Murmures du monde

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Les berceuses du bout du monde (2/2) : outil d’apprentissage et de connexion pour l’enfant

Dans son Murmures du monde, Hélène Van Loo continue son tour du monde à la recherche des plus belles berceuses. Installez-vous confortablement dans votre canapé et dans votre lit et laissez-vous bercer.

Retrouvez la première émission de Murmures du monde autour des berceuse du bout du monde.

Commençons par une prière traditionnelle amérindienne, qui a longtemps été considérée comme une berceuse.

Pour l’ethnomusicologue Madeleine Leclerc, "il est évident que la musique nous relie à nous-mêmes et aux autres."

"On sait aussi que l’ensemble des fréquences qui forment la musique entre en interaction avec tous les corps Les recherches sont en cours pour toujours mieux la comprendre et décrire le phénomène. Ainsi, nous savons que la partie du cerveau touchée par la musique est le siège des émotions profondes. et qu’un fœtus entend dès la 17e semaine de gestation ; qu’aucune autre activité que faire de la musique ne permet de susciter autant d’interactions cognitives dans le cerveau, et que lorsque l’on chante, c’est bel et bien notre corps tout entier qui vibre et fait office d’instrument. Et Chez le petit enfant, des millions de neurones ne sont pas encore attribués, et se forgent peu à peu avec l’expérience."

Duerme Negrito c’est une berceuse très connue dans les pays hispanophones. D’auteur anonyme, elle fut interprétée tout d’abord par Atahualpa Yupangui, ensuite par Mercedes Sosa.

Selon Atahualpa Yupanqui, il s’agirait "d’une vieille chanson traditionnelle chantée par une femme de couleur, chanson qu’il entendit à la frontière entre le Venezuela et la Colombie.

La berceuse, avec ses tonalités répétitives, consonantes et ses mélodies descendantes, est donc un outil d’apprentissage, une lente ouverture sur le vaste monde. Une véritable "ritournelle". 

Nous voilà parti tout droit pour le nord de l’Algérie avec une berceuse en Kabyle.

Grâce à la berceuse, le monde est rendu habitable et sûr. Elle sert à délimiter les territoires du vivant, et permet d’accéder plus rapidement à cet état charnière entre veille et sommeil, bien connu des sophrologues.

Et voici l’une d’entre elles qui a depuis longtemps dépassé les frontières du Congo, Uélélé moliba makasi, chanson en langue lingala, chantée comme berceuse, ou par les rameurs en pirogue pour rythmer les coups de pagaie.

Cap sur Madagascar, avec "Iny hono izy", que l’on pourrait traduire par "Grand oiseau blanc", qui serait inspirée du conte "Imaitsoanala" qui relate l’histoire de l’oiseau géant Ravorombe et de sa fille humaine, Imaitsoanala, et des péripéties liées à l’évasion de cette dernière pour rejoindre son bien-aimé.

Il est une berceuse que vous connaissez sûrement et qui s’intitule Donna Donna. Une mélodie que l’on fredonne comme berceuse écrite par Aaron Zeitlin et mise en musique par Sholom Secunda.

Cette chanson a été écrite, à l’origine, en yiddish pour une comédie musicale jouée à New York en 1940 et intitulée Esterke. Une chanson qui parle d’un veau que l’on va mener à l’abattoir qui se plaint de son triste sort. Une chanson dont on transformera complètement le sens des paroles au fil des années et des langues.

En 1950, les paroles de la chanson sont légèrement modifiées, notamment par le doublement des "n" de Dona Dona… Et c’est grâce à l’interprétation de Joan Baez en 1960 que la chanson va devenir populaire.

 

En 1965, Claude François la reprend et change totalement les paroles, le petit veau se transforme en petit garçon. Et puis, Rika Zaraï lui donne un twist oriental dans une version de 2000 où les paroles sont de nouveau totalement changées.

Et on ne pouvait pas parler des berceuses dans le monde, sans évoquer Idir. Véritable monument de la culture kabyle, il nous a quittés il y a un an.

Voici tout d’abord le titre Ssendu, la voie lactée : quand il écrit cette chanson, Idir pense à sa mère. Idir raconte qu’il se souvient de sa maman en train de battre du lait, qu’elle a mis dans une calebasse. Elle battait le lait et elle le rythmait aussi de mots, d’idées, de chants, de soupirs.

Restons encore un peu avec le chanteur kabyle et une berceuse berbère qui évoque les veillées dans les villages kabyles : la chanson A vava inouva deviendra un tube monumental en Algérie où pour la première fois une chanson en langue kabyle devient un tube national pour faire ensuite le tour du monde. "A Vava Inouva" que l’on peut traduire par “Mon petit père” sera diffusée dans 77 pays et traduite en quinze langues…

Et pour terminer ce petit tour du monde des berceuses, nous vous laissons avec Bourvil et sa berceuse à Frédéric…

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