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Benoît Mernier, organiste et compositeur : "Un bel orgue dans une église sonne différemment d’un jour à l’autre"

Comme chaque semaine, Pierre Solot part à la rencontre d’un.e artiste belge pour discuter avec lui/elle du ou de ces lieux qui l’inspirent au quotidien dans leur art.

J’ai rencontré l’organiste et compositeur Benoît Mernier chez lui, à Ixelles. Il devait terminer l’orchestration d'un choral de Franck pour l’orchestre de La Monnaie avant de prendre quelques jours de repos, la nuit promettait d’être longue… Et pourtant, c’est avec beaucoup de joie, de joie tranquille que Benoît Mernier m’a accueilli chez lui. Nous nous sommes installés autour de son piano, un magnifique Bechstein de près de 150 ans, nous sommes chacun passés derrière le clavier, nous l’avons écouté résonner, sans faiblir.

Une tasse de thé plus tard, nous étions sur sa terrasse, à l’ombre douce du bâtiment. On parlait de musique et de l’endroit où la pratique artistique de Benoît Mernier peut le mieux s’exprimer, son lieu.

Benoît Mernier nous parle de l’Eglise du Sablon, de la place et de l’importance qu’elle occupe dans son travail, il nous parle également de son rapport à l’orgue, son instrument de prédilection.


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L’Eglise du Sablon

Lorsqu’on demande à Benoît Mernier quel est le lieu qui l’inspire le plus, immédiatement, il pense à l’Eglise du Sablon, à Bruxelles, qui abrite un très bel orgue.

"Lorsque je gravis les marches, j’arrive le soir, il n’y a personne et il y a encore une belle lumière, c’est quelque chose d’extrêmement inspirant. Un bel orgue dans une église sonne différemment d’un jour à l’autre, parce que les pierres ont une humidité différente, la température est différente, chaque jour, c’est quelque chose de différent."

Transcender le son à travers l’imaginaire

"L’orgue est un instrument qui a un côté inerte, qui a un côté en deux dimensions. Et il faut trouver une manière de créer cette troisième dimension, de transcender le son. Et ça ne peut se faire qu’avec l’imaginaire, ce que l’on entend intérieurement. Et souvent, ce que j’essaye de faire pour transcender le son, c’est d’essayer d’entendre l’orgue comme si j’entendais une voix ou un orchestre. Et quand je compose au piano, si je joue les choses, j’ai un peu le même phénomène, c’est-à-dire que je vais essayer de jouer un accord en imaginant qu’il s’agit d’un son de cor, ou de clarinette. Et je joue très doucement, de manière avoir juste une sorte de support et ça stimule mon imaginaire."

Une partition, c’est comme un écran

"Une partition, c’est comme un écran qu’il faut arriver à traverser. Il faut faire en sorte que cet écran devienne translucide et voir derrière ce qui se passe. Et ce qui se passe derrière, c’est une vie, ce sont des mouvements, c’est l’histoire… Et ça, c’est l’interprète qui l’imagine. La part de l’interprétation, c’est décrypter mais surtout arriver à une stimulation de l’imaginaire."

Une rencontre à suivre dans la chronique Paroles d’artistes

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