La Touche belge

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Boyan Vodenitcharov, l’harmonie dans les contrastes

Déjà présent sur la scène du Festival Musiq3 Brabant Wallon vendredi dernier aux côtés de Lilli Maijala et Benjamin Dieltjens, le pianiste Boyan Vodenitcharov nous revient ce vendredi 16 octobre pour un double concert, en duo avec le violoncelliste Justus Grimm.

La Ferme de la Petite Cense à Thorembais-les-Béguines accueillera les deux musiciens pour un programme convoquant Schumann, Webern… et surtout Beethoven, mis à l’honneur par le projet Essential B en 9 granges, ce festival dans le festival.
Pour sa Touche Belge, Brigitte Mahaux a rencontré Boyan Vodenitcharov, musicien et belge et bulgare, féru de musiques tonales et atonales, de classique et de jazz. Un homme qui joue et se joue des contrastes.

Né en 1960 à Sofia d’un père comédien et d’une mère metteuse en scène, Boyan développe dès son enfance une véritable fascination pour le piano, au point qu’il lui paraisse rapidement "impossible de vivre sans". Son adolescence aboutit au tournant des années 80 à un enchaînement de prix : 3e prix au Concours international de piano Ferruccio-Busoni, 3e prix au Reine Elisabeth, obtention de la Bourse Fullbright Grant pour se perfectionner auprès de Léon Fleischer au Peabody Conservatory de Baltimore… De quoi faire du jeune pianiste une bête de concours ? Pas vraiment. Les rassemblements de ce genre sont alors avant tout pour lui de formidables occasions de traverser les frontières vers l’ouest et de découvrir d’autres manières de vivre, de jouer, de penser la musique. "Si tout le monde est critique vis-à-vis des concours, on ne peut manifestement pas s’en passer" note-t-il avec son sens aigu de la complexité.

C’est entre autres ce goût de la nuance, du rapprochement des apparents contraires, qui lui a permis de s’épanouir en Belgique. Une terre de paradoxes devenue son pays depuis qu’il a été engagé il y a trente ans comme professeur dans différents conservatoires du royaume (Gand et Liège, puis Bruxelles).

Investi notamment dans l’Ensemble Musiques Nouvelles, il s’est fait une place dans le monde de la musique contemporaine belge. Sans pour autant s’arrêter à ses frontières — il visite activement le jazz, dont celui de Steve Houben avec qui il partage projets et amitié.

Échappant à la compartimentation tout en lui faisant honneur, Boyan Vodenitcharov reste fidèle à ces mots délicieux signés Stravinsky : "Changer de style, c’est chercher le côté frais de l’oreiller."

INFOS PRATIQUES :

Ferme de la Petite Cense – Thorembais-les-Béguines

Rue de la petite Cense 13, 1360 Thorembais-les-Béguines

Concerts à 18h30 et 20h30

Réservation : www.lesfestivalsdewallonie.be ou par téléphone au 071/51 78 00