L'odyssée

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Les compositeurs, ces poètes du son : évocation musicale de la figure du poète

Et si on s’intéressait à la figure du poète, traduite en musique par bon nombre de compositeurs, pour la plupart romantiques ? Les compositeurs romantiques sont ceux qui se sentaient les plus proches des poètes. À tel point que, dans leurs œuvres, on peut considérer que les compositeurs se mettaient eux-mêmes en musique, et les poètes auxquels ils faisaient référence, c’étaient eux tout simplement.

Miroirs musicaux et poètes des sons

Que serait le poète sans sa muse ? Pas grand-chose… Tout ça nous ramène à Dieppe, en 1907, quand une certaine Madame Caruette, fan absolue de Camille Saint-Saëns, avait décidé de faire ériger une statue à l’effigie de son compositeur favori. À l’époque, la loi interdisait strictement d’ériger des statues aux personnes vivantes. Mais elle l’a fait en dépit des règles et Saint-Saëns en a d’ailleurs profité pour ne pas faire de discours, puisqu’il devait être mort pour que sa propre statue soit érigée. Quand son admiratrice est morte deux ans plus tard, Saint-Saëns lui a quand même dédié un Trio avec piano, intitulé "La Muse et le Poète". Le piano a été remplacé par un orchestre mais la muse et le poète, à savoir le violon et le violoncelle, sont toujours là…

Dans son cycle "Dichterliebe" ou "Les amours du poète", Robert Schumann met en musique les textes du poète allemand Heinrich Heine. Mais comme ces dichterlieber ont été composés par Schumann en 1840, année du mariage entre Robert et Clara, on imagine sans peine que Schumann a dû se reconnaître dans cet amour-là et s’identifier, bien sûr, au poète en question.

On trouve parfois la poésie là où on ne l’attend pas : Franz von Suppé était l’un des pionniers de l’opérette viennoise. Et dans son opérette "Poète et Paysan", il place la poésie au beau milieu d’une affaire d’héritage, chez un riche propriétaire à la campagne. L’opérette ne se maintient au répertoire des concerts aujourd’hui que par son Ouverture.

Quand un fantôme obsède un poète, cela donne une conversation lyrique entre la forme spectrale et le poète, composée par Jules Massenet et interprétée par la soprano Sandrine Piau. Elle chante les deux voix, celle du poète et celle du fantôme qui l’obsède. "Qui donc es-tu, forme légère ?" demande le poète. "Je suis l’ombre de tes amours, je suis le spectre de tes larmes, je suis l’âme de tes sourires, ami, je suis ton souvenir…"

La mort du poète

Un poète qui meurt, si c’est un vrai poète, tente de donner à ses derniers instants quelque chose de poétique aussi, faisant rimer son "dernier soupir". On écoute le "Poète mourant" de Louis-Moreau Gottschalk.

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