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La guitare baroque et le fandango qui enflamment tous les sens

Dans sa chronique centrée sur sa passion pour la musique baroque, la soprano Céline Scheen nous fait découvrir le Fandango et le son chaud et envoûtant de la guitare baroque.

La guitare baroque

La guitare baroque est un magnifique petit instrument tout fin en forme de huit, qui a remplacé le luth de la Renaissance et a précédé la guitare classique actuelle.

La guitare baroque est utilisée à partir de la seconde moitié du XVIe siècle, principalement en Espagne, en Italie et en France.

L’une de ses principales particularités est qu’elle possède 5 cordes doublées, portant le nombre de cordes à 9 ou 10, selon que la chanterelle est doublée ou non, la chanterelle étant la corde la plus aiguë, qui peut être doublée ou non en fonction du répertoire.

Ces cordes doublées sont appelées "le Chœur" et permettent d’allonger les résonances, donnant un jeu très expressif, mêlant accords et lignes mélodiques. Dans le langage guitaristique, on dit "rasgueado" et "punteado"…

Les cordes sont en boyau et mobiles, contrairement à la guitare actuelle. Les frettes sont, elles aussi, en boyau.

La musique pour guitare de cette époque est souvent écrite dans une notation particulière, spécifique à la guitare baroque, appelée "L’alfabeto". Ce système de notation indique quel est l’accord à jouer, mais c’est le musicien qui va choisir la manière dont il va présenter les notes comprises dans cet accord.

Au XVIIe siècle, la guitare devient donc l’instrument propice à l’improvisation.

Les musiciens de l’époque appréciaient les dispositions baroques de l’instrument, ces composantes organologiques spécifiques comme les doubles cordes, qui permettaient des effets particuliers, en accord avec leur goût de la surprise, de la dissonance, voire de l’excès.

Ce goût se retrouve d’ailleurs dans d’autres arts, comme en peinture avec la recherche du trompe-l’œil, ou dans la sculpture, chez Le Bernin, par exemple.

Le Fandango, grâce voluptueuse et sensualité rythmée

Cette danse de couple traditionnelle espagnole est née, elle aussi, au XVIIe siècle.

On lui prête des origines africaines et latines, avec le mot "Fatum" qui veut dire "destin", d’où viendrait aussi le mot "Fado".

La musique en mode mineur commence par un rythme lent en 3/4 puis 6/8, avec une accélération constante du tempo et de la tension, marquées par la guitare et les castagnettes.

Les danseurs ne se touchent pas, ne s’enlacent pas, mais ne se séparent jamais. L’un face à l’autre, toujours à distance égale, ils évoluent avec une grâce voluptueuse et une sensualité rythmée, comme liés ensemble par un invisible aimant.

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Le Fandango tourne et oscille sur un tempo de valse ancienne. Les bras tendus et levés s’agitent en l’air, montent ou descendent avec de jolis mouvements cadencés, suivant les oscillations du corps.

"Les corps prennent 1000 attitudes et gestes lascifs, expression de l’amour depuis sa naissance jusqu’à la fin, depuis le soupir jusqu’à l’extase. Le Fandango enflamme tous les sens d’une extrême passion."

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