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De Zarathoustra à Salomé, vie et œuvre de Richard Strauss en musique

À l’occasion de l’anniversaire de Richard Strauss, né un 11 juin 1864, nous vous proposons de faire un tour d’horizon de sa production musicale.

Une thématique proposée par Chantal Zuinen

Pour schématiser, on pourrait dire que Strauss a passé l’essentiel de sa carrière à écrire des opéras, et qu’avant et après, il a composé de la musique instrumentale. On va commencer évidemment par ses jeunes années. Le père de Strauss était corniste au sein de l’orchestre de cour de Munich, et il avait cette réputation d’avoir un sale caractère. Wagner, qui a dirigé cet orchestre disait de lui : "C’est un type odieux, mais quand il joue, il est impossible de se fâcher avec lui". Richard Strauss a donc pris ses premières leçons de musique avec son père, "des moments toujours un peu crispants, disait-il, mais c’est de lui que j’ai appris à bien faire de la musique". Et de la musique, il en composera très tôt. A 16 ans, sa première symphonie est déjà dirigée par les plus grands chefs…

Le débat "Wagner"

Dans la famille Strauss, on est farouchement, presque traditionnellement, anti-Wagnérien, il ne s’agit pas de montrer quelque intérêt pour celui qu’on appelle dans la famille "Le charlatan de Bayreuth". Alors peut-être pour se démarquer de son oncle et de son père, Richard Strauss va manifester un grand intérêt justement pour Wagner. Il essayera même de convaincre son père en lui disant "en tant que corniste, je comprends que ça ne te plaise pas, du milieu de l’orchestre, mais tu devrais entendre l’effet d’ensemble, de l’extérieur, ça vaut la peine !"

Débuts de chef d’orchestre grâce à une petite sérénade

Richard Strauss est encore tout jeune quand il est invité par LE plus grand chef d’orchestre de son époque, Hans von Bülow, non seulement à lui composer une œuvre, mais aussi à venir la diriger lui-même devant lui.

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En cause, une petite sérénade pour instruments à vent, qui avait tapé dans l’œil et dans l’oreille de von Bülow. On va l’écouter, cette sérénade, importantissime, évidemment dans la carrière de Strauss puisque c’est ce qui lui mettra le pied à l’étrier en tant que chef d’orchestre.

En 1894, le compositeur se marie avec la soprano Pauline de Ahna, une union qui peut expliquer d’une certaine manière la prédilection de Strauss pour la composition de mélodies chantées. Il offrira en tout cas à sa jeune épouse cette mélodie qui clame haut et fort sa foi en leur amour et en leur avenir puisque le lied s’appelle "Morgen", "Demain".

Salomé, la consécration de Strauss compositeur d’opéra

Richard Strauss va avoir du mal à s’imposer comme compositeur d’opéra, mais après deux tentatives infructueuses, il va finalement connaître le succès grâce au scandale que va provoquer son opéra Salomé, déroutant par sa musique, choquant par son sujet. Salomé est un opéra qui divisera les foules, la richesse (certains diront l’exubérance) de la musique, mais aussi la violence et la sensualité du livret, avec comme paroxysme, l’érotique Danse des sept voiles, sorte d’effeuillage progressif, que certaines chanteuses n’hésitaient pas à exécuter jusqu’à la nudité complète.

Dans son opéra "Capriccio", Richard Strauss nous fait passer de l’autre côté du rideau, en posant cette très juste question : Qu’est-ce qui est le plus important ? La musique ou les paroles ? Vaste débat, incarné dans cet opéra par la rivalité entre un compositeur et un librettiste.

Dernières années éprouvantes

 

Les dernières années de Richard Strauss seront les plus difficiles pour lui : au lendemain de la deuxième guerre mondiale, il comprend qu’il arrive au terme d’une vie artistiquement épanouie, mais il est aussi très éprouvé par les événements politiques, et puis il aura aussi assisté au bombardement des hauts lieux de la culture allemande et à la destruction de sa maison natale.

C’est en Suisse qu’il ira passer pas mal de temps, il y composera ses quatre derniers lieder, véritable chant du cygne de la musique romantique mais aussi ce concerto pour hautbois…

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