L'odyssée

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Francisco de Goya et la musique

Le peintre espagnol Francisco de Goya a marqué de son empreinte la musique, au-delà des fameuses Goyescas d’Enrique Granados. Plongeon dans l’univers pictural et musical du peintre espagnol.

Une thématique proposée par Pierre Solot.

Francisco de Goya est né il y a 275 ans, le 30 mars 1746, tout près de Saragosse en Espagne, et il aura presque initié le mouvement romantique en peinture. Après avoir un temps fait ses armes dans le style baroque tardif et les images pieuses, il va tout à coup utiliser des thèmes moins consensuels, notamment dans une série de gravures nommées "caprices et inventions", l’une d’elles s’appelle "le Songe du mensonge et de l’inconstance", Goya s’est représenté lui-même dans les bras de sa maîtresse, confiant et abandonné. Mais si la maîtresse lui adresse un geste tendre, elle tourne aussi son visage vers des monstres à qui elle fait aussi les yeux doux. Rêve typique de l’homme trompé. La gravure se trouve au musée du Prado, mais si vous n’avez pas l’occasion d’y aller, Mario Castel-Nuovo Tedesco l’a aussi illustré en musique…

La toile la plus célèbre de Goya – à voir aussi au musée du Prado -, c’est sa "Maja nue", portrait de femme nue, mais qui n’est pas un nu mythologique, mais une vraie femme, contemporaine de Goya, probablement celle qui a longtemps été sa maîtresse, même si elle n’appartenait pas du tout à la même classe sociale que lui : si Goya avait des origines plutôt modestes, sa maîtresse n’était rien moins que la Duchesse d’Albe.

Goya avait décoré les murs de sa maison de campagne avec ses "Peintures noires", 14 fresques qui font un peu peur, il faut le dire, dont l’une d’entre elles représente le Dieu Saturne dévorant l’un de ses fils. La toile fait référence à la mythologie grecque, où le Dieu Cronos (Saturne chez les Romains), pour éviter que s’accomplisse la prédiction selon laquelle il serait détrôné par l’un de ses fils, les dévore – chacun d’eux – à leur naissance. Le mythe fait peur. La peinture aussi.

La sorcellerie est un thème très développé dans les peintures de Goya, notamment dans sa toile "le Sabbat des sorcières", c’est une peinture qui peut assez vite mettre mal à l’aise son spectateur et qui montre un rituel de sorcellerie, dirigé par une sorte de Grand bouc, et auquel de vieilles sorcières donnent à manger son plat favori : c’est-à-dire des enfants, selon la légende.

Difficile évidemment d’évoquer Goya en musique sans évoquer les Goyescas d’Enrique Granados, directement inspirées par les œuvres du peintre. "Je suis amoureux de la psychologie de Goya, dira Granados, de sa palette, de sa personne, de sa muse, la duchesse d’Albe, des disputes qu’il avait avec ses modèles, de ses amours, de ses liaisons. Ce rose blanchâtre des joues qui contraste avec le velours noir".

Après le succès de ses Goyescas – qui sont au départ une suite pour piano – Granados va être approché pour créer sur le même thème un opéra. Il s’agira tout simplement d'orchestrer les pièces et d’imaginer un fil conducteur, qui ne soit pas juste une référence à l’une ou l’autre toile de Goya. Et quel meilleur fil conducteur qu’une histoire d’amour ? L’opéra portera donc un sous-titre : "Los Majos enamorados", "Les jeunes amoureux".

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