Murmures du monde

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Cesaria Evora, dans l’univers musical de la Diva aux pieds nus

Dans son émission Murmures du Monde, Hélène Van Loo nous parle d’une grande dame qui nous a quittés il y a neuf ans…

Elle aura chanté le bout du monde qu’est le Cap-Vert comme nulle autre, sans relâche et avec un amour infini. Pieds nus le plus souvent, par solidarité pour les femmes et les enfants pauvres de son pays. Ambassadrice incontestée de la morna, cette musique typiquement cap-verdienne proche du fado portugais. Nous parlons évidemment de Cesaria Evora.

"Sao Vicente di longe", le nom de l’île qui l’a vue naître. Cesaria Evora appartient au peuple des pauvres, des chanteurs de blues, des âmes déchirées de la rue. Elle naît le 27 août 1941 à Mindelo, la deuxième plus grande ville de l’archipel du Cap-Vert, dans le quartier "chaud" de Lombo. Sa mère est cuisinière et son père, musicien. Elle a sept ans lorsque ce dernier décède. Sa mère l’envoie d’abord chez sa grand-mère, puis chez les religieuses, auprès desquelles elle apprendra à détester toute aliénation morale et ecclésiastique… Mais surtout, c’est là qu’elle apprendra à chanter.

Adolescente, Cesaria Evora prend conscience de la mesure de son immense talent d’interprète pour quelques escudos et verres d’alcool. Celle que l’on surnomme Cize peaufine son art ! Dans la rue, Cize côtoie les musiciens de son quartier, elle prend goût à la vie d’artiste.

Voyagez au son de la musique du Cap Vert.

Mar zul

Jamais nous ne nous sommes fâchés
Jamais nous n'avons eu de dispute honteuse
Jamais nous n'avons pensé nous séparer
Jamais nous n'avons blessé nos cœurs

Dieu nous mène toujours ainsi
Dans la paix, l'amour et la tendresse

Dans la vie il y a des tempêtes
Le vent du nord
Le vent du sud

Mais l'espoir en la mer bleue
Est pour qui croit
En son amour

À l’époque, le Cap-Vert est encore une colonie portugaise, l’archipel tout entier vibre à l’unisson au rythme des coladeras et des mornas, cette sorte de "blues national" cap verdien, héritage et résonance plaintive de l’esclavage subi jusqu’au 18e siècle par les ancêtres de Cesaria.

Signe du destin, la "petite" a de qui tenir, un immense poète, le plus grand compositeur de mornas est le cousin direct de son père, Francisco Da Cruz dit Beleza.

Cesaria Evora chante la souffrance, la tristesse et la mélancolie d’un pays rude fait de plages, de sel et d’exil (la moitié de la population cap-verdienne a alors émigré à l’étranger…). C’est pendant cette période que la "diva" forge son caractère, plein de force et d’obstination. Elle a beau être connue aux quatre coins de l’archipel au moment de l’indépendance du Cap-Vert, en 1975, son lot quotidien reste la pauvreté et l’alcool. Découragée, Cesaria Evora stoppe sa carrière pendant dix ans.

Nouvelle impulsion de la musique cap-verdienne

A la fin des années 1980, Cesaria Evora se laisse convaincre par un ami d’aller jouer à Lisbonne pour la communauté cap-verdienne. C’est là, dans un restaurant, qu’elle rencontre son futur mentor et producteur, José Da Silva, un jeune Français d’origine cap-verdienne, ancien aiguilleur de la SNCF. Il convainc la chanteuse d’enregistrer à Paris en 1988, un nouvel album aux parfums de coladera-zouk. Cesaria a presque 50 ans, elle n’a plus rien à perdre : elle se lance dans l’aventure. Un album titré la Diva aux pieds nus. C’est fait, ce premier opus la baptise.

Il a beau être réalisé avec la crème des musiciens cap-verdiens, cet album n’obtient qu’un succès limité à la communauté cap-verdienne. Pour s’occuper de ses deux enfants et de sa mère presque aveugle, Cesaria Evora continue de se produire dans des bars, sur son île. Mais José Da Silva ne la lâche pas : persuadé du talent de sa chanteuse, il lui fait enregistrer un deuxième album en 1990 : Distino di Belita.

Ces deux albums tranchent par l’originalité et la modernité des arrangements qui confèrent aux musiques cap-verdiennes une réelle impulsion, et notamment auprès de la jeunesse d’une diaspora dense, établie aux quatre coins du globe. Celle-ci succombe au charme des réalisations majoritairement dues à Paulino Vieira, compositeur hors pair, le directeur artistique de Césaria Evora.

Ensuite, changement de cap artistique. Cesaria Evora enregistre son premier album strictement acoustique. "Mar Azul" sort en 1991.

Continuez le voyage dans l’univers musical de Cesaria Evora dans "Murmure du monde" d’Hélène Van Loo.

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