La symphonie fantastique

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Arnold Schoenberg expressionniste, la musique et la peinture comme moyen d’expression des sentiments

1911. A Vienne, Les Schoenberg tentent de garder la tête hors de l’eau. Mahler, leur bienfaiteur, vient de mourir. Mais Arnold fait la connaissance d’un peintre russe qui le prend sous son aile : Vassily Kandinsky. Il offre au compositeur l’opportunité d’exposer certaines de ses toiles aux côtés de grands peintres à Munich, lors de l’exposition des Cavaliers bleus.

Schoenberg, peindre l’âme

On connaît Schoenberg comme étant un compositeur de génie, un théoricien et un pédagogue. Mais il y a un aspect de la vie et de l’œuvre de Schoenberg que peu de gens connaissent, c’est son activité de peintre. En effet, Schoenberg s’adonnait à la peinture, une passion qui dura de 1906 et 1914, et qui permit à Schoenberg d’expérimenter les capacités expressives de cet art. L’expression, un objectif absolu que Schoenberg poursuivait à cette époque, une époque charnière dans son œuvre musicale puisqu’il élabore petit à petit un nouveau langage musical, s’éloignant de plus en plus des formes classiques, harmoniques pour se diriger vers une musique plus atonale. C’est l’époque où le grand compositeur viennois compose son Deuxième quatuor ou encore ses opéras Erwartung et La Main heureuse.

Schoenberg peint des impressions, des natures mortes, des esquisses de scénographique mais aussi et surtout, une série de portraits et d’autoportraits qu’il appelle "Visions ou regards", et qui sont le miroir de l’âme tourmentée du compositeur.

Schoenberg et Kandinsky, une amitié artistique

En 1911, Schoenberg entame une correspondance avec Vassily Kandinsky, le père de l’abstraction picturale, qui, lors d’un concert qui présentent les premières œuvres atonales de Schoenberg – notamment le quatuor à cordes opus 10 -, reconnaît dans la musique du compositeur viennois ses aspirations pour son travail pictural, cette importance de l’expression du sentiment.

Kandinsky a toujours eu une grande affinité avec la musique : grand mélomane, il était aussi musicien, il jouait du violoncelle et du piano. Pour parler de sa peinture, il utilisait volontiers le langage musical, donnant à ses tableaux les titres d’improvisations ou de compositions. Dans son fameux traité Du spirituel dans l’art, Kandinsky pose les jalons de la musique abstraite, tout en faisant de nombreux parallèles entre la peinture et la musique, cette dernière étant pour lui l’art abstrait par excellence. Il va même jusqu’à jouer le jeu des concordances entre les tons picturaux et les tons musicaux.

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La musique, échappant à la nature, est libérée de la nécessité de puiser dans le monde extérieur les formes extérieures de son langage.

C’est donc une profonde amitié artistique, basé sur une même vision de l’art, qui lie Schoenberg à Kandinsky. Ce dernier joua un grand rôle dans le rayonnement de l’œuvre picturale et musicale de Schoenberg, permettant au compositeur d’exposer plusieurs de ses toiles aux côtés de grands peintres à Munich, lors de l’exposition des Cavaliers bleus, en 1911.

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