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Napoléon Bonaparte, une évocation musicale à l’occasion du bicentenaire de son décès

Les yeux plantés dans l’horizon, la main dans son gilet, il est là, il nous attend. C’est Napoléon, qui va être au centre des œuvres musicales qui vont suivre. Napoléon Bonaparte dont on commémore ce mercredi 5 mai le bicentenaire de sa disparition.

Marche Triomphale

Il y a cent ans, en 1921, on commémorait donc le centenaire de sa disparition. Il y avait eu un peu partout en France des cérémonies, et notamment en la Cathédrale Notre-Dame de Paris, où son organiste attitré, Louis Vierne, avait fait jouer sa Marche Triomphale du Centenaire de Napoléon, composée en 1921. Vierne se souviendra surtout du mal qu’il avait eu à faire tenir l’ensemble de cuivres et les percussions, tout en haut, près du grand orgue, dans une Eglise pleine à craquer.

À l’occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte, La Première vous propose un podcast inédit : "Napoléon, le Crépuscule de l’Aigle", réalisé par Franck Istasse et Pierre Devalet.

Cette Marche Triomphale, Napoléon n’a pas pu l’entendre, forcément, il était mort depuis 100 ans, par contre, l’œuvre qui suit, il l’a entendue, puisqu’elle a été jouée à l’occasion de son sacre, c’était aussi en la Cathédrale Notre-Dame de Paris, mais en 1804, une messe spécialement composée pour l’occasion par son musicien préféré, Jean-François Lesueur.

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Et voilà donc ce qu’a entendu, entre autres, Napoléon Ier lors de son sacre en la cathédrale Notre-Dame de Paris, c’était en 1804. L’œuvre qui suit a été composée pour l’anniversaire de Napoléon, c’était en 1807, et c’est Niccolo Paganini qui signe cette Sonate Napoléon qui présente quand même une sacrée particularité. C’est que la partie de violon n’est jouée que sur une seule corde ! A la lumière de cette information, nous vous laissons mesurer toute la virtuosité de son interprète.

Napoléon à La Scala

Napoléon mènera deux campagnes guerrières en Italie, l’une en tant que général en chef de l’armée d’Italie et la seconde en tant que Premier Consul – et la vie de campagne peut surprendre.

On l’imagine du matin au soir sur son cheval à arpenter les champs de bataille ou à étudier les plans d’un futur assaut, mais non, lors de ses campagnes italiennes, il a le temps de fréquenter la Scala de Milan et d’y découvrir l’opéra italien, plus spécifiquement celui de Giovanni Paisiello qui deviendra carrément son compositeur favori. Il le fera venir, d’ailleurs, de Naples à Paris en 1802 pour le nommer maître de chapelle des Tuileries. C’est lui qui fera de ce lieu le centre de la vie musicale en France, à cette époque-là, en tout cas dans le domaine de la musique religieuse.

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Le fait que Giovanni Paisiello soit le petit chouchou de Napoléon ne plaisait pas à tout le monde. Plusieurs compositeurs français, dont Etienne Nicolas Méhul et Jean-François Lesueur mèneront tellement la vie dure à Paisiello qu’il préférera retourner dans son pays pour leur laisser la place.

À partir de ce moment-là, ce sera désormais Jean-François Lesueur qui deviendra le compositeur officiel de Napoléon, et qui signe là un magnifique retour par la grande porte, quelques années après avoir été révoqué de son poste de maître de chapelle à Notre-Dame de Paris. Pourtant, on ne parle plus trop de Jean-François Lesueur aujourd’hui, si ce n’est pour dire qu’il était le professeur de Berlioz. Mais au faîte de sa carrière, et donc dans les jupes de Napoléon, Lesueur aura pas mal composé, et notamment pour son couronnement, en 1804.

Napoléon, source d’admiration et d’inspiration pour certains compositeurs

Certains compositeurs ont consacré plusieurs de leurs œuvres à Napoléon et l’idéal romantique de liberté qu’il a pu représenter à un moment de son histoire : Hector Berlioz a 12 ans en 1815, et son père lui raconte souvent les tribulations de Napoléon, ce qui ne manquera pas de nourrir son idéal romantique, il se reconnaît dans le caractère qu’avait l’Empereur, dans ses réussites, ses échecs et même ses amours, Berlioz sera toute sa vie un bonapartiste convaincu, partisan successif de Napoléon Ier puis, de Napoléon III. En 1816, un an après l’exil de l’empereur à Sainte-Hélène, Berlioz compose ses premières mélodies dont cette petite Romance, qu’il réutilisera dans sa Symphonie fantastique.

Parmi les musiciens partisans de Napoléon, on a un temps pu compter Beethoven, qui était totalement séduit par l’idéal de la Révolution : la liberté pour tous, l’égalité des droits des citoyens, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Tout ça était incarné par Napoléon (en tout cas dans un premier temps).

Beethoven rêve de venir composer à Paris, la ville des idéaux de la Liberté, et la ville de Bonaparte, évidemment. Il va donc tenter de se faire remarquer, en dédiant par exemple une Sonate pour violon et piano au violoniste Rodolphe Kreutzer, qui était un musicien proche de Bonaparte. Mais ce ne sera pas suffisant pour attiser l’intérêt de Napoléon. La suite, on la connaît : Beethoven va imaginer quelque chose de plus grandiose encore, une symphonie, la fameuse Symphonie héroïque, qu’il veut dédicacer à l’homme qu’il admire. Mais quand il l’achève en 1804, le profil de son idole (autoproclamée consul entre-temps) a un tout petit peu changé, et il ne pourra plus dédier sa symphonie qu’à la mémoire de cet homme, et à l’idéal qu’il représentait.

Napoléon fait son cinéma

En 1955, Sacha Guitry réalise un film biographique sur Napoléon, une grande fresque de plus de trois heures, dans laquelle on retrouve des acteurs encore tout jeunes comme Jean Gabin, Daniel Gélin, Danielle Darrieux, Michèle Morgan mais aussi Serge Reggiani, Yves Montand ou Pierre Brasseur pour n’en citer que quelques-uns. La musique était signée Jean-Francaix.

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L’œuvre qui suit ne fait pas référence à Napoléon Bonaparte mais plutôt à Napoléon III. Elle a été créée par Giacchino Rossini à l’occasion de l’exposition universelle de 1867 à Paris. Une œuvre un rien frotte-manche qui s’intitule "Hymne à Napoléon III et à son vaillant peuple".

Retour au cinéma, encore plus tôt, nous sommes en 1927 quand sort le film Napoléon, vu par Abel Gance. Il fallait avoir le temps, le film faisait 5h30. La musique, elle, était signée Arthur Honegger. On ne va pas écouter les 5h30 de musique mais juste un petit extrait : la Danse des enfants et le Finale.

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