L'odyssée

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Des cafés et cabarets d’antan aux clubs new-yorkais actuels, une source d’inspiration pour les compositeurs

Dans l’Odyssée, nous vous emmenions faire la tournée des bars ! C’est vrai qu’en ces temps confinés, on ne peut plus se rendre dans ce type d’établissement, du coup, on va faire la tournée des compositeurs liés, de près ou de loin à ces lieux de détente, qui ont soit composé dans ou à propos des débits de boissons, ou de ce qu’on pouvait y trouver. Les artistes les plus respectables ont parfois trouvé l’étincelle au fond d’une taverne ou au fond d’un verre de bière. C’est l’heure de la tournée générale, et prenez ce que vous voulez, hein, c’est pour nous !

Une programmation musicale signée Sylviane Hazard.

On imagine le respectable Joseph Haydn, sérieux dans son joli costume au service des princes Estherazy… Mais pendant sa jeunesse, passée à Vienne, il jouait du violon dans les bals, à l’ambiance plus enfumée et un peu moins dorée que les Palais où il officiera plus tard. Et à vrai dire, même quand il travaillera au Palais Estheraza, il passera encore une partie de ses heures de liberté dans les bals et fêtes de tavernes, en témoigne ces quelques morceaux qu’il n’a sans doute pas composés pour le palais…

Tous au Café Zimmermann de Leipzig

Comme beaucoup de compositeurs avant et après lui, Georg Philip Telemann a d’abord dû, avant de se lancer dans la musique, rassurer ses parents en "faisant son droit" comme on dit. Ce qui ne l’a pas empêché de s’entourer, à Leipzig où il étudiait, d’une foule de camarades amateurs de musique, qui se réunissaient dans un lieu dont le nom va peut-être vous dire quelque chose : ça s’appelait le Café Zimmermann.

"Schweigt stille, plaudert nicht", "Faites silence ! Ne bavardez pas !", c’est le titre pour le moins surprenant d’une cantate profane de Jean-Sébastien Bach aussi connue sous le nom de Cantate du Café, parce qu’elle faisait référence à l’addiction au café qui était un vrai problème social dans toute l’Europe du XVIIIe siècle, et on reste au Café Zimmerman puisque c’est là qu’a été créée cette fameuse Cantate du Café.

Et on devait en servir beaucoup, du café, dans le célèbre Café Zimmerman de Leipzig, Bach y faisait fréquemment jouer ses cantates, profanes, comme celles-ci, bien entendu. Aujourd’hui le lieu n’existe plus, et à vrai dire on l’avait totalement oublié jusqu’à ce qu’un ensemble français de musique baroque décide de prendre ce nom : l’ensemble Café Zimmerman.

Passons du XVIIIe siècle allemand au XVIIIe siècle français avec Michel Corrette, qui aura été au service de plus hautes sphères de l’Etat, mais qui ne s’en sera pas moins intéressé à la chanson populaire et aux distractions du peuple de Paris, notamment dans des théâtres qui amusaient le public et qui avaient du coup pris le nom d’"opéra-comique".

La Bohème parisienne au village de Montmartre

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© Tous droits réservés
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On va aller à Paris à présent, et plus précisément dans l’actuel 18e arrondissement, sauf qu’au XIXe siècle, c’était encore un village dans la ville, le village de Montmartre. Traditionnellement c’est là que se retrouvaient, ou que se rencontraient les artistes, il y avait un nombre incalculable de cafés et de cabarets. On venait parfois de loin pour y faire la fête !

Le Galop infernal d’Orphée aux Enfers de Jacques Offenbach, c’est-à-dire le fameux French cancan, qui est le clou de tout spectacle de cabaret parisien, du Moulin de la Galette au Moulin rouge, et quitte à citer les cabarets parisiens, n’oublions pas le Chat noir, l’un des grands lieux de rencontre du Tout-Paris et symbole de la Bohème, évidemment. Ce qui était chouette au Chat Noir, et ce pourquoi venaient surtout les gens, c’était pour les reparties spirituelles qui fusaient de partout, et souvent aux dépens des clients d’ailleurs. Personne n’était épargné : un soir, le futur roi Édouard VII s’est vu lancer à la figure : "Eh bien regardez-moi celui-là : on dirait le prince de Galles tout pissé !". C’était ça, le Chat Noir…

La "Café Society"

Alors, on a fait le tour de plusieurs cabarets parisiens, allons un peu voir ce qui se passe à Londres, au fond des pubs et des tavernes. Il y a quelques siècles, on y parlait de bonnes récoltes, de délicieux gâteaux et de bières brunes coulant à flots.

Alors cette mode de se réunir comme ça, dans les cafés, les bars, les restaurants, entre artistes, mécènes, créateurs, auteurs et interprètes, un journaliste New-Yorkais a un jour nommé ça la "Café Society", immense communauté qu’on pouvait autant retrouver dans des endroits comme "Le Dôme" ou "La Coupole" dans le quartier du Montparnasse ou encore dans les clubs de Greenwich Village à New York, et qui pratiquaient un art de vivre "baroque et raffiné" qui n’était pas nécessairement lié à d’importantes ressources financières, d’ailleurs. Les artistes créaient et les plus fortunés les soutenaient tout simplement.

Café Society, c’est comme ça qu’on désignait donc la jet-set d’avant-guerre, mais qui a du coup aussi donné son nom à un club de jazz de New York en 1938, club de jazz qui existe toujours d’ailleurs. Les clubs de jazz sont les cabarets d’hier, c’est là que l’on boit, que l’on s’amuse, qu’on danse éventuellement mais surtout, c’est là que l’on joue de la musique… Il y en a partout dans le monde.

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