Murmures du monde

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La musique italienne comme usage social et politique

Dans son émission Murmures du monde, Hélène Van Loo vous propose une ode à la chanson italienne et aux artistes exigeants et avides de liberté qui nagent en nombre, mais à contre-courant.

 

La musique italienne comme usage social et politique

Certaines chansons ont été capables de faire passer des messages qui ne seraient jamais passés autrement. Retour sur la période fasciste, celle de la résistance, la période des années 70 et les artistes d’aujourd’hui.

L’histoire de la chanson politique italienne remonte donc à l’époque de la résistance.

Nous écouterons, l’un des plus beaux morceaux composé durant cette période "Fischia il vento", devenu populaire sur les ondes d’une radio clandestine, Radio Liberta.

Pendant les années 30 et 40, la musique devient aussi un terrain de confrontation entre le régime fasciste et ses opposants.

Le régime, lui, aime et défend les chansons qui parlent de l’aventure coloniale. Un panorama musical bien maîtrisé par Mussolini.

Et dans ces années-là, les rythmes du swing américain se glissent dans la musique italienne. En 1940, Alberto Rabagliati fait danser les Italiens avec un style certes hostile au régime, mais dont les paroles échappent à la censure.

Et puis, il y a la bande originale de la dernière période fasciste, celle qui accompagne le débarquement des alliés et puis l’arrestation de Mussolini, qui sera une chanson d’amour : "Ma l’amore no"

Les cantacronache et nuovo canzoniere italiano

Une fois la guerre terminée, la musique continue bien sûr à jouer son rôle aux côtés de ceux qui défendaient la liberté d’expression.

Apparaît alors le phénomène des cantacronache : il s’agit d’un groupe de musiciens, écrivains et poètes qui, à partir de 1957, commencent à se réunir du côté de Turin. Leur but, valoriser la chanson italienne à travers l’engagement social. Ils sont considérés parmi les précurseurs de l’expérience auteurs-compositeurs italien.

D’autres artistes travaillent pour que le patrimoine et la richesse des chants politique ne faiblissent pas. Nous sommes à Milan, à partir de 1962 naît il nuovo canzoniere italiano.

En 1964, une chanson de Michele Straniero fait parler d’elle. Le texte critique notamment la première guerre mondiale et coûte au chanteur et aux organisateurs du festival qui l’accueillait une plainte de la part des forces armées. 

Critique de la bourgeoisie

Déplacer les horizons de la culture bourgeoise et développer un esprit critique : la musique devait profiter de son succès pour convaincre le public.

Le chanteur et militant Ivan della Mea sort en 1966, le 45 tours “Cara moglie”

Mais la plus grande critique à la bourgeoisie reste celle de Claudio Lolli. Chanteur engagé à part entière, il dénonce les suicides dans les casernes, il chante le malaise des banlieues, et bien sûr la politique.

Lucio Dalla a laissé à l’Italie l’une de ses plus belles chansons du répertoire italien. Celle que toutes les générations connaissent.

Le texte est écrit par Paola Pallotino. Une chanson qui subira la censure, en raison de son titre initial Gesù bambino (l’Enfant-Jésus), considéré comme irrespectueux, au regard de l’histoire racontée (une mère célibataire et un fils d’un soldat américain inconnu). Le titre est donc changé, prenant la date de naissance de Lucio Dalla, le 4 mars 1943, bien que n’étant pas du tout une chanson autobiographique…

Fabrizio De André est celui qui a sans doute représenté la meilleure chanson italienne de tous les temps.

La plupart de ses textes de chansons racontent les histoires d’exclus, de rebelles et de prostituées. Des chansons considérées par la plus grande partie des critiques comme d’authentiques poésies, elles ont été incluses dans les anthologies scolaires de littérature italienne.

Gianmaria Testa est un artiste engagé, tombé dans la musique en écoutant une reprise du Gorille par Fabrizio De André, le Brassens italien. Il a souvent fustigé les autorités dans ses chansons, des relents xénophobes de la politique migratoire à l’engagement servile de l’Italie au côté des Etats-Unis (avec notamment sa reprise du Déserteur, de Boris Vian), en passant par les velléités séparatistes de la Ligue du Nord, dont il livre une satire très allégorique sur le disque, Vitamia.

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