Murmures du monde

Tous les samedis de 18:02 à 19:00 sur Musiq3

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Cap sur l’Amazonie, à la rencontre de héros méconnus de la scène musicale locale

Hélène Van Loo a décidé de vous emmener loin, très loin, et vous promet que vous n’aurez jamais autant voyagé sans quitter votre fauteuil… ! Hélène vous emmène en Amazonie ! L’Amazonie cette région naturelle d’Amérique du Sud. L’Amazonie qui est couverte en grande partie par la forêt amazonienne, la plus grande forêt pluviale au monde et qui abrite un nombre incalculable d’espèces végétales et animales.

Lors de notre périple musical, nous suivrons notamment le fleuve Amazone, nous embarquerons à Belem, point de rencontre atlantique des cultures des colons portugais, des esclaves africains et des indigènes, nous écouterons la reine du Carimbo Dona Onete.

Puis on s’enfoncera au cœur la jungle brésilienne, nous passerons la frontière avec le Pérou, pour arriver à la ville d’Iquitos, accessible uniquement par bateau et par avion, nous irons à la rencontre de héros méconnu de la scène musicale locale et bouillonnante des années 70.

Entre rituels indigènes et "guitarradas" électrifiées plus urbaines, avant de pagayer gaiement sur la chicha péruvienne de Los Wembler’s de Iquitos.

Enfin, nous serons portés par les guitares andines et la voix céleste de la Bolivienne Luzmila Carpio, hantée par les ancêtres quechuas.

Mais d’abord, deux explorateurs français

Francis Maziere était un explorateur et Spécialiste de l’Amazonie. En 1951, il monte une expédition en Guyane en territoire indien, franchissant le Tumuc-Humac et découvrant des terres alors totalement inexplorées du Brésil. Une expédition qui opéra la première jonction entre la Guyane française et le Brésil à travers le célèbre massif du Tumuc-Humac. Les explorateurs restèrent plusieurs mois parmi les populations indiennes.

Autre explorateur, François Jouffa est journaliste et ethnomusicologue. Au milieu des années 70, François Jouffa s’envole pour Le Pérou, à Cuzco, l’ancienne capitale de l’Empire inca. Le nom de la ville de Cuzco signifie “Centre du monde” en langage inca. Depuis les temps précolombiens, le Cuzco est un centre artistique qui draine vers sa région les artistes de tous les points de l’empire inca.

François Jouffa a enregistré de nombreux chants, que vous pouvez écouter dans l’émission :

La vida del soltero (La vie du célibataire) : “Je suis parti de ma terre, je suis solitaire, je n’ai personne pour m’aimer. J’espère rencontrer quelqu’un qui souffrira pour moi”… Une chanson intitulée “La vida del soltero”, la vie du célibataire. Un Enregistrement effectué par François Jouffa dans les ruines du temple du dieu Puma en 1975. Juan Cancio chante en Runa Simi (qui signifie le “langage des hommes”), un des idiomes incas qui est devenu la seule langue d’Amérique du Sud ayant joué un rôle “civilisateur”….puisqu’après la conquête, il fut adopté par l’église comme instrument d’évangélisation. Juan Cancio jouant du charango ochillador, une mandoline à 5 cordes aux sons aigus dont la caisse de résonance est constituée d’une carapace de tatou.

Morena pintada Christo (La couleur brune du Christ) : Enregistrement effectué par François Jouffa, dans les faubourgs pauvres de Lima, en 1975. Ce chant est représentatif du style musical de Lima. La guitare de type classique l’emporte sur les instruments à vent modernes et traditionnels ou sur les instruments à cordes plus rustiques comme charango. Le jeu en est plus sophistiqué et urbain mais sa saveur toute particulière est propre à la capitale péruvienne.

Cette danse est une Marinera, qui fait partie de l’héritage des danses populaires d’origine hispanique reconnaissables à leur structure rythmique.

Le texte chanté évoque, avec naïveté, les inévitables conflits raciaux surgis sur la côte ouest de la rencontre des ethnies amérindienne, européenne et africaine.

Quisiero ser picaflor (Je voudrais être un oiseau-mouche) : interprété par le chœur populaire péruvien enregistré par l’ethnomusicologue François Jouffa, à Lima au Pérou.

Le Huayno date de l’époque incaïque et c’est probablement la danse la plus ancienne du continent. L’orchestre était, à l’origine, exclusivement composé d’instruments à vent et de percussions. Par la suite, il s’est enrichi d’instruments européens, tels que violons, harpes, guitares et mandolines. Quant à la poésie, elle ressort surtout de la tradition orale espagnole. Ici, c’est le fameux “Thème des métamorphoses” qui est abordé : L’amoureux aimerait avoir recours à une fantastique transformation pour conquérir sa belle :” Je voudrais être oiseau-mouche / Et que tu sois œillet / Afin de butiner le miel / Du bouton de fleur qu’est ta bouche”). L’oiseau et la fleur sont constamment utilisés dans la poésie hispano-amérindienne comme symboles sexuels. Ce langage, à peine voilé, possède le charme suranné de l’antique raffinement courtois, mais rappelle aussi qu’à l’époque coloniale, pétrie de catholicisme inquisitorial, l’érotisme ne trouvait à s’exprimer que par d’ingénieux détours poétiques.

Heitor Villa- Lobos et L’Amazonie

Heitor Villa-Lobos est certainement l’un des plus grands compositeurs brésiliens du XXe siècle. Un Carioca qui décide de partir en voyage dans la région du Nord-Este. La Nature en général et l’Amazonie en particulier ont une grande place dans l’œuvre de villa Lobos.

L’histoire de la chanson Nozani Na est extraordinaire. Une chanson née sur les terres des peuples autochtones Parecis, dans l’État du Mato Grosso. Cette chanson traditionnelle a d’abord été enregistrée en 1912, sur un cylindre, par l’ethnologue Edgar Roquette-Pinto. Puis il a été adapté par Heitor Villa-Lobos dans la pièce Chôros n°3 en 1925.

Bien des années plus tard, en 1990, c’est le chanteur Milton Nascimento qui reprendra Nozani Na. La chanson est intégrée au répertoire de son album Txai, entièrement inspiré par les peuples de la forêt. TXAI, c’est un mot des indiens Kaxinawá, qui vivent à l’extrême ouest du Brésil, dans l’état d’Acre, en Amazonie, tout près de la frontière péruvienne. TXAI, qui signifie pour les Kaxinawá, ami, compagnon. C’est le titre que Milton Nascimento, également enfant de Rio de Janeiro, a choisi pour son album…

TCHAI, Milton Nascimento accompagné de Marlui Miranda, éminente musicienne, musicologue et spécialiste des cultures des peuples autochtones du Brésil.

Voyage le long du fleuve Amazone

Cap sur Belem dans l’État du Pará au Brésil, dans le nord-est de l’Amazonie. Belem, point de rencontre des cultures des colons portugais, des esclaves africains et des indigènes,

Le rythme typique de la région s’appelle le carimbo, avec sa plus célèbre ambassadrice, Dona Onete.

Dona Onete propose un troisième album comme véritable panorama des musiques populaires brésiliennes. Il a pour titre Rebujo, un mot d’argot pour parler des courants du fleuve Amazone, qui peuvent tout aussi bien nourrir que tuer.

Le carimbo, c’est donc un rythme festif rural hérité de pratiques rituelles bantoues qui inspira la lambada : la lambada. C’est une musique assez simple, à deux temps, avec riffs de guitare ou de saxophone. Une danse nait en même temps, une danse de couple où les partenaires sont quasi collés, danse au caractère érotique évident. Le genre rencontre très vite du succès et se répand dans tout le pays, notamment à Rio et São Paulo. En 1989, la lambada débarque en Europe avec le hit de l’été de Kaoma, un groupe fabriqué de toutes pièces par deux producteurs du disque français. ET pour la petite histoire de plagiat… Ils reprennent la chanson Chorando se foi interprétée par Márcia Ferreira, elle-même une reprise d’une chanson bolivienne intitulée Llorando se fue.

Continuez ce voyage avec l’émission Murmures du monde d’Hélène Van Loo.

Une émission à écouter ci-dessous

Programmation musicale

Francis MAZIERE, Album "expédition Tumuc-Humac 1952 : Musique de la Haute Forêt Amazonienne"

François Jouffa - Compilation "Pérou : Au pays du temple du soleil" – Juan Cancio- Titre : "La vida del soltero" (La vie du célibataire)

François Jouffa- Compilation "Pérou : Au pays du temple du soleil"- Los Chiclayanos et Edmunto Enriquez – titre : "Morena pintada Christo" (La couleur brune du Christ)

François Jouffa- Compilation "Pérou : Au pays du temple du soleil"- le chœur populaire péruvien titre : "Quisiero ser picaflor" (Je voudrais être un oiseau-mouche)

Heitor Villa-Lobos – Sao Paulo Symphony Orchestra (John Neschling) – Choros n°3 "Pica- Pau"

Milton Nascimento et Marlui Miranda - Album TXAI - Titre : "Nozani Na"

Joyce Moreno et Joao Donato – Album " Aquarius" - Titre "Amazonas 2"

Dona Onete- Album " Rebujo" – Titre " Carimbo Arrepiado"

Kaoma - "La lambada" (original version 1989)

Raúl Llerena Vásquez alias Ranil- Album “Ranil y su Conjunto Tropical” – titre " La Tuctuructia"

Los Wembler’s de Iquitos, Album " Ikaro del Amor" – Titre : "Sonido Amazonico"

Luzmila Carpio – Album "Yuyay Jap’ina Tapes" – Titre " Ch’uwa Yaku Kawasaypuni"

Luzmila Carpio – Album "le chant de la terre et des étoiles” – Titre " Pachamamata Jampiykusun".

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