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Euro 2020 : le classique et le football, deux arts incompatibles ? Sûrement pas !

En ce jeudi 17 juin, tous les amoureux du ballon rond auront les yeux rivés vers le match qui opposera le Danemark à nos Diables Rouges. Et, qu’à cela ne tienne, nous allons également nous mettre dans l’ambiance de pré-match en vous proposant une petite thématique centrée sur le sport le plus populaire qui soit et ses connexions avec la musique classique.

Voilà maintenant quelques jours que l’une des plus grandes compétitions sportives de l’année a débuté : le Championnat d’Europe de foot fait déjà frissonner et vibrer les milliers de supporters belges qui suivent nos Diables Rouges. Et comme ce jeudi 17 juin est un jour de match belge, nous vous proposons de jeter des ponts entre la musique et le football. Alors nous vous entendons d’ici : "mais comment peut-on relier la belle, la grande musique classique, vieille de plusieurs siècles au sport le plus populaire qui soit ? A priori, le Carnegie Hall et le Stade Roi Baudouin ne drainent pas le même style de public. Mais à tous ceux, dont font partie Vincent Delbushaye et Pierre Solot qui a concocté cette thématique, qui aiment l’un et l’autre, le classique et le football, nous vous dédions les morceaux ci-dessous.

You’ll never walk alone

Victor le Footballiste du Grand Jojo, sûrement l’un des plus grands hymnes du football belge. Promis, ce sera la seule excentricité et la seule entorse qui sera faite à cette thématique "Classique et Football".

Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il fasse caniculaire ou glacial, que leur équipe gagne ou perde, les supporters de Liverpool chanteront toujours, en fin de match, leur hymne "You’ll never walk alone". Et pourtant, l’origine de cette chanson n’a aucun lien avec le ballon rond. Cette chanson est en réalité tirée d’une comédie musicale sortie en 1945 ; elle intervient pour encourager une jeune femme, enceinte qui vient de perdre son compagnon. Cette chanson est alors reprise par de nombreux artistes, parmi lesquels, la grande Nina Simone : nous sommes maintenant en 1958 et Nina Simone sort son album "Little Girl Blue". Beaucoup parmi nous connaissent son histoire, ou ce qu’elle en a raconté… Nina Simone qui aurait tant voulu devenir pianiste concertiste, la première pianiste-concertiste noire, elle qui aimait Bach de tout son coeur. Si elle n’accomplira jamais ce rêve, quand elle reprend en 1958 You’ll never walk alone dans son album Little Girl Blue, c’est une pianiste qui s’exprime… À travers cet unique crescendo aux allures de souverain exutoire, Nina Simone nous fait vibrer.

À écouter aussi : Nina Simone, une voix puissante, chaude et politique, en quête d’absolu et de liberté

Messie ou Messi ?

Comment lier Haendel au football ? On évoquant le dernier ballon d’or en titre, celui qui en a six à son actif, à savoir Lionel Messi et son palmarès tout simplement phénoménal. 280 ans plus tôt, quand Haendel compose son Messie à lui, il a en tête un tout autre personnage…

Dans les compétitions internationales, on a coutume de dire que le football est un sport dans lequel 2 équipes courent derrière un ballon et qu’à la fin, c’est toujours l’Allemagne qui gagne. Alors, ça n’est pas toujours vrai – preuve en est que l’équipe allemande a raté son entrée dans la compétition actuelle face à France, qui a remporté le match 0 à 1 – mais souvent quand même. Du coup, on a souvent l’occasion d’entendre leur hymne national. Et si cet hymne est si réussi, c’est parce que, à la base, c’est Joseph Haydn qui l’a composé.

Vous avez peut-être vu, en 2014, lors de sa sortie, le film Timbuktu, qui raconte l’histoire de cette population malienne soumise à la loi de la charia, qui leur interdit désormais notamment la musique, les cigarettes et le football. Entre autres, bien sûr. On y voit du coup cette scène absurde mais émouvante d’une partie de football, jouée avec engagement et sportivité, mais sans aucun ballon…

Dmitri Chostakovitch, grand amateur de foot

On a évoqué le football lors de toute cette séquence thématique, on va la clôturer avec le compositeur le plus féru de ce sport, c’était Dmitri Chostakovitch. Grand supporter de l’équipe de Leningrad à l’époque (Saint-Petersbourg aujourd’hui), il ne manquait aucun match, auquel il assistait en silence, mais évidemment noyé dans une foule de supporters plutôt issus de la classe ouvrière. Il lui arrivait même d’écourter ses cours au Conservatoire pour pouvoir assister à un match. Il consacrera d’ailleurs un ballet à ce sport, qu’il a appelé "L’âge d’or", composé sur un livret d’Alexander Ivanovsky. Ce ballet raconte l’histoire d’une équipe de foot de l’est qui, lors d’un voyage, découvre le monde capitaliste de l’Ouest.

Chostakovitch n’aimait pas seulement le football, il le pratiquait aussi. Il avait même, grâce à ses connaissances impressionnantes des règles et des techniques footballistiques, obtenu un diplôme d’arbitre. Pas sûr, ceci dit, qu’il ait un jour arbitré une rencontre officielle. Il était sans doute trop occupé. 

Elgar, compositeur du premier hymne de supporter

Chostakovitch n’était pas le seul compositeur de musique classique à se passionner par le football. Alors que le compositeur russe rêvait de composer un hymne de supporter, Sir Edward Elgar a concrétisé ce "goal", en composant en 1898 He banged the leather for goal, considéré comme le premier chant de supporter.

Tout commence en 1895, quand Edward Elgar, en visite à Wolverhampton, assiste à un match de foot de l’équipe locale, match qui fera naître en lui une véritable passion. Elgar devient un fervent supporter des Wolves, il fait des allers-retours pour encourager son équipe et se tient au courant des résultats lorsqu’il ne peut assister aux matchs. En 1898, il lit un article relatant le match entre le Wolverhamtpon FC et le Stoke City, et il est marqué par le titre du papier, qui décrit le but de l’attaque des Wolves : "He banged the leather for goal", qu’on peut traduire par "Il a frappé le cuir pour le but". Elgar se met alors à écrire ce qui deviendra le premier hymne de supporter, qui porte le même titre de l’article de presse.

Malheureusement pour son compositeur, le chant ne marquera pas l’esprit des supporters et tombera vite dans l’oubli, avant d’être redécouvert dans les années 1950 par Percy Young, biographe d’Elgar et… historien du football. 

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