L'odyssée

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Les faunes, créatures mythologiques et sources d’inspirations des compositeurs

La mythologie, qu'elle soit romaine, grecque ou encore nordique, a été et est encore une source inépuisable pour les compositeurs de musique classique. Vincent Delbushaye et Chantal Zuinen, dans L’odyssée, vous proposent de s’intéresser à l’une des créatures mythologiques qui en a inspiré plus d’un, à savoir le faune.

Une émission à écouter ci-dessous

Les faunes sont ces créatures de la mythologie romaine, passés pour être les fils du roi Faunus, roi du Latium et descendant du dieu Saturne. On les reconnaît de loin, puisqu’ils ont les oreilles pointues, de petites cornes sur la tête et les pieds en sabot. Leur occupation principale ? Poursuivre les nymphes à travers les campagnes ou les charmer au son de leur flûte. Mi-hommes, mi-animaux, ils se situent à la frontière entre les mondes civilisé et sauvage, c’est peut-être pour ça qu’ils ne peuvent pas s’empêcher de courir après tout le monde. Dans les arts, les faunes symbolisaient ce qu’on appelle le "paganisme joyeux", qui permettait de réaliser des scènes audacieuses sous couvert de références à la mythologie antique.

Pan et Syrinx

Syrinx est le nom de la nymphe poursuivie par le dieu Pan, dieu de la mythologie grecque, dont les caractéristiques physiques, mi-homme, mi-bouc, rappellent celles des faunes et de leurs équivalents dans la mythologie grecque, les satyres. L’histoire est assez triste, puisque la pauvre Syrinx a dû se métamorphoser en roseau pour échapper à Pan, et que le vent, faisant chanter ce roseau a donné cette idée à Pan de découper ce roseau en 7 parties, de longueur inégale, qui une fois attachées, ont donné la flûte de Pan, sans qu’il sache jamais le sort qu’il venait de réserver à la pauvre Syrinx…

Pour les Grecs, Pan était dieu de la nature entière, des bergers et des troupeaux, toujours riant et de bonne humeur. La nuit, pour s’amuser, il apparaissait brusquement auprès des gens ou des animaux, juste pour leur faire peur. D’ailleurs le mot "panique", vient de là : c’est une peur soudaine et irraisonnée, provoquée donc initialement par les apparitions subites du Dieu Pan. Cette figure mythologique inspirera de nombreux compositeurs, tels que Debussy, Michel Pignolet de Montéclair, mais également Benjamin Britten (Pan n°1), Mahler, Nielsen ou encore Roussel.

Un Prélude à l’après-midi d’un faune

Pan est le faune le plus célèbre, mais il n’est pas le seul : chez Gabriel Pierné, le faune s’appelle Styrax, et celle qu’il courtise (plutôt que véritablement la poursuivre) s’appelle Cydalise. L’histoire se passe dans les Jardins du Château de Versailles, du temps de Louis XIV, et ce qui s’avère au final être une belle histoire d’amour s’appelle "Cydalise et le Chèvre-Pied", le chèvre-pied étant l’autre nom du faune, créature mi-humaine, mi-animale et dont les deux occupations principales sont la musique et la drague.

Est-ce que vous vous souvenez de ces petits faunes dans le Fantasia de Disney, qui jouaient avec des petites licornes ? Images à jamais liées à la Symphonie Pastorale de Beethoven qui accompagnait cette scène…

Et il était difficile de consacrer une thématique aux faunes ou aux satyres à travers la musique sans passer par la case Debussy. Son Prélude à l’Après-midi d’un faune est une très libre illustration du poème de Stéphane Mallarmé. La musique ne résume pas le poème, dira Debussy, mais elle tente de suggérer les différentes atmosphères qu’on y trouve : celle d’un Faune qui, fatigué de courir après les Nymphes, se repose par une brûlante après-midi…