L'odyssée

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L’Histoire de la sérénade, ça se raconte en musique

Chanter la sérénade, le symbole même du romantisme. Mais quelle est l’histoire de cette pièce de musique ? C’est ce que Vincent Delbushaye nous propose de découvrir.

Une thématique proposée par Françoise Lecharlier.

Musique de séduction

Par sérénade, on entend une pièce de musique dédiée à un événement ou à une personne, souvent à une femme, il faut le dire, et jouée le soir. D’où le nom de "sérénade". Initialement, la sérénade est plutôt destinée à séduire. Au Moyen-Age et à la Renaissance, c’est vraiment dans ce sens-là qu’on les composait, elles décrivaient souvent les passions des chevaliers amoureux. En voici un exemple, tiré du répertoire du plus connu des trouvères du Moyen-Âge, "Je muir d’amourette", une sérénade signée Adam de la Halle.

La serenata de l’époque baroque, la sérénade de noces

A l’époque baroque, on appelle la sérénade plutôt "Serenata", et elle désigne cette fois un morceau joué en extérieur, le soir toujours, et comme elle était jouée en extérieur, elle permettait parfois l’utilisation d’instruments insolites en intérieur, comme la trompette, le cor ou les tambours.

Mozart a signé pas mal de sérénades instrumentales, la plus connue, étant certainement sa petite musique de nuit, mais aussi sa Sérénade "Haffner", du nom du bourgmestre de Salzbourg à l’époque et qui avait demandé à Mozart de composer un petit quelque chose à jouer au mariage de sa fille. On trouve aussi trace d’une Sérénade dans les Goyescas d’Enrique Granados. C’est tout à la fin que le compositeur espagnol imagine sa "Serenata del espectro" (sa sérénade du spectre), image un peu macabre d’un fantôme qui interpréterait une sérénade à sa bien-aimée, accompagné d’une guitare fantomatique. Ici, ce sera au piano mais on peut bien s’imaginer la scène.

Juliette au balcon

On ne peut pas entrevoir une thématique sur les sérénades, musique romantique par excellence, sans évoquer la scène la plus de toute la littérature théâtrale. Roméo est d’abord caché sous le balcon quand arrive Juliette (ce qui lui permet d’admirer sa beauté mais aussi de l’écouter à son insu). "Oh Roméo, Roméo, pourquoi es-tu Roméo ?" Elle voudrait que le nom de Roméo ne soit pas associé au nom de son ennemi. Roméo, toujours caché intervient et lui explique qu’il est prêt à perdre son nom par amour pour elle. Et c’est seulement après qu’il escalade le balcon et qu’il lui avoue qu’il l’aime. C’est en fait l’aveu d’un amour réciproque, donné dans un cadre charmant mais périlleux. Ce qui est un beau résumé de leur histoire, finalement…

Déjà dès le XIXe siècle, la Sérénade s’affranchit de ses codes, elle n’implique plus forcément une représentation en extérieur. Chez Schubert, c’est plutôt dans le cadre confiné des salons viennois qu’on a pu entendre celle-ci…

Le jazz a aussi ses sérénades, et parmi elles, celle que Glenn Miller imagine en 1939. Image d’un clair de lune, et de quelqu’un qui attend désespérément, ça s’appelle Moonlight Serenade.

Alors on sait qu’Hector Berlioz n’a pas trop aimé la ville de Rome, il a vécu un peu comme un exil son départ obligatoire pour la Villa Médicis – il était obligé puisqu’il avait remporté le prix de Rome -, on sait qu’il s’est ennuyé dans le désert musical et sous le soleil de plomb de la capitale italienne, mais il aura quand même passé de longs jours à sillonner l’Italie sauvage. Et c’est là notamment qu’il trouvera l’inspiration lors de son voyage dans les Abruzzes. Une inspiration qui donnera au final une symphonie, une symphonie avec alto nommée Harold en Italie. Et c’est là-dedans qu’on retrouve cette Sérénade d’un montagnard des Abruzzes à sa maîtresse.

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