Murmures du monde

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Au rythme des musiques de Cuba, "l’île musicale par excellence"

Dans son émission Murmures du monde, Hélène Van Loo vous emmène à la découverte de la musique cubaine, ce mélange de mélodies espagnoles et de percussions africaines, une musique qui se caractérise par son raffinement et son élégance, tout en étant très dansante.

Son Montuno

À Cuba, chaque région a son rythme propre : la région d’Oriente, dont la capitale est Santiago de Cuba, est la patrie du Son Montuno, qui est la musique emblématique de Cuba.

Le son est sans doute la forme la plus ancienne et certainement la plus classique des musiques afro-cubaines.

Le son est un genre où l’on retrouve autant les éléments espagnols que ceux venus d’Afrique. Beaucoup de groupes pratiquent encore le son traditionnel.

Fils du "changuï" de Guantanamo, le son se joue en petite formation composée d’un tres, petite guitare à trois cordes au son métallique, de bongos, d’un güiro (racloir) , et d’une marimbula, une contrebasse à lamelles.

Le sexteto Habanero est le groupe qui a lancé ce genre dans les années 20. 

Le son n’a jamais cessé d’évoluer, étant à la base de tous les genres de la musique cubaine. Et lorsque les cuivres viennent se joindre aux cordes, le son glisse doucement vers la salsa, au travers des multiples phases qui la créent. C’est en effet au départ d’un son que beaucoup de musiciens prendront des libertés qui les amèneront à créer de nouveaux styles comme le mambo, la charanga, le cha cha cha

La Trova

L’autre enfant de l’Oriente, c’est la Trova, qui était la chanson populaire durant la première moitié du XXe siècle. Une forme de chant poétique et romantique proche du boléro, accompagné à la guitare. Les grands chanteurs de trova sont aujourd’hui les plus vieux musiciens de Cuba et parmi eux, les plus célèbres interprètes ont été Sindo Garay et Maria Teresa Vera.

A l’Ouest, dans les provinces de Matanzas et de la Havane, on joue de la rumba avec des tambours – tumbadora, llamador, et quinto – le cajon et la voix. À l’appel du tambour, l’homme entame sa danse muni d’un foulard. Après une longue démonstration de son talent, il offre l’étoffe à sa belle. On retrouve des formes dérivées de cette danse partout dans la Caraïbe.

Les orchestres de charanga sont aussi originaires de cette région à L’Ouest de l’ile.

Les charangas mettent en vedette un ou une flûtiste sur fond d’une section de violons et de cuivres. Ils interprètent le danzon, dérivé de la contredanse apprise des maîtres esclavagistes, qui donnera le cha cha cha et le mambo. 

Influence des rythmes cubains

Les rythmes cubains vont avoir une influence considérable sur les musiques populaires du XXe siècle. Dès 1933, les Etats Unis dansent sur "el manisero" de Rita Montaner.

Et dans les années 40, c’est le trio Matamoros qui fera vibrer les cœurs

La Havane devient le lieu où il faut être, the place to be, pour les riches américains. Sous la dictature de Batista de 1952 à 1959, Cuba est surnommée "le bordel de l’Amérique".

Dans les Night clubs, on danse sur les sones d’Arsenio Rodriguez, de Felix Chapotin, de la Sonora Matancera. On se trémousse sur les cha cha cha de L’orquesta Aragon et les mambos de Perez Prado.

Lors de cette période faste, Benny Moré est couronné roi des musiques cubaines. 

1959, Cuba se coupe des Etats-Unis et devient "l’île musicale par excellence"

La prise de pouvoir par Fidel Castro en 1959 met un terme à ce va-et-vient musical entre Cuba et les Etats-Unis. Les musiciens professionnels deviennent fonctionnaires et enregistrent pour Egrem, maison de production d’Etat.

Si de nombreux musiciens émigrent, comme Celia Cruz et Cachao, la vie musicale à Cuba demeure intense : Jazz latin avec Irakere ; salsa avec Los Van Van ; chanson engagée avec les fondateurs de la "nueva trova" Silvio Rodrigues, Pablo Milanes…

Le son joué en grand orchestre avec Elio Revé ; et la musique afro cubaine héritière des musiques rituelles de la santerìa avec Lazaros Ros et Mercedita Valdes.

Isolée en partie des influences du monde extérieur par l’embargo américain, Cuba devient une sorte de conservatoire des rythmes anciens, avec ses écoles de musiques, ses nombreux bals et ses concerts réguliers. Sa réputation d’ile musicale par excellence est acquise en grande partie grâce à cette politique d’Etat qui, malgré ses dérives totalitaires, fait de la musique un art à part entière.

Apres la chute du bloc communiste, l’Occident redécouvre le son dans années 40 et 50 et plébiscite les anciens de la Vieja Trova Santiaguera du Buena Vista Social club, Compay Segundo en tête…

A la fin des années 90, l’Europe draine les succès d’artistes comme le pianiste de jazz Omar Sosa.​​​​​​

Découvrez les musiques cubaines dans l’émission Murmures du monde ci-dessous

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