La symphonie fantastique

Tous les samedis de 11:00 à 12:00 sur Musiq3

Plus d'infos

Les voyages helvétiques de Richard Strauss, dans la tourmente de l’après-guerre

Durant plusieurs siècles, la Suisse a attiré de nombreux compositeurs. Certains y ont trouvé refuge en période de troubles, d’autres y ont simplement passé leurs vacances. Pour cela ils n’ont évidemment pas choisi les lieux les plus insipides : Stravinsky s’est établi sur les rives du lac Léman, de même que Strauss, qui a logé à Montreux. Honegger s’est détendu à Sils-Maria dans les Grisons, et Brahms a passé trois étés sur les abords du lac de Thoune. Quant à Prokofiev, alors âgé de 22 ans, il s’offrit un voyage en train l’emmenant de Genève aux chutes du Rhin, après avoir visité les plus grandes villes du pays.

La série Symphonie fantastique vous propose de vous laisser porter au gré des récits de ces cinq voyages. Une production de Elsa-Line Huwyler de la RTS

Richard Strauss descend au Montreux Palace

1947. La guerre est terminée et Richard Strauss doit quitter l’Allemagne, soupçonné qu’il est d’avoir été complice du régime nazi. Les événements politiques de la Seconde Guerre Mondiale l’ont profondément affecté, lui qui a vu les hauts lieux de la culture allemande bombardés. Bien qu’il n’ait jamais montré une quelconque allégeance à l’idéologie nazie, il est reconnu coupable d’avoir participé activement à la vie culturelle de son pays durant les années de guerre.

C’est dans ce contexte historique et personnel très complexe que nous retrouvons Richard Strauss en Suisse. Il s’établit au Montreux Palace - il y restera deux ans – dans une situation financière précaire, sans plus de goût pour le travail de la musique. Là, il compose notamment son Double concertino pour basson et clarinette, sur un conte d’Andersen.

2 images
1906 – Montreux Palace : le Montreux-Palace vient d’être inauguré © Collection Musée de Montreux

Richard avait chaud dans son costume, il avait été soulagé lorsque le valet avait attrapé ses valises d’une poignée ferme et les avait montées jusqu’à l’entrée de sa chambre. Elle était située au deuxième étage du Montreux Palace, une belle chambre lumineuse avait-il demandée. L’accueil avait été de bon augure, l’hôtellerie suisse savait y faire. Le valet en livrée, mains gantées s’approcha de la porte et l’ouvrit en grand. Une odeur de savon et de draps frais enveloppa Strauss. Il remercia l’homme et entra dans ses nouveaux quartiers.

Au comptoir, en bas, il avait payé deux mois d’avance pour deux chambres. Il observa le tableau au-dessus du lit, une jolie esquisse du lac, dans des tons d’un blanc pétrole, un jour de tempête, les Alpes en arrière-plan, en partie masquées par de noirs nuages. Tout au fond du tableau, côté est, un rayon de lumière perçait le casque nuageux et plongeait directement dans les profondeurs du lac. Strauss n’avait jamais vu l’étendue d’eau parée d’une telle couleur.

Le mois de septembre 1947 avait tout d’un été indien et Strauss aspirait à passer ses week-ends loin de la foule, loin du bruit. Souvent, son petit-fils le rejoignait à la pêche : la semaine, il était dans un internat et le week-end, il revenait à Montreux, auprès de sa famille.

Poursuivez le voyage helvétique de Richard Strauss en écoutant le premier épisode de la Symphonie fantastique ci-dessous.

Newsletter Musiq3

Restez informés chaque vendredi des évènements, concours et CD de la semaine.

OK