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Attentats du 11 septembre : WTC : 9/11 de Steve Reich, exprimer l’indicible en musique

Ce samedi 11 septembre, New York et le reste du monde commémoreront les 20 ans des attentats du 11 septembre, visant les tours jumelles du World Trade Center, qui ont coûté la vie à plusieurs milliers de personnes. Ce tragique événement a bouleversé le monde entier et de nombreux artistes, plasticiens, réalisateurs et compositeurs ont construit des œuvres autour de ces attentats.

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Et parmi les compositeurs qui ont écrit des œuvres commémorant les victimes de ces attentats, on retrouve l’œuvre WTC 9/11 de Steve Reich, interprété par le Kronos Quartet en 2011.

Cécile Poss nous propose une carte postale sonore, réalisée par Marion Guillemette, autour de cette œuvre et revient sur l’histoire de celle-ci.

Le 11 septembre 2001, nous étions tous devant notre télévision, spectateurs impuissants et ébahis de l’horreur qui se déroulait à New York. Le compositeur Steve Reich était lui aussi devant sa télévision, dans le Vermont, mais en même temps, il était au téléphone avec son fils qui habitait à quelques pas du World Trade Center… Une conversation téléphonique qui durera 6 heures.

Dix ans plus tard, pour les commémorations des 10 ans des attentats, le Kronos Quartet interprète WTC 9/11 de Steve Reich. Et pour comprendre l’histoire de cette œuvre, il faut remonter en 2009. Cette année-là, le Kronos Quartet passe commande d’une œuvre à Steve Reich. Ils souhaitent une œuvre pour quatuor à cordes avec des voix préenregistrées.

Pour le traitement de ces voix préenregistrées, Steve Reich utilise le procédé du speech melody, de la mélodie parlée, qui traduit musicalement les inflexions d’une phrase parlée, et le procédé du stop action sound, qui consiste à prolonger les voyelles finales des interlocuteurs. Steve Reich compare ce procédé à une traînée de vapeur qui se poursuit, comme si le discours ne se terminait pas totalement et planait encore.

WTC 9/11 se compose de trois mouvements. Le premier, 9/11, prend les voix des pompiers lors de l’effondrement des tours jumelles, ainsi que des voix d’archives des contrôleurs du ciel lorsqu’ils ont été avertis du détournement des avions. Le second mouvement, intitulé 2010, reprend des enregistrements que Steve Reich a faits en 2010, de résidents du voisinage qui se souvenaient de ce qui s’était passé.

It was chaos…

Le troisième mouvement, intitulé World Trade Center, révèle un caractère beaucoup plus intimiste. Dans ce finale, la violoncelliste Maya Beiser qui chante un psaume issu de la Bible… Enfin, l’œuvre se termine comme elle a commencé, sur la note fa, une note qui évoque la tonalité du téléphone qu’on décroche et qui rappelle la conversation téléphonique de 6 heures de Steve Reich avec sa famille, lors du 11 septembre 2001.

Steve Reich n’est évidemment pas le seul compositeur à s’être inspiré de ce tragique événement pour créer une pièce : il y a notamment On the Transmigration of Souls pour chœur, orchestre et sons fixés de John Adams, créée le 19 septembre 2002 à New York par l’Orchestre philharmonique de New York et Lorin Maazel, A Hymn for the Lost and the Living d’Eric Ewazen, The Sad Park de Michael Gordon ou encore In Memory de Joan Tower.

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