L'odyssée

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Musique et peinture, une histoire de gammes, de tons, de couleurs, de touches et de tableaux

Nous le savons, il existe de nombreuses similitudes entre la musique et la peinture, les deux disciplines partage un vocabulaire commun, on parle de gammes, de tons, de couleur, de touche, de tableaux parfois. Dans L’odyssée, on s’intéresse aux œuvres musicales qui font justement référence à des tableaux célèbres. Préparez-vous à une visite particulière d’un musée pictural et musical.

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Une thématique réalisée par Chantale Zuinen.

Edouard Manet, Le déjeuner sur l’herbe

"Le Déjeuner sur l’herbe" de Manet, qui à voir au Musée d’Orsay à Paris, est au cœur d’une chanson de Claude Nougaro sortie en 2000, une chanson qui rend hommage à toute la peinture française du XIXe siècle, puisqu’il y cite aussi Renoir et Toulouse-Lautrec. Rien ne lui échappe dans cette peinture de Manet en tout cas, pas même le discret petit oiseau qui s’envole dans le cadre supérieur de la toile…

Retable d’Issenheim de Matthias Grünewald

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Retable d’Issenheim © Tous droits réservés

On va quitter l’univers calme et apaisé de ce Déjeuner sur l’herbe, pour intégrer un temps l’univers plus torturé du peintre Matthias Grünewald. Nous sommes vers les XVe – XVIe siècles, en plein climat répressif de la Réforme.

Le compositeur allemand Paul Hindemith, qui, lui, est plutôt du XXe siècle trouve dans le parcours de ce peintre un écho à son propre destin, puisque lui aussi se sent persécuté par les autorités, les autorités nazies en l’occurrence. Du coup, Hindemith va consacrer à ce Matthias Grünewald un opéra, nommé Mathis der Maler (Mathis le peintre), et concentré sur son chef-d’œuvre, le Retable d’Issenheim. Si l’opéra n’est plus très souvent joué aujourd’hui, on entend plus souvent la Symphonie en 3 mouvements qu’il a tirée de cet opéra, elle est plus régulièrement jouée, mais c’est aussi parce qu’elle est plus accessible au grand public.

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L’œuvre de Francisco Goya

Cap sur l’Espagne à présent et sur l’œuvre la plus emblématique du compositeur Enrique Granados, ses Goyescas pour piano, directement inspirées de l’œuvre de Francisco Goya. Granados disait : "Je suis tombé amoureux de la psychologie de Goya et de sa palette… de cette blancheur rosée des joues qui contraste avec la dentelle et le velours noir de jais".

Alors, toutes les Goyescas de Granados ne peuvent pas être directement liées à une œuvre précise, mais certains parallèles peuvent quand même être faits : par exemple, face aux Caprichos de Goya, une série de gravures qui se moquent de la société espagnole de la fin du XVIIIe siècle, surtout de la noblesse et du clergé, Granados compose, lui, ces "Requiebros", c’est-à-dire ses "Flatteries".

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La Joconde de Leonard de Vinci

Vous êtes-vous jamais demandé ce que devait penser la Joconde, face à la foule quotidienne de visiteurs qui se pressent contre elle et qui doivent l’inonder de commentaires futiles. Est-ce qu’elle les entend ? Barbara a peut-être un élément de réponse…

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La Nuit étoilée de Vincent Van Gogh

En 1889, alors qu’il réside à l’asile du monastère Saint-Paul-de-Mausole, en Provence, Vincent Van Gogh va peindre sa "Nuit étoilée", un ciel illuminé par des étoiles flamboyantes qui semblent virevolter, le compositeur Henri Dutilleux est parvenu, en musique, à retranscrire "l’effet de tournoiement quasi cosmique qui s’en dégage", dans sa pièce symphonique intitulée "Timbres, espace, mouvement".

Dimanche après-midi à la Grande Jatte de Georges Seurat

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Dimanche après-midi à la Grande Jatte de Georges Seurat (1884-1886) – Art Institute of Chicago © Tous droits réservés

On change de peintre et de style avec le pointilliste Georges Seurat, peut-être connaissez-vous son "Dimanche après-midi à la Grande Jatte", une toile dans laquelle personne ne semble se regarder ou croiser le regard de quelqu’un d’autre. Et c’est en se questionnant sur les regards de ces personnages que Stephen Sondheim va créer en 1984 une comédie musicale, "Sunday in the Park with George", qui raconte l’histoire (fictive) de l’arrière-petit-fils du peintre.

Barbra Streisand dans "Move On", extrait de la comédie musicale "Sunday in the Park with George" de Stephen Sondheim, et qui rendait hommage à l’univers du peintre Georges Seurat.

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L’Île des Morts d’Arnold Böcklin

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L’île des morts de Arnold Böcklin, Cinquième version, 1886. Musée des Beaux-Arts de Leipzig © Tous droits réservés

Imaginez à présent une île au coucher du soleil, vers laquelle se dirige une petite barque conduite par un passeur. À ses côtés dans le bateau, un défunt debout dans son linceul, regarde vers la crique vers laquelle se dirige le bateau. Sur l’île, il y a une cour dans l’ombre, des rochers escarpés et de hauts cyprès qui dégagent une atmosphère de solitude et d’oppression. Vous vous trouvez devant l’Île des Morts, peinte par le peintre suisse Arnold Böcklin. Il n’a donné aucune explication, aucune grille de lecture pour cette peinture, si ce n’est qu’elle devait produire une telle immobilité que l’on serait impressionné par un coup frappé à la porte. A vrai dire, l’œuvre a fait bien plus que ça, puisqu’elle inspirera à Dali l’une de ses toiles, à Scorsese le décor de son "Shutter Island" et à Rachmaninov un angoissant poème symphonique, qui retranscrit à merveille la traversée effrayante de cette barque mystérieuse…

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