Murmures du monde

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Cap sur le Brésil, aux origines de la musique de samba

Hélène Van Loo vous emmène au Brésil. En cette semaine de Carnaval, elle vous propose une immersion dans la musique de Samba.

Héritier à la fois de la culture africaine et de la musique européenne, par le biais du Portugal, le samba est la réponse brésilienne au métissage des cultures qui se produit dans les grandes métropoles et qui débouche sur une musique de fête, de cabaret, de danse – mais aussi une musique empreinte d’une tristesse profonde.

Aux origines du samba

Le samba est née à Rio de Janeiro au début du XXe siècle. Le mot samba a des origines africaines, probablement situées en Angola où le terme "semba" désigne la danse ou l’invitation à la danse durant laquelle les danseurs se touchent le nombril.

Le samba est une musique noire, expression de ceux qui cherchent à affirmer leur identité dans une société qui les a toujours exploités.

Le quartier de Praça Onze est cette partie de Rio où les anciens esclaves pratiquent leurs musiques et leurs rites d’origines africaines. Des éléments noirs auxquels se mêleront des influences européennes comme la polka, la habanera et des genres brésiliens comme La Maxixe.

Le samba sortira de ces influences diverses en accentuant le "chant à répons" et les jeux de percussions. L’accompagnement est confié à la guitare et au cavaquinho. Quant au tempo, il est plus lent que dans la maxixe.

Le style va se développer dans le quartier voisin de Praça Onze, Estácio. C’est là qu’en 1928 se crée la première escola de samba, organisation qui prépare les parades de carnaval. 

Carnaval et samba

L’histoire du samba à Rio de Janeiro peut être donc divisée en deux styles correspondant à deux périodes successives. Dans un premier temps, une période durant laquelle le genre se confondait encore avec la maxixe, dansé dans la ville depuis 1880.

Dans un second temps, créé à partir de 1928 dans le quartier de l’Estácio dje Sá, le samba contemporain qui trouve, à quelques retouches près, sa version définitive.

Les sambistas identifiés à la samba "nouveau style" sont presque tous originaires du quartier de l’Estácio dje Sá à Rio. Et le plus connu d’entre eux s’appelle Ismael Silva. 

À partir de 1930, les sambas sont accompagnés par la batucada, c’est-à-dire la poly­rythmie assurée par un ensemble d’instruments, dont le surdo, un tambour grave que le musicien porte en bandoulière et frappe au moyen d’une mailloche. Le tamborim, ce petit tambour sur cadre frappé à l’aide d’une baguette. Le son qu’il produit est bref, sec et précis ; il se distingue dans la samba par une attaque très nette.

Et puis il y a aussi la cuíca, ce tambour à friction brésilien, utilisé dans le samba et hérité de la culture bantoue. Un bâton fixé au centre de la peau plonge à l’intérieur de la caisse. Le son est produit en frottant le bâton entre le pouce et l’index à l’aide d’une éponge humide ou d’un morceau de cuir pour faire vibrer la peau. Un son très particulier et très caractéristique du folklore musical brésilien.

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Le surdo © Tous droits réservés
le tamborim © Tous droits réservés
Le cuíca © Tous droits réservés

Les différents types de samba

Le samba-cançao, est aussi appelé samba de "milieu d’année". Il se joue essentiellement dans les intervalles du carnaval et n’est pas uniquement dédié à la danse.

C’est un style plutôt cool, adouci, prisé par les classes moyennes.

Souvent magistral sous l’angle musical, le samba-cançao s’appuie généralement sur des textes d’une grande qualité d’écriture. Le disque et la radio seront les grands propagandistes de cette musique dans tout le Brésil.

Noel Rosa sera le poète le plus représentatif de l’époque mais Cartola, redécouvert tardivement dans les années 60, et ami proche de Noel Rosa, sera celui que le temps permettra de reconnaître comme le plus grand. 

On parle également de samba de morro. Il s’agit alors de samba des favelas, un samba très populaire, des populations pauvres, qui rejaillira sur l’ensemble du mouvement à la fin des années 50. Nelson Cavaquinho et Clementina de Jésus en sont deux excellents représentants. 

Quand on parle de pagoge de samba, il s’agit d’un mouvement de samba créé dans les années 70 par des artistes qui organisaient des grandes soirées où ils jouaient des sambas de façon simple et conviviale. Beth Carvalho et Zeca Pagodinho font partie de cette mouvance d’artistes. 

Et puis, il y a bien sûr les sambas carnavalesques, qui, hors de leur contexte festif de plein air, semblent inférieures musicalement et poétiquement au samba-canção…

Ces sambas dédiées au carnaval, on les appelle les samba-enredo, ce qui signifie littéralement "la samba du thème".

De quoi vous mettre l’eau à la bouche pour la prochaine émission Murmures du monde qui sera consacrée aux musiques de carnaval au Brésil.

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