Murmures du monde

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La voix des femmes dans le monde : quelques portraits de musiciennes inspirantes

Dans son émission Murmures du monde, Hélène Van Loo nous parle de femmes inspirantes, résistantes, bousculantes, avec quelques portraits de musiciennes dans le monde, investies en musique pour leurs droits et qui s’engagent à porter la voix des opprimés et bien sûr la voix des femmes dans le monde entier.

Star Feminine Band

Le Star Feminine Band est composé de toutes jeunes Béninoises qui veulent croquer le monde.

Le Star Feminine Band aborde les thèmes de la religion ou de la condition féminine. Dans un endroit où les grossesses précoces scellent souvent l’avenir des femmes, il s’agit de s’élever contre l’excision ou simplement de dire que "la musique, c’est aussi un boulot".

Fatoumata Diawara : la musique, un chemin de liberté

Pour Fatoumata diawara, la musique est non seulement un boulot mais a été un chemin de liberté… Elle l’a aidée à survivre, à se construire. Et dans son dernier album intitulé Fenfo qui signifie en bambara "Quelque chose à dire", la musicienne malienne a quelque chose à dire au nom des femmes, au nom des Africaines, au nom des enfants africains.

Parmi les causes que Fatoumata Diawara défend, figure celle de la lutte contre l’excision, véritable fléau au Mali. Une pratique qu’elle dénonce depuis son premier album.

Le titre Boloko, Excision, est extrait du dernier album de Fatoumata Diawara, coréalisé avec Matthieu Chedid, intitulé Fenfo.

Fatoumata Diawara c’est une artiste engagée depuis toujours : en janvier 2013, alors que le nord de son pays, le Mali, est envahi par des hordes de djihadistes, elle réunit dans un studio une quarantaine d’artistes maliens et africains pour chanter en l’honneur d’un Mali uni et en paix. La chanson Mali Ko symbolise l’unité d’un pays et la résistance d’un peuple à l’oppression de ces intégristes.

Jeanne Lee, révolution

Les luttes pour l’égalité des droits civiques dans l’Amérique des années 60 étaient majoritairement menées par les hommes et ne laissaient entrevoir aucune perspective d’émancipation de la femme noire, qui était vue par les plus radicaux comme une " machine reproductrice à engendrer les combattants de la révolution "… Toute l’énergie fournie par les femmes à la révolution n’allait, le jour du triomphe, pas être reconnue. D’où la désillusion et le malaise qui s’est cristallisé alors au sein de mouvements féministes de l’époque et auxquels Jeanne Lee fait écho dans le texte du morceau Blasé, qu’elle interprète aux côtés d’Archie Shepp.

Ce texte entonné par Jeanne Lee avait à l’époque échappé à tout commentaire approfondi, excepté d’en dire que ces paroles étaient crues, osées, outrancières et provocatrices.

Naïssam Jalal, Liberté

Depuis plusieurs années, la flûtiste franco-syrienne Naïssam Jalal dévoile un univers musical personnel et vibrant qui, tant sur le fond que sur la forme, redonne tout son sens au mot liberté.

Dans son dernier album, Naïssam Jalal poursuit de manière toujours aussi convaincante ses luttes sociales, raciales, écologiques, avec une force de persuasion dans sa musique qui fait penser aux grands hymnes de lutte de John Coltrane, Nina Simone ou Archie Shepp.

Kamilya Jubran, libre citoyenne d’un monde musicale sans frontière

Kamilya Jubran fait partie de ces artistes qui expriment aussi bien toute la douleur et la complexité du Moyen-Orient. Kamilya Jubran est née dans L’État d’Israël, de parents palestiniens…

Elle chante les poètes de son temps. Elle est l’une des figures les plus contemporaines et les plus singulières de la musique arabe moderne. Libre citoyenne d’un monde musicale sans frontière, elle y multiplie les recherches, les expérimentations et les rencontres artistiques.

Admiratrice du très populaire répertoire égyptien des années 60 qu’elle pratique et écoute dans son enfance, elle voit dans les chansons de résistance qui émanent de tous les pays arabes dans les années 70, une alternative à la chanson populaire.

Mahsa Vahdat, résistance

D’autres voix entrent en résistances, celle de la chanteuse iranienne Mahsa Vahdat par exemple.

On pourrait sous-titrer son nom par la phrase "chanter est un droit humain”.

Mahsa Vahdat est invisible dans son pays d’origine. Elle enfreint la loi à chaque fois qu’elle exerce sa profession car en Iran il est interdit aux femmes de chanter dans les espaces publics. Elle peut jouer du piano ou chanter devant d’autres femmes, mais ne peut pas former de mélodies avec ses cordes vocales là où des hommes inconnus se rassemblent.

Et bien qu’à cela ne tienne, la voici accompagnée par le chanteur de blues américain “Mighty “Sam MacClain avec un titre évocateur. 

Luzmila Carpio, défense des droits des femmes

Luzmila Carpio est bolivienne et d’origine quechua-aymara. Elle s’est toujours engagée pour le droit des femmes dans ses chansons. Et nul besoin d’être une paysanne quechua pour apprécier cette musique aussi étrange qu’irrésistible.

Luzmila Carpio est accompagnée de charangos, de flûtes, de percussions en boucles saccadées, et parfois d’oiseaux – ses frères, avec lesquels elle aime converser. Luzmila Carpio, c’est une voix suraiguë mais qui ne brise pas les verres, n’agace pas les nerfs. Elle est d’une délicatesse radieuse, gracile et surnaturelle.

Son album "Yuyay jap’ina tapes" comprend des enregistrements sur cassettes du début des années 1990. Des chansons qui avaient été enregistrées dans le cadre d’une campagne de l’UNICEF pour promouvoir l’alphabétisation des Quechua et qui ont pour la plupart une approche pédagogique. Des chansons qui insistent sur l’importance d’utiliser une eau propre, sur le pouvoir des femmes et de l’alphabétisation. 

Angélique et Eve

A une époque où la majeure partie de la musique se conçoit dans le confort des studios, la chanteuse béninoise Angélique Kidjo a, en quelque sorte, pris le contrepied pour l’élaboration de son album intitulé EVE. Angélique Kidjo décide, munie uniquement d’un enregistreur portable, de parcourir durant trois ans le continent africain d’est en ouest et du nord au sud pour y enregistrer des chants de femmes, principalement issus de chorales de villages. Cette plongée dans la tradition et l’authenticité se double évidemment d’un propos plus large que le titre de l’album laisse supposer.

Eve, c’est le nom de la première femme. C’est également celui de la mère d’Angélique Kidjo.

Les Amazones d’Afrique

Un collectif né en 2015 à l’initiative de trois chanteuses maliennes : Oumou Sangaré, Mamani Keïta et Mariam Doumbia (moitié du duo Amadou & Mariam). Ce collectif des Amazones d’Afrique s’est donné comme mission d’associer les talents de musiciennes et chanteuses d’Afrique pour sensibiliser et lutter contre les violences sexuelles, physiques et morales faites aux femmes africaines. Très vite, les voix puissantes de Kandia Kouyaté, Babani Koné, Pamela Badjogo, Mariam Koné et Rokia Koné et la batterie de Mouneissa Tandinase se sont ralliées à leur cause.

Ecoutez-les dans l’émission Murmures du monde d’Hélène Van Loo. 

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