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Napoléon Bonaparte et la musique, une histoire d’amour ?

En cette année 2021, nous commémorons le bicentenaire du décès de Napoléon Bonaparte, militaire et homme d’Etat qui marqua l’histoire par ses nombreuses conquêtes, ses victoires mais aussi ses coups d’Etats, devenant tour à tour Premier Consul, Consul à vie et enfin Premier Empereur des Français (autoproclamé). A cette occasion, nous vous proposons de nous intéresser à la relation qu’entretient Napoléon avec la musique. Aimait-il la musique ?

Napoléon Bonaparte n’aimait pas la musique

Napoléon a toujours eu la réputation de ne pas aimer la musique mais c’est totalement faux, comme nous l’explique Thierry Lentz, grand spécialiste de Napoléon et directeur de la Fondation Napoléon. Que ce soit en campagne ou bien en tant qu’Empereur, Napoléon Bonaparte a toujours démontré d’un grand intérêt pour la musique, tant pour elle-même que pour son pouvoir de propagande et de glorification de son règne.

Napoléon fréquente les cercles politiques mais il se rend aussi au théâtre, à l’opéra et il organise régulièrement aux Tuileries des soirées musicales. Napoléon a d’ailleurs lui-même étudié la musique, à l’école militaire de Brienne. Si plusieurs témoignages de l’époque rapportent que Napoléon chante affreusement faux, que sa voix est criarde, cela n’empêche que Napoléon ne peut pas se passer de musique.

En tant qu’Empereur, il a tout de même réorganisé l’ensemble des institutions musicales parisiennes et ensuite françaises. Il faut également savoir que tout le monde jouait de la musique dans l’entourage de Napoléon. Et si nous savons qu’il n’avait pas l’oreille musicale et qu’il chantait terriblement faux, cela ne veut pas dire qu’il n’aimait pas la musique. Au contraire, nous savons qu’il aimait par-dessus tout l’opéra italien. Il a même fait venir l’un de ses compositeurs favoris, Giovanni Paisiello, de Naples à Paris, afin qu’il devienne le grand compositeur de l’Empereur. Une entreprise qui a néanmoins échoué, les œuvres de Paisiello n’ayant pas plus au public parisien.

La musique est l’âme de l’amour, la douceur de la vie, la consolation des peines et la compagne de l’innocence.

Napoléon Bonaparte.

La musique a rythmé la vie et la carrière de Napoléon

La musique a toujours eu une importance politique, la Révolution va évidemment s’en servir, à la fois pour animer ses fêtes mais aussi pour éduquer les populations, au travers des chansonnettes qui se mettent à circuler et des chants patriotiques. La musique est véritablement un vecteur de propagande. Et cette dimension de la musique n’a évidemment pas échappé à Napoléon, qui apportera tout son soutien à l’Opéra de Paris, appelé depuis 1804 et le Sacre de l’Empereur l'"Académie Impériale de Musique" et qui verra dans les opéras joués une belle manière de glorifier son règne.

Il est vrai que la musique a accompagné la carrière militaire de Napoléon, de sa Corse natale où il entend des chants révolutionnaires à Sainte-Hélène et à son enterrement à Paris sur fond du Requiem de Mozart, la musique occupe une place importante de la vie et le cœur du Premier Empereur de France.

Durant ses deux campagnes d’Italie – la première en tant que général en chef de l’armée d’Italie et la seconde en tant que Premier Consul – Napoléon fréquente La Scala et découvre l’opéra italien, qu’il admire particulièrement. Lors de sa deuxième campagne, il se laisse même séduire par la Prima Donna de La Scala, Giuseppina Grassini, avec laquelle il entretient pendant quelque temps une relation.

En 1801, une troupe italienne s’installe de manière permanente à Paris et y joue des opéras exclusivement en italien. C’est l’un des théâtres lyriques parisiens qu’affectionne le plus Napoléon, lui qui voue un culte à l’opéra italien. Durant la période du Consulat, l’aura de Napoléon brille dans toute l’Europe. Il devient pour beaucoup l’incarnation des idéaux de la Révolution. Un certain Beethoven lui dédiera sa troisième Symphonie, intitulée Eroïca. Une dédicace que le compositeur reniera lorsque le Premier Consul est proclamé empereur en 1804. Le 2 décembre 1804, Napoléon, accompagné de son épouse Joséphine, est sacré Empereur des Français devant le papa Pie VII, dans une cathédrale de Notre-Dame de Paris retentissante du Te Deum de Paisiello.

Et sous l’Empire, Napoléon continuera d’asseoir son pouvoir et utilisera la musique officielle et l’opéra pour glorifier son pouvoir. Napoléon porte un regard et un contrôle sur tout ce qui se donne à Paris : "J’entends qu’aucun opéra ne soit donné sans mon ordre", ou "Vous ne devez mettre aucune pièce nouvelle à l’étude sans mon consentement" peut-on lire dans des lettres de Napoléon* adressées à Auguste Laurent de Rémusat, qui fut le surintendant des théâtres impériaux.

(*Lettre de Napoléon à Monsieur de Rémusat, 8 février 1810. Cité par Louis-Henry LECOMTE, Napoléon et le monde dramatique, Paris.)

Napoléon contrôle donc personnellement la programmation de l’Académie impériale de Musique, qui a le monopole des œuvres jouées en français, et qui privilégiait les sujets antiques et historiques, qui permettaient de louer la gloire de l’Empereur.

A ce sujet, nous vous recommandons la lecture du travail de David Chaillou, "À la gloire de l’Empereur : l’opéra de Paris sous Napoléon Ier", qui révèle tout une série de compositeurs et créateurs qui ont brillé sous l’Empire, Spontini, Le Sueur, Kreutzer, Cherubini, Méhul.

En cette année 2021, de nombreuses commémorations sont organisées pour mettre en valeur la vie et la carrière de Napoléon Bonaparte. Une grande exposition intitulée "Napoléon, au-delà du mythe", prendra ses quartiers à la gare de Liège-Guillemin à partir du 3 avril 2021

Thierry Lentz nous parle du lien qui unit Napoléon à la musique

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