L'odyssée

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Traversée de l’existence de Beethoven au travers de ses sonates pour piano

Beethoven, dont nous célébrons les 250 ans ce mercredi 16 décembre – faut-il encore le rappeler – aura écrit 32 sonates pour piano mais réparties sur toute sa vie. Parcourir ces 32 sonates, c’est une manière de se rendre compte de l’évolution de son écriture, de son audace aussi.

Les premières sonates pour Papa Haydn

Les premières Sonates de Beethoven sont encore très liées à la musique de Haydn (qui était son professeur et que Beethoven appelait "Papa Haydn"), il lui dédie d’ailleurs ses trois premières sonates, dans lesquelles il tente quand même déjà de petites nouveautés formelles, comme le fait de les prévoir en 4 mouvements, et pas en 3, comme il était d’usage jusqu’alors.

La Sonate "Pathétique", un pied dans le romantisme

En 1798, on n’est pas encore vraiment dans le romantisme, et pourtant, Beethoven va déjà annoncer ce courant avec sa 8e sonate pour piano, qu’on appelle aussi sa Sonate "Pathétique", parce qu’elle exprime la souffrance, et les sentiments avant tout, ce qui est déjà une idée très romantique…

Le pianiste et chef d’orchestre Hans von Bülow disait des Sonates pour piano de Beethoven qu’elles étaient le Nouveau Testament de la musique (le Clavier bien Tempéré de Bach étant l’Ancien Testament). C’est la vision de pianiste évidemment, mais quand même, on se rend compte, qu’au fur et à mesure qu’il en compose, il va franchir des caps. Un cap vers le romantisme mais aussi vers une dimension plus orchestrale de ses sonates : dans ses toutes dernières par exemple, certains effets pianistiques sonnent presque comme un autre instrument. Et en parlant d’autres instruments, saviez-vous que Beethoven lui-même avait transcrit sa Neuvième sonate pour quatuor à cordes ?

Briser les codes de la sonate

Beethoven aura décidément brisé les codes de la Sonate, tout spécifiquement d’ailleurs dans sa 13e du genre, qu’il intitule "quasi un fantasia", et c’est très révélateur de la liberté qu’il prend au niveau de l’écriture puisqu’il y mélange la structure (a priori rigide) d’une Sonate avec la Fantaisie, qui est presque une improvisation notée, on ne peut pas faire plus libre que ça.

Avec sa Sonate Appassionnata, Beethoven a passé le cap de la peur ou de la déception quant à sa surdité, il va désormais ne plus se formaliser de l’avis des gens autour de lui. Il compose comme il l’entend – enfin non, l’expression est mal choisie, mais vous voyez ce que l’on veut dire.

Ouvrir la voie à l’audace de centaines de musiciens

A la toute fin de sa vie, Beethoven va, formellement, complètement exploser le cadre de la sonate, et en fait, permettre à des centaines de compositeurs après lui de trouver de nouveaux langages grâce à ses audaces à lui. Sa toute dernière sonate sonne un peu comme un Testament. C’est très rare de terminer une Sonate par un mouvement lent, mais ici, Beethoven va développer en un thème et plusieurs variations un langage tantôt épuré, tantôt rythmique, tantôt polyphoniques, pour finalement s’envoler dans l’éther. En Sonate comme ailleurs, l’important, c’est de réussir sa sortie.

Et qu’écrire encore après ça… Plus rien, d’ailleurs ce sera la dernière Sonate pour piano de Beethoven, la 32e. Les Sonates pour piano de Beethoven qui sont à retrouver ce soir à 20h dans notre séquence concert sur Musiq3, Pierre Solot vous y présentera un extrait du concert donné cet été dans le cadre du Festival de la Roque d’Anthéron. 5 sonates, jouées par 4 pianistes différents : Nicholas Angelich, Jean-Efflam Bavouzet, Yiheng Wang et Emmanuel Strosser.

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