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Musiques traditionnelles celtiques : aux confins de l’Irlande

Lorsque l’on évoque l’Irlande, on pense tout de suite à des paysages sauvages à couper le souffle, une végétation luxuriante, une météo capricieuse et une lumière magnifique… Et c’est aussi une ambiance hors du commun ! Il n’est pas nécessaire de séjourner longtemps en Irlande pour se rendre compte de l’importance qu’occupent les musiques traditionnelles.

Chaque région de l’Irlande possède son style et pourtant les genres musicaux et les instruments sont à peu près identiques.

 

Les instruments typiques irlandais

La harpe est le symbole de l’Irlande… On la retrouve sur les monnaies du pays depuis les premières heures de l’indépendance… Déjà décrite au Moyen-Âge, elle est jusqu’au XVIIIe siècle l’instrument de prédilection des musiciens de cour, héritiers des bardes antiques.

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Introduit depuis l’Ecosse, le violon se popularise en Irlande à travers un jeu riche en harmoniques – on parle d’ailleurs de "fiddle", par opposition au violon classique. L’Irlande a donc une exceptionnelle tradition du violon aux styles très différents. Il est d’ailleurs repris par des virtuoses comme Kevin Burke, Paddy Glackin, Martin Hayes ou Frankie Gavin.

La cornemuse irlandaise, appelée uillean pipes est la plus sophistiquée des cornemuses européennes. En solo ou au sein d’un ensemble, elle donne à la musique irlandaise sa touche très particulière. Depuis les années 1950, son jeu s’est énormément développé, notamment parmi les "travellers", les gens du voyage.

Mais l’irlande c’est aussi le royaume des flûtes, depuis le pipeau métallique tin whistle ou Low whistle jusqu’à la flûte traversière, ici, pour le coup toujours en bois et à perce conique, dont l’un des maîtres est Matt Malloy.

Parmi les instruments typiques de l’Irlande, on retrouve aussi l’accordéon diatonique, qui est très présent en Irlande.

Enfin, la percussion typique irlandaise s’appelle le Bodhran, c’est un tambour sur cadre muni d’un croisillon. Le bodhran soutient le rythme des différentes danses comme la jig, le reel ou encore le hornpipe.

Le folklore irlandais

Le folklore irlandais compte de nombreuses chansons à boire qui évoquent le goût immodéré des Irlandais pour la bière et le whisky. Et la plus populaire d’entre elles est sans doute The Wild Rover, un incontournable des soirées dans les pubs irlandais. La tradition veut que pendant le refrain, on tape quatre fois sur la table avec sa pinte !

La chanson raconte l’histoire d’un jeune homme de retour chez lui, de l’or plein les poches. Après avoir voyagé et claqué son argent "dans le whiskey et la bière", il retourne dans un de ses pubs favoris, demande à la patronne un crédit qu’elle lui refuse… Mais il gagne alors toute sa sympathie en retrouvant quelques pièces de monnaie de ses poches !

Un des éléments incontournables du folklore irlandais, ce sont bien entendu ces chansons que tout le monde reprend en chœur dans les pubs. Des chansons à boire, des chansons d’amour mais aussi des chants qui racontent l’histoire de l’Irlande.

Musiciens parmi les plus anciens encore en activité et parmi les plus populaires, ce sont The Dubliners grâce à qui vous venez de faire connaissance avec Molly Malone ! Cette belle poissonnière originaire de Dublin. Une chanson devenue l’hymne officieux de la ville de Dublin.

La forme a cappella la plus remarquable en Irlande s’appelle le sean-nòs qui vient de l’irlandais sean, qui signifie "vieux" et nós, le "style". Une forme de chant en gaélique assez complexe, restreinte aujourd’hui à quelques zones dans l’ouest et le sud du pays.

Women of Ireland

Il s’agit d’un poème gaélique écrit au XVIIIe siècle et qui a été merveilleusement mis en musique par le compositeur Seán Ó Riada en 1969. Le poème rend hommage aux femmes d’Irlande, en particulier celles du mouvement nationaliste irlandais. Certaines interprétations y voient également une allégorie de l’Irlande, décrite comme une femme belle et généreuse mais détériorée par l’occupation anglaise. En effet, l’Irlande subit, à l’époque de l’écriture de ce poème, une politique de colonisation. Je vous propose de l’écouter en simple instrumental, dans la version du célèbre groupe The Chieftains qui apparaît en 1975 dans la bande originale de Barry Lyndon.

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