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Le Carnaval des animaux : un défilé animalier humoristique

Écrit au début de l’année 1886 pour un concert de Mardi gras, Le carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns est devenu un incontournable parmi les albums de musique classique destinés aux enfants.

Si aujourd’hui il nous semble évident que ce Carnaval s’adresse avant tout au jeune public, ce n’était pas du tout l’intention première du compositeur. Lorsqu’il écrit cette "fantaisie zoologique" au début de l’année 1886, Camille Saint-Saëns a la ferme intention de faire rire… des adultes !

Certes, il déroge ici à sa réputation de compositeur sérieux, mais après tout, pour un concert de Mardi gras, il avait bien le droit de faire rire.

Avec énormément d’humour, il écrit donc une suite de 14 mouvements courts - de quelques dizaines de secondes à 6-7 minutes au plus - qui s’inspirent de différents animaux. Il glisse aussi, dans sa partition, de nombreuses citations musicales parodiques.

Une parade ouverte par le roi des animaux

Qui d’autre que le lion pour ouvrir cette parade ? Dans le premier mouvement, après une introduction censée laisser un peu de temps à tous les représentants du monde animal pour se préparer, vient le moment de la Marche royale du lion. Nous parlions de parodies, celle-ci évoque les "marches arabes", les "danses persanes" et l’orientalisme très en vogue au XIXe siècle.

Viennent ensuite les Poules et coqs… On y reconnaît le caquetage des poules, le chant du coq. Ils font place ensuite aux Hémiones, ces petits ânes sauvages qui vivent dans les régions désertiques de certains pays d’Asie. Pour eux, ce sera une cavalcade interprétée par deux pianos.

Avec les Tortues, Saint-Saëns commence à faire appel à notre culture musicale. Du reptile à carapace est évoquée la lenteur, le compositeur a repris ici le thème du Cancan d’Orphée aux Enfers, opéra-bouffe de Jacques Offenbach, mais sur un tempo particulièrement lent.

De pastiche, il sera encore question dans le mouvement suivant L’éléphant : vous y reconnaîtrez peut-être un thème extrait du Ballet des Sylphes dans La Damnation de Faust d’Hector Berlioz.

Mais si vous voulez jouer à reconnaître l’un ou l’autre morceau célèbre, rendez-vous directement auprès des Fossiles… Vous ne serez pas déçus. Vous y retrouverez pêle-mêle tout ce qui aux yeux de Saint-Saëns évoque la mort ou fait partie de l’histoire ancienne de la musique. Il y reprend le thème funèbre de sa Danse macabre mais aussi J’ai du bon tabac et une superposition de Ah vous dirai-je maman et Au clair de la lune ainsi que l’Air de Rosine dans Le Barbier de Séville de Rossini.

Si elle a emprunté à d’autres, la partition a été, elle aussi, largement exploitée par la suite. On pense particulièrement à l’Aquarium, utilisé dans de nombreuses publicités, au cinéma, dans Harry Potter, Le Tout Nouveau Testament de Jaco van Dormael, L’étrange histoire de Benjamin Button ou encore, pour ne citer qu’un dernier exemple parmi tant d’autres, avant chaque projection de film dans la salle du Palais des Festivals à Cannes.

Une œuvre interdite par le compositeur

Le Carnaval des animaux ne sera joué que deux fois du vivant du compositeur. Il est créé le 9 mars 1886, pour le concert de Mardi gras auquel il était destiné et qui était organisé chez le violoncelliste Charles Joseph Lebouc. Il sera rejoué quelques semaines plus tard chez la cantatrice Pauline Viardot, en présence de Franz Liszt qui en admira l’orchestration. Ensuite, Saint-Saëns en interdit toute représentation publique de son vivant. Pensait-il que la pièce nuisait à sa réputation ? Nul ne le sait précisément.

Un seul mouvement a échappé à la censure : Le Cygne, pièce sublime qui est devenue une référence pour des générations de violoncellistes.

 

Une partition, et des textes

Le Carnaval des animaux a inspiré de nombreux auteurs, qui se sont plu à écrire des textes pour accompagner la partition.

De courts textes humoristiques ont été écrits par Francis Blanche ; en 2007, à la demande des Editions Durand Salabert, le comédien Smaïn en a présenté une nouvelle version - à retrouver sur le site Auvio - ; Eric-Emmanuel Schmitt a également publié une version en vers en 2014. Ses textes ont été lus par Anne Roumanoff.

Les Editions Didier Jeunesse, grâce au conteur Pépito Matéo, en ont fait une fable écologique dans laquelle les animaux tirent la sonnette d’alarme…

À découvrir en différentes versions

Vous trouverez de multiples versions du Carnaval des animaux sur les plateformes de streaming ; les plus grands musiciens s’y sont essayés.

Pour la fable écologique proposée par Didier Jeunesse, vous pouvez vous rendre sur leur site.

La version proposée par Smaïn est disponible sur Auvio ! Avec l’Orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Myung Whun Chung. Le narrateur y décrit ce drôle de défilé animalier à son propre fils Rayane.

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