L'odyssée

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Victor Hugo aimait-il la musique classique ?

Victor Hugo est l’un des plus grands auteurs français du XIXe siècle, un siècle qui vit la consécration de bon nombre de grands compositeurs et musiciens.

On retrouve dans les correspondances de l’auteur plusieurs allusions à la musique classique, aux compositeurs, de son époque et des siècles précédents, ce qui permet de supposer que Victor Hugo appréciait la musique classique. Et pourtant, beaucoup de personnes en ont douté.

"Défense de déposer de la musique le long de mes vers"

Cette phrase, attribuée à Victor Hugo, est l’une des bases sur laquelle se fondent ceux qui pensent que Victor Hugo n’aimait pas la musique. Cette idée reçue a sans doute été nourrie par le fait que Victor Hugo ne voyait pas d’un bon œil que l’on écrive de la musique sur ses poésies. Pour lui, les mots et les notes étaient sans doute deux musiques différentes qui ne gagnaient pas toujours à se superposer. Néanmoins, cette réticence ne l’a pas empêché de donner son accord à certains compositeurs de mettre ses poèmes en musique.

Une connaissance historique de la musique classique


Puissant Palestrina, vieux maître, vieux génie,
Je vous salue ici, père de l’harmonie,
Car, ainsi qu’un grand fleuve où boivent les humains,
Toute cette musique a coulé dans vos mains !
Car Gluck et Beethoven, rameaux sous qui l’on rêve,
Sont nés de votre souche et faits de votre sève !
Car Mozart, votre fils, a pris sur vos autels
Cette nouvelle lyre inconnue aux mortels […]

Que la musique date du XVIe siècle (In recueil Les Rayons et les Ombres, 1840)


Alors que la doxa du XIXe siècle faisait la part belle à la musique baroque et le lyrique, Rossini, Offenbach, Victor Hugo de son côté nourrissait des admirations parallèles, il était, par exemple, un grand fan de Gluck.

L’esprit qui comprend l’art comprend le reste aussi.
Tu vas donc dormir là ! sans te douter qu’ainsi
Que tous ces verts trésors que dévore ta bourse,
Gluck est une forêt et Mozart une source.

(in recueil Les voix intérieures, XIX, 1837)

Un autre compositeur que Victor Hugo affectionnait particulièrement est Carl Maria von Weber. Il introduira d’ailleurs dans une première ébauche des Misérables le chœur des "chasseurs égarés dans les bois", issu de l’opéra Euryanthe.

Il était également un grand admirateur de Paganini dont Victor Hugo dira même que "c’est par lui que la musique lui a été révélée".

Le XIXe siècle, siècle de la "pianomania"

A côté de cette vogue pour la musique lyrique, le XIXe siècle de Victor Hugo avait également la passion du piano, parfait instrument de musique romantique. C’est le moment où brillent dans les salons Alkan, Chopin et Liszt.

Franz Liszt était d'ailleurs familier de Victor Hugo. Fréquentant les salons de l'écrivain – les fameux Cénacles – Liszt donnait également des leçons de piano à Victor Hugo. Il est certain que Liszt a contribué à la connaissance musicale de Victor Hugo, lui faisant découvrir des chefs-d’œuvre. Et parmi eux, ceux que Victor Hugo appréciait le plus, c’était les Lieder de Schubert.

Victor Hugo, une source d’inspiration pour les compositeurs

Il est de plus en plus difficile de douter du goût de Victor Hugo pour la musique classique. Et ce qui est encore plus certain, c’est la passion qu’ont vouée les compositeurs du XIXe siècle pour l’œuvre de Victor Hugo.

Malgré les réticences de Victor Hugo, nombre de ses poèmes ont été mis en musique par des compositeurs tels que Saint-Saëns, Gounod, Bizet, Franck ou encore Fauré qui a notamment mis en musique le poème le Djinns d’Hugo, que vous pourrez écouter dans l’émission du jour.

Si la poésie de Victor Hugo fut une source féconde d’inspiration, son théâtre le fut tout autant. On dénombre des dizaines d’opéras basés sur les pièces d’Hugo : Angelo, Tyran de Padoue, Ruy Blas, Manon Delorme et les plus connues, Hernani (inspirant Verdi pour son Ernani), Lucrèce Borgia (Lucrezia Borgia de Donizetti) et Le roi s’amuse (Rigoletto de Verdi).

Ce sourd qui entendait l’infini


Ses symphonies sont une dilatation de l’âme dans l’inexprimable


Victor Hugo a rendu hommage dans un texte au grand compositeur qu’était Beethoven, pour qui Victor Hugo vouait une très grande admiration.

Sources : Symphozik.info

Toutes ces œuvres évoquées sont à écouter ci-dessous :

Emission : L’odyssée
Présentation : Vanessa Fantinel

Programme musical

PALESTRINA GIOVANNI PIERLUIGI DA – Kyrie, extrait de Missa Ecce Sacerdo Magnus
Par Enrico Gatti dir. Ensemble Aurora

GLUCK CHRISTOPH WILLIBALD – Sonate en trio en Fa Majeur pour 2 violons et continuo – II. Allegro
Par David Plantier et Stéphanie Pfister, violons – Le Parlement de musique

LISZT FRANZ – Le Meunier et le ruisseau, pièce pour piano d’après le lied de Schubert
Par Roberto Giordano, piano

VON WEBER CARL MARIA – Euryanthe, ouverture pour orchestre
Par Christian Thielemann dir. Wiener philharmoniker

PAGANINI Niccolo – Variations sur une corde d’après un thème de Moïse en Egypte de Rossini
Par Edgar Moreau, violoncelle – Pierre-Yves Hodique, piano

BIZET GEORGES – Les Adieux de l’hôtesse arabe, mélodie pour mezzo-soprano et piano
Par Cécilia Bartoli, mezzo-soprano et Myung-Whun Chung, piano

VERDI GIUSEPPE – Rigoletto, prélude pour orchestre
Par Sir Edward Downes dir. BBC Philharmonic

FAURE GABRIEL – Les Djinns, pour chœur et orchestre, op.12
Par Ed Spanjaard dir. Limburg symphony orchestra, Maastricht

BEETHOVEN LUDWIG VAN – Symphonie Nr 8 en Fa Majeur op 93 – 4. Allegro vivace
Par Mariss Jansons dir Symphonieorchester Des Bayerischen Rundfunks

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