Murmures du monde

Tous les samedis de 18:02 à 19:00 sur Musiq3

Plus d'infos

À la découverte de la musique modale, immersion musicale en Arménie

L’Asie centrale et le Caucase présentent des musiques d’une grande diversité. Au Caucase, on peut distinguer deux grandes zones musicales : celle de la musique modale et celle de la musique polyphonique. Dans son émission Murmure du monde, Hélène van Loo vous propose un voyage en Arménie et en Azerbaïdjan, à la découverte de la musique modale. 

L’Arménie est l’une des plus anciennes civilisations au monde. Elle est une terre de montagnes et les habitants sont très attachés à leur culture et à leur langue. Cette langue indo-européenne qui est dotée au Ve siècle d’un alphabet propre, inspiré de l’alphabet grec.

Parmi les musiciens arméniens qui ont marqué l’histoire de la musique de leur pays, on retrouve Sayat Nova, qui a vécu au XVIIIe siècle. Il est l’archétype des "achough", terme qui signifie littéralement "amoureux". Les "achough" sont des bardes à la fois poètes populaires, chanteurs, compositeurs et musiciens, qui sont à la base de l’art populaire arméniens.

L’ensemble Kotchnak, fondé en 1976, interprète et partage ces chants traditionnels populaires arméniens et notamment des chants de tambours de Sayat Nova.

Komitas, figure tutélaire de la culture arménienne

S’il est une autre grande figure de la musique arménienne, c’est bien prêtre, musicien et ethnomusicologue, Komitas. Né en 1869, Komitas, titulaire d’un doctorat de musicologie de l’Université de Berlin, parcourt dès les années 1900 parcourt les villages d’Arménie avec sa casquette d’ethnomusicologue et répertorie des milliers de chants de la tradition populaire arménienne, les retranscrits et les harmonise. Un immense travail de collecte non seulement des chants populaires mais aussi de transcription de la musique religieuse en s’efforçant d’en trouver la pureté originelle.

Komitas, installé à Constantinople, sera arrêté et déporté en avril 1915, aux côtés d’autres artistes et intellectuels arméniens. Rescapé du Génocide arménien, il en restera à jamais traumatisé et se murera dans le silence, jusqu’à son décès prématuré en 1936.

Le kamanché et le duduk, deux instruments typiques de l’Arménie

Continuons le tour des grands interprètes et représentants de la musique arménienne, on retrouve Habil Aliev et son kamanché, mais également Gaguik Mouradian, artiste-musicien né à Erévan en Arménie. Gaguik Mouradian tombe amoureux du kamanché en voyant un film consacré au troubadour Sayat Nova. On le retrouve entouré de l’ensemble Hesperion XII sous la houlette de Jordi Savall.

Le duduk est un instrument à anche double, l’ancêtre du hautbois, typique de l’Arménie, qui remonte à la nuit des temps et qui semble très proche de l’aulos que l’on voit sur certains vases ou fresques antiques.

3 images
Fresque représentant un joueur d’aulos, instrument à vent qui ressemble fort au duduk © Tous droits réservés
Newsletter Musiq3

Restez informés chaque vendredi des évènements, concours et CD de la semaine.

OK