L'odyssée

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L'Opéra de Paris fête ses 350 ans

L’Opéra de Paris est une institution de premier ordre dans le monde de la musique classique et du ballet. En cette année 2019, cette grande institution fête son trois cent cinquantième anniversaire. L’occasion de retracer les grandes lignes de son histoire, et de pointer les grandes œuvres qui ont accompagné son évolution.

L’Académie Royale de Musique

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L'Opéra de Paris fête ses 350 ans © Tous droits réservés

Tout a commencé en 1669, quand est fondée l’Académie Royale de Musique, qu’on appellera aussi "l’Académie d’Opéra", ou simplement "l’Opéra". Cette Académie de l’Opéra, fondée à l’initiative de l’intendant des finances du roi, Jean-Baptiste Colbert, a pour mission de promouvoir l’opéra français auprès du public, non seulement à Paris mais aussi dans d’autres villes du royaume. On retrouve à la tête de cette grande institution le prince de la musique française de l’époque : Jean-Baptiste Lully. Dans l’émission ci-dessous, vous pourrez écouter Le Concert des Nations et Jordi Savall dans la Marche des Combattants, extraite de l’opéra Alceste de Jean-Baptiste Lully.

L’Opéra de Paris, témoin de grandes pages musicales de l’Histoire

L’Académie Royale de Musique, qui deviendra l’opéra de Paris, va accueillir énormément de compositeurs et être le témoin de grandes pages musicales.

Jean-Philippe Rameau

Lorsqu’il fait ses débuts à l’Académie Royale de Musique, Jean-Philippe Rameau a 50 ans et pas encore énormément d’œuvres derrière lui. Et quels débuts ! Avec son opéra Hippolyte et Aricie, Rameau va frapper très fort : on dira lors de la première qu’il y avait "assez de musique dans cet opéra pour en écrire dix !". Une observation qui s’avérait assez juste, puisque Rameau composera plus tard encore douze autres opéras pour la même institution. Profitez du Trio des Parques, extrait de l’opéra Hippolyte et Aricie de Jean-Philippe Rameau, avec les ténors Jean-Louis Meunier et Jacques-François Loiseleur des Longchamps et le baryton Jérôme Varnier accompagnés par les Musiciens du Louvre emmenés par Mark Minkowski.

Christoph Willibald Gluck

Dans l’histoire de l’opéra, il y aura un avant et un après Gluck. Le compositeur allemand est à l’origine d’une immense réforme de l’opéra. Il écrira

Je me suis efforcé de ramener la musique à son véritable rôle, qui est de servir le déroulement de l’intrigue, sans l’étouffer sous une prolifération d’ornements inutiles.

Il l’annonce clairement : il va mettre fin aux intrigues de pacotille et au règne des interprètes capricieux et tout-puissants.

Luigi Cherubini

Une génération après Gluck, un autre compositeur va marquer de son empreinte l’Académie Royale de musique, Luigi Cherubini. En 1813, il composera son opéra intitulé "Les Abencérages".
Les Abencérages, c’est cette tribu arabe qui a fait la splendeur de la ville de Grenade, du moins jusqu’à ce que la ville soit reconquise par les Rois catholiques au XVe siècle. Une peuplade mise au cœur d’un opéra de Luigi Cherubini.

Paris au XIXe siècle, le paradis pour les compositeurs d’opéras

Au XIXe siècle, Paris était vraiment l’endroit où tout compositeur devait se rendre pour exister dans le milieu de l’opéra. C’est le chemin que fera Gioacchino Rossini, qui était déjà une star en Italie, mais qui va conquérir le cœur de Paris avec ses derniers opéras. Parmi eux, Moïse Et Pharaon, créé à l’Opéra de Paris en 1827.

Quand on pense à La Muette de Portici, de François-Esprit Auber, et particulièrement en Belgique, nous pensons évidemment en premier lieu au sentiment patriotique qu’il a déchaîné, aux émeutes bruxelloises et à la création de notre beau pays. Mais l’opéra avait déjà été créé deux ans plus tôt à Paris. Et comme le dit Vincent Delbushaye : "Ah, elle ne date pas d’hier, cette manie qu’ont les Français de toujours tout faire avant nous…"

Une histoire de belles collaborations

L’Histoire de l’Opéra de Paris est aussi faite de belles collaborations. Après tout, l’opéra n’est jamais la production d’un seul homme. Il y a le compositeur bien sûr, mais aussi le librettiste, garant de l’histoire qui est racontée. Parmi les librettistes, il y avait Eugène Scribe - au nom prédestiné pour un librettiste – Scribe qui signe d’ailleurs le livret de La Muette de Portici. Mais sa plus grande collaboration, elle sera avec Giacomo Meyerbeer. Pour l’Opéra de Paris, ils créeront ensemble Robert Le Diable, ou, quand le fils de Satan tombe amoureux d’une princesse…

Giuseppe Verdi a toujours eu avec l’opéra de Paris une relation ambiguë. Il a toujours répondu présent quand on lui a commandé des œuvres, mais il n’a jamais cessé de critiquer toutes les exigences de ce milieu, qu’il appelait lui-même la Grande Boutique.

Après avoir évoqué les compositeurs et les librettistes, on va évoquer un troisième corps de métier, indissociable des deux autres pour faire un bon opéra, c’est celui de chorégraphe. Serge Lifar liera son destin à celui de l’Opéra de Paris en signant la chorégraphie des Créatures de Prométhée, seul et unique ballet de Beethoven. Le livret a été perdu, la chorégraphie, aussi, j’imagine. Ne subsiste aujourd’hui que la musique…

Emission : L’odyssée
Présentation : Vincent Delbushaye

Programme musical

LULLY JEAN-BAPTISTE – Extraits de ALCESTE SUITE POUR ORCHESTRE N°3
JORDI SAVALL – LE CONCERT DES NATIONS

RAMEAU JEAN-PHILIPPE – Hippolyte et Aricie – Act II Scene V "Trio des Parques"
Jean-Louis Meunier, ténor, Jacques-François Loiseleur des Longchamps, ténor, Jérôme Varnier, baryton, Les Musiciens du Louvre, Marc Minkowski

GLUCK CHRISTOPH WILLIBALD – Danse des ombres heureuses, pour flûte et orchestre, d’après Orphée et Eurydice
Karlheinz Zoeller, flûte – Berliner Philharmoniker, Herbert von Karajan

CHERUBINI LUIGI – Les Abencérages ou l’étendard de Grenade, ouverture pour orchestre
Neville Marriner dir. Academy of St Martin-in-the-fields

MARTINU BOHUSLAV – Variations sur un thème de Rossini pour violoncelle et piano, H.290 (1942)
Michal Kanka, violoncelle et Jaromir Klepac, piano

AUBER DANIEL-FRANCOIS-ESPRIT – Voyez du haut de ces rivages, air pour basse et orchestre, extrait de La Muette de Portici
Wilfried Van Den Brande, basse, Hans Rotman dir. Nürnberger symphoniker

MEYERBEER GIACOMO – Robert le Diable, Act 3 : Ballet des Nonnes
Micha¿ Nesterowicz – Barcelona Symphony Orchestra

VERDI GIUSEPPE – Rigoletto, pot-pourri pour hautbois et piano
Paolo Pollastri, hautbois – Michele Innocenti, piano

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