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Les divas du monde arabe, d’Oum Kalthoum à Dalida

Depuis le 19 mai et ce, jusqu’au 26 septembre 2021, se tient l’exposition intitulée "Divas, d’Oum Kalthoum à Dalida" à L’Institut du monde arabe, à Paris.

L’Institut du monde arabe qui a décidé de rendre un hommage aux plus grandes artistes féminines de la musique et du cinéma arabe du 20e siècle, avec une rétrospective qui célèbre à la fois leur histoire et leur héritage contemporain.

L’occasion pour Hélène Van Loo de se pencher sur quelques-unes de ces magnifiques artistes issues du monde arabe.

Oum Kalthoum, l’astre de l’orient

Le 3 février 1975 disparaît une icône de la culture populaire. Elle est appelée "l’astre de l’orient" et est la plus grande chanteuse arabe de tous les temps.

Son style est inimitable. Elle mène son public jusqu’à la transe lors de ses concerts qui pouvaient durer des heures.

Elle qui tient, dès son premier concert, son foulard qui sera son seul et unique effet scénique.

Oum Kaltoum, une bête de scène à la puissance décuplée par l’apparition des technologies qui font entendre sa voix aux quatre coins de l’Egypte et du monde arabe.

Les premières divas du monde arabe

Des années 40 à la fin des années 60, toutes ces femmes qui ont émergé dans le monde artistique et, surtout, qui ont réussi à défier la domination masculine sur la scène musicale et dans le divertissement, vont susciter un engouement populaire extraordinaire dans l’ensemble des pays arabes et incarner, chacune de façon spécifique, l’idée d’une culture arabe commune.

Nous sommes dans la ville du Caire au début du XXe siècle, au moment de l’apogée de ce que l’on appelait alors la Nahda, la période de la renaissance intellectuelle arabe, à la fois littéraire, politique, culturelle et religieuse. Alors qu’au siècle précédent, la scène artistique était essentiellement dominée par des hommes, à partir des années 20, les femmes sont de plus en plus nombreuses à revendiquer de nouvelles libertés et à s’imposer.

Mounira Al-Mahdiya est porte-parole de la modernisation et de la reconnaissance des interprètes féminines.

Warda Al-Djazaïra

Mais la figure de la "diva" arabe va surtout émerger dans un contexte de transformations technologique, médiatique et politique, dont l’artiste la plus représentative reste l’algérienne Warda Al-Djazaïra

Warda est peut-être l’unique chanteuse qui tient au creux de sa main autant de villes précieuses pour la musique arabe : Paris, Beyrouth, Le Caire, Alger.

Paris tout d’abord : Warda Al-Djazaïra est née en France et commence à chanter à la fin des années 40, dans le cabaret de son père, le "Tam Tam" au Quartier Latin, à Paris. Elle est la fille du militant nationaliste algérien Mohamed Ftouki et n’hésitera pas à chanter des textes engagés à la fin des années 50 en faveur de l’indépendance de l’Algérie.

Beyrouth ensuite, capitale du Liban maternel, où elle rencontre Mohammed Abdelwahab qui la formera au chant classique. C’est au Liban que Warda s’expose véritablement au monde arabe.

Le Caire, aussi, où elle fait par deux fois carrière. Tout d’abord dans les années 50, elle y interprète de nombreux chants nationalistes, elle débute au cinéma et se fait couronner "Warda L’Algérienne" par Nasser et puis, dans les années 70.

Alger enfin, capitale du pays paternel qu’elle ne cesse de chanter depuis son adolescence (comme avec ce titre "Biladi ouhibak").

Au cœur de cette destinée à cheval sur la Méditerranée, Warda la musicienne, à la voix tour à tour puissante et vulnérable, joue entre souplesse et structure et n’hésite pas à prendre des risques. Associée aux chansons patriotiques qui parsèment son répertoire, sa voix bat aussi des records de vente avec l’exubérance orchestrale de tubes comme "Haramt bahebak" davantage connus et écoutés par plusieurs générations à travers toute la région.

Asmahan et Leila Mourad

Asmahan est une autre figure populaire de la chanson et du cinéma arabes.

Issue d’une famille princière druze d’origine syro-libanaise, elle deviendra célèbre grâce à la radio nationale égyptienne où elle commence sa carrière de chanteuse.

Asmahan fait partie d’un ensemble de chanteuses et d’actrices ayant évolué en Egypte à la même époque. Parmi elles, on retrouve notamment Mounira Al Mahdia et puis aussi Leila Mourad, issue d’une famille de musiciens d’origine juive marocaine, qui interprète plus d’un millier de chansons entre 1935 et 1955.

Surnommée le "Carillon de l’Orient", cette chanteuse à la voix sublime, est repérée par le compositeur Mohammed Abdel Wahab qui la choisit en 1938 pour son film Vive l’amour ! [Yahya al-hub !], une des premiers films parlants égyptiens. Elle deviendra l’une des plus grandes chanteuses de l’âge d’or du cinéma égyptien.

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