomas s’est assise en studio, elle a souri, nous avons discuté de ce lieu qui lui est essentiel dans la pratique de son art.

Camille m’a parlé de la scène, de la salle. Pas une salle vide, mais une salle pleine. De la nécessité de la musique et d’une humanité pour la recevoir et lui donner un sens.

La scène, c’est ce lieu qui me manque tellement depuis plusieurs mois, mais ce manque me fait me rendre compte à quel point la scène est ma maison, c’est ma raison de vivre, c’est ce qui me fait vibrer.

Elle a parlé de cette position de la violoncelliste qui ne se lève jamais, qui s’assied, droite, face à la foule ; elle a parlé de ces froissements dans la salle, d’un programme, de l’emballage d’une simple pastille, de ces froissements qui lui serrent le cœur.

J’ai toujours pensé que j’étais là pour transmettre la musique au public mais pendant ces mois de confinement, je me suis aussi rendue compte que la musique me sauve et que sans elle, la vie est très difficile.

Parce que la musicienne sur scène voit son acuité sensorielle toucher aux confins de la peur et du miracle.

Camille Thomas a parlé de la salle, du premier rang que l’on distingue impitoyablement, et puis du fond, le fond de la salle, les derniers rangs, ceux que l’on perçoit à travers le noir, la nuit que l’on fait descendre sur les sièges parce que les projecteurs n’ont de lumière que pour la scène. Et de là-haut, comme une forme d’embrassement, la violoncelliste joue pour un monde.

Une chronique bercée ou secouée par le Concerto de Fazil Say qui lui a été dédié.

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