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Qui était Saint-Paul de Tarse, "L’apôtre des Gentils" ? Evocation en musique

Vincent Delbushaye et Chantal Zuinen vous proposent de retracer le parcours de Saint-Paul de Tarse, considéré comme le deuxième fondateur du christianisme (après Jésus Christ bien sûr).

Saint-Paul de Tarse faisait partie de l’élite intellectuelle de son temps. Il faut dire que cet homme, né à Tarse, dans l’actuelle Turquie, avait un savoir immense et parlait couramment araméen et grec. Paulos chez les grecs, Paulus chez les Romains, Paul est en fait la version latinisée de Saul, on a juste changé la première lettre de son prénom.

Saul, chez les juifs, est donc l’équivalent de Paul chez les chrétiens. Et pourtant, Paul de Tarse a, dans un premier temps, persécuté les premiers chrétiens. Il les pourchassait pour les jeter en prison.

Mais tout change lorsqu’il se rend à Damas et reçoit l’illumination en chemin. Au sens premier du terme d’abord puisqu’il dit avoir été frappé, aveuglé même, par une grande lumière, qu’il aurait entendu une voix, celle de Jésus, lui demander d’arrêter de persécuter les chrétiens. Paul, aveuglé, n’aurait recommencé à retrouver l’usage de la vue qu’une fois son fusil changé d’épaule. D’où l’expression aujourd’hui "Trouver son chemin de Damas" qui signifie "Trouver sa voie", renoncer à ses anciennes idées et en adopter de nouvelles que l’on va défendre passionnément.

Cela se passe quatre ou cinq ans après la crucifixion et désormais, Paul de Tarse va consacrer sa vie à témoigner de sa foi un peu partout et à convertir ses contemporains.

Paul de Tarse, qui deviendra Saint-Paul après être canonisé, va donc se donner pour mission de convertir ses contemporains. Mais à ce moment-là, le monde n’est pas encore prêt à l’écouter. Il va se faire beaucoup d’ennemis à Jérusalem. On finit même par le renvoyer dans sa ville natale, à Tarse. C’est là qu’il va commencer à convertir les non-juifs. Il est le premier à le faire. Les non-juifs qu’on appelle dans la Bible les "Gentils". Voilà pourquoi on appelle aussi Saint-Paul, l’apôtre des Gentils.

Paul n’est pas le seul prédicateur de cette époque-là, d’autres le font aussi, d’autres qui comptaient parmi les apôtres de Jésus, à l’inverse de Paul de Tarse, qui lui, ne l’a jamais rencontré – si l’on excepte son Illumination sur la route de Damas.

On va donc voir fleurir un peu partout des communautés de croyants qu’on va appeler des "églises" (ekklesia en Grec, qui veut dire "assemblée). Et à plusieurs de ces "églises", Saint-Paul va écrire des lettres, des lettres qu’on retrouve dans le Nouveau Testament d’ailleurs, vous avez peut-être déjà entendu les "Epitres de Saint-Paul" (à ne pas confondre avec les épaules de Saint-Pitre), adressés à telle ou telle communauté.

C’est aussi Saint-Paul qui va marquer la rupture entre le christianisme et le judaïsme. Désormais, pour devenir chrétien, il ne suffira que d’une chose : se faire baptiser. Paul évacue la circoncision, mais aussi quelques interdits alimentaires, nombreux dans le judaïsme, il considère aussi le célibat comme un idéal, lui qui est resté célibataire toute sa vie. L’idée de se démarquer du rituel juif, c’est de fonder une religion véritablement nouvelle et ouverte à tous les hommes, une sorte de vocation à l’universalité.

Après avoir un temps lui-même persécuté les chrétiens, Saint-Paul connaîtra lui aussi la persécution, et même le martyre, lors des expéditions punitives ordonnées par l’empereur Néron après l’incendie de Rome. A l’endroit de son martyre s’élève aujourd’hui la basilique de Saint-Paul hors les murs. Les papes se sont d’ailleurs pendant quelques siècles présentés comme étant les "successeurs de Pierre et Paul", même si les papes modernes ne font plus référence qu’au premier aujourd’hui.