L'odyssée

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Un vent de scandale dans l’univers classique

Le scandale, l’offuscation, ou la censure est avant tout une affaire d’époque. Nous vous proposons de faire un tour, non exhaustif, des pièces qui, en leur temps, ont suscité les réactions d’incompréhension les plus vives, souvent à l’insu ou à la surprise de leur auteur.

Une thématique réalisée par Françoise Lecharlier

Les danses populaires espagnoles

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Fête musicale de Gabriel Matsu – 1659 © Getty

Au XVIIe siècle, beaucoup de danses populaires espagnoles comme la Sarabande, la Folía et la Chaconne étaient interdites, à cause de leur contenu poétique obscène et irrévérencieux. L’Inquisition d’Espagne jugeait qu’elles étaient capables d’émouvoir les Passions tendres, de dérober le Cœur par les Yeux et de troubler la Tranquillité de l’Esprit. Ce qui est étonnant, c’est qu’énormément de paroles, posées sur ces danses ont survécu au temps, et c’est plutôt la musique qui les accompagnait qui a été perdue. La soprano Raquel Andueza et le musicologue Álvaro Torrente ont décidé d’œuvrer à la reconstruction de ces danses et donc à la sauvegarde de ce patrimoine.

Bach, l’improvisateur provocateur

S’il est un compositeur qui semble loin de toute polémique, c’est bien Jean-Sébastien Bach. Et pourtant, dans sa jeunesse, il parvenait à créer le trouble par ses improvisations audacieuses pendant le service religieux. Quand il était en poste à Arnstadt, les pouvoirs locaux déploraient, " les nombreuses et curieuses variations dans ses chorals, mêlés d’accords étranges, qui embrouillent l’assemblée des fidèles ". Les temps changent, ce qui décontenançait à l’époque, aurait presque un côté rassurant aujourd’hui…

Strauss et Salomé, une renommée teintée de scandale

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Le banquet d’Hérode et la danse de Salomé, par Filippo Lippi, Italie, Prato, Duomo © Tous droits réservés

Certains compositeurs ont connu le succès grâce au scandale que leurs œuvres ont provoqué. C’est le cas de Richard Strauss, par exemple, relativement inconnu, jusqu’à ce qu’il présente au public son opéra Salomé, déroutant par sa musique, choquant par son sujet, c’est un opéra qui divisera les foules, la richesse (certains diront l’exubérance) de la musique, mais aussi la violence et la sensualité du livret, avec comme paroxysme, l’érotique Danse des sept voiles, sorte d’effeuillage progressif, que certaines chanteuses n’hésitaient pas à exécuter jusqu’à la nudité complète.

Le "Massacre" du Printemps de Stravinsky

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Décor pour le ballet "Le sacre du printemps" d’Igor Stravinsky (1882-1971). Œuvre de Nicolas (Nicholas) Roerich (1874-1947) © AFP

Nous sommes à Paris, au Théâtre des Champs-Elysées, le 29 mai 1913, et a priori, rien ne laisse présager le choc que va produire la nouvelle œuvre des Ballets Diaghilev, réalisée par Igor Stravinsky. Après tout, ils avaient déjà collaboré sur l’Oiseau de Feu et tout s’était bien passé.

Mais pour le Sacre du Printemps, ça a été tout à fait différent : au bout de quelques mesures à peine, la musique est inaudible tellement le public crie, siffle, hurle. En fait, c’est Diaghilev lui-même (et malgré lui), qui aurait créé ce formidable scandale. Par peur de la réaction du public, il avait engagé des gens dans la salle pour crier des "bravos !", mais ça a surtout encouragé les autres spectateurs à se défouler à leur tour. Et puis tout est parti à vau-l’eau : depuis les coulisses, le chorégraphe Nijinsky criait aux danseurs leurs mouvements, puisqu’ils n’entendaient même plus l’orchestre, Diaghilev, lui, allumait et éteignait frénétiquement la lumière de la salle pour tenter de calmer le tumulte, tandis que, pris de panique, Stravinsky quittait son fauteuil pour aller se réfugier dans les coulisses, dans la presse le lendemain, on parlera de "massacre du printemps"…

Le surréalisme du Ballet "Parade" de Satie

Quatre ans après le scandale du Sacre du Printemps, toujours à Paris, les Ballets russes de Diaghilev vont à nouveau frapper fort, en produisant cette fois le Ballet "Parade", fruit de la collaboration entre Erik Satie, Jean Cocteau, Pablo Picasso et Léonide Massine (pour la chorégraphie).

Le ballet, qui mélange allègrement sur scène cubisme, futurisme et music-hall, fera à nouveau scandale, et sera même à l’origine de la création d’un tout nouveau mot. Puisque c’est pour parler de ce ballet Parade que Guillaume Apollinaire inventera le mot "surréalisme".

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