Laurence Vielle lit la poésie

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Laurence Vielle lit Carl Norac, "Un espoir virulent", un poème inédit

Chaque jour, la poétesse Laurence Vielle fait sonner, scander, rythmer de son souffle lumineux, les mots des poètes, et notamment des poètes belges. Découvrez le texte du poème Un espoir virulent, un poème inédit écrit par notre "poète national" Carl Norac, pendant cette période de confinement.


Un espoir virulent

J’ai attrapé la poésie.

Je crois que j’ai serré la main

à une phrase qui s’éloignait déjà

ou à une inconnue qui avait une étoile dans la poche. J’ai dû embrasser les lèvres d’un hasard qui ne s’était jamais retourné vers moi.

J’ai attrapé la poésie, cet espoir virulent.

Voilà un moment que ce clair symptôme de jeter les instants devant soi était devenu une chanson. Ne plus être confiné dans une parole apprise, s’emparer du mot libre, exister, résister, et prendre garde à ceux qui parlent d’un pays mort alors que ce pays en ce moment nous regarde.

A présent, on m’interroge, c’était écrit :

" Votre langue maternelle ? " Le souffle.

" Votre permis de séjour ? " La parole.

" Vous avez chopé ça où ? " Derrière votre miroir. " C’est quoi alors votre dessein, étranger ? " Que les mots soient au monde, même quand le monde se tait.


 

Carl Norac est né en Belgique en 1960 d’un père écrivain, Pierre Coran, et d’une mère comédienne. Il a publié une dizaine de livres de poésie – parus aux Editions de la Différence, l’Escampette-, aussi de nombreux livres de poèmes ou récits pour enfants, traduits à ce jour dans le monde en 47 langues. Il obtient le Grand Prix de la Société des gens de lettres en 2009. Ses textes poétiques sur la musique ont été créés au Châtelet, à La Monnaie, à l’Opéra Comique, à la Philharmonie de Paris.

Depuis 2017, une école française dans le Loiret porte son nom. En 2020-2021, il est le Poète National / Dichter des Vaderlands de Belgique. Ces derniers recueils s’intitulent Une valse pour Billie (aux éditions L’Escampette), Poèmes pour mieux rêver ensemble (chez Actes Sud), Journal de gestes (chez Maelström). Après 20 ans dans le Loiret, il vit aujourd’hui à Ostende dans l’amitié des vagues.

Voici comment Laurence Vielle parle de Carl Norac :

A la croisée des âges, Carl, tu t’émerveilles ; tu es le fils du poète Pierre Coran et de la comédienne Irene Coran ; Carl enfant, tu es au jour dans la nature, tu es au soir dans la lecture ; Carl, tu aimes te dire poète parce que c’est un mot un peu galvaudé. C’est ton genre littéraire préféré, car il transcende tous les autres, dis-tu. Que tu écrives un album, une prose, du théâtre, la petite lumière de départ, c’est toujours le mot poésie ; Carl, tu crées avec d’autres la revue Le Fram ; Carl, tu as en toi quelques pousses flamandes et tu te sens parfois être Till l’Espiègle, l’enfant de De Coster ; Carl, tu voyages vaste de l’Asie à l’Arctique et la beauté du monde te rend muet ; tu es amoureux des Inuits par-delà tout, relié de cœur au pays du grand froid aux morses aux visages ronds ; Carl, tu as chez toi le stylo d Apollinaire et un de ses carnets où il reste quelques pages blanches ; tu y griffonnes chaque nuit, je le crois, des poèmes. Et puis, depuis janvier et pour deux ans, tu es notre poète national, "un espoir virulent", écrit en ce temps fragile du covid-19, est ton second poème national, un poème écrit en lien avec l’actualité du pays.

 

"La poésie, c’est la distance la plus courte entre deux humains"

Lawrence Ferlinghetti, "Poésie, art de l’insurrection" Editions Maelström, 2012

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