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Belgian Music Week : la pianiste Marie François

À l’occasion de la Belgian Music Week, organisée par la RTBF, Cécile Poss consacre sa chronique La Pensée du jour à 10h30 dans L’Odyssée à la Belgian Music Week en demandant à cinq musiciens de Fédération Wallonie-Bruxelles "établis" de nous faire découvrir cinq jeunes talents du monde classique de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le pianiste Julien Libeer nous présente la jeune pianiste Marie François :

Ce que j’aime bien avec elle, c’est qu’elle ne souffre pas de la grande maladie belge qui consiste à ne pas assumer son ambition […] Il y a chez elle une vraie réflexion sur ce que veut dire être musicien classique au XXIe siècle.

Julien Libeer

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Marie François © Tous droits réservés

Marie François a commencé à jouer du piano à l’âge de cinq ans. Elle a terminé sa licence avec le professeur Joop Celis au Conservatoire de Maastricht en 2015. En 2017, elle a terminé sa maîtrise en Belgique avec le professeur Alan Weiss. En 2018, elle a obtenu son diplôme d’étudiante de troisième cycle avec Polina Leschenko et actuellement elle perfectionne son jeu dans la classe du professeur Eliso Virsaladze à la Scuola di Musica di Fiesole en Italie.

Marie François a participé à des master classes d’Elisabeth Leonskaja, Jan Wijn, Pavel Gililov, Alexander Melnikov, Yoheved Kaplinsky, Anton Nell, Alexander Moutouzkine, Peter Donohoe… Elle a également participé à l’Academia Chigiana de Sienne pendant trois ans où elle a suivi des cours avec Lilya Zilberstein.

Lors de l’édition 2016 pour piano du Concours Reine Elisabeth, elle a participé en tant que l’un des DeZes / Les Six pour la télévision belge Canvas et Radio Klara.

La pianiste belge Marie François s’est produite en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, au Luxembourg, en Italie, en Ukraine, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Parmi ces performances, un concert dans la Petite Salle du Concertgebouw à Amsterdam, la Salle Reine Elisabeth à Anvers, pendant le B-Classic Festival en Belgique, le Piano Festival à Miami, le Schiermonnikoog Festival aux Pays-Bas et Aurora Music Festival en Suède. En septembre 2018, elle a interprété le concerto pour piano de Grieg à plusieurs reprises avec l’orchestre d’État de Lviv, en Ukraine.

Son premier cd, Eclectic / Being me, est sorti en avril 2019 avec le label néerlandais Challenge Records International. Deux semaines plus tard, le cd a été choisi parmi les 10 meilleurs albums de musique classique sortis ce mois-là sur Apple Music dans le monde. Avec des artistes tels que Boris Giltburg et Renaud Capuçon.

L’année dernière, elle a lancé son propre podcast appelé "Musing with Marie" et pendant la pandémie, elle a organisé son propre concert tour : "The Corona Cure". Voilà qui démontre de son grand "sens de l’initiative" dont nous parle Julien Libeer.

Je pense qu’il est beaucoup plus intéressant de se connecter avec d’autres musiciens et d’apprendre les uns des autres.

Marie François.

Marie François, contactée par nos soins, se dit "très contente et honorée" d’avoir été "choisie" par Julien Libeer à l’occasion de la Belgian Music Week : "Le monde de la musique classique peut souvent très sentir très compétitif, ce qui est quelque chose que je n’aime pas du tout. Je pense qu’il est beaucoup plus intéressant de se connecter avec d’autres musiciens et d’apprendre les uns des autres. J’ai toujours admiré Julien en tant que pianiste et musicien, c’est donc très chaleureux et accueillant de sa part de m’avoir choisie. Je suis reconnaissante et j’espère que les auditeurs aimeront ma musique."

Nous avons également demandé à Marie François de nous décrire la vie d’une jeune musicienne en pleine pandémie de coronavirus, elle nous explique qu’elle est, comme beaucoup, passée par "mille sentiments différents au cours de cette pandémie" : "De me sentir "heureuse et concentrée" parce que je pouvais pratiquer beaucoup de nouveaux répertoires sans la pression de l’interpréter immédiatement, de me sentir "complètement déprimée" parce que j’en ai marre de regarder mes quatre murs à la maison. Je suis trop sociable pour être enfermée à la maison. Cela me manque beaucoup de jouer et de me connecter avec mon public de toutes les manières possibles. Bien sûr, c’est le côté émotionnel de l’histoire, continue-t-elle, le côté rationnel et financier de cette crise a été très difficile à traiter. Je ressens beaucoup d’inquiétude quant à mon avenir en tant que pianiste de concert, mais j’essaie de ne pas trop penser à l’avenir pour le moment. Bien que la situation ait été très difficile de temps en temps, la pandémie m’a obligé à sortir des sentiers battus. J’ai commencé un podcast Musing avec Marie, j’ai organisé ma propre tournée de concerts The Corona Cure – qui n’a malheureusement pas guéri le virus, mais au moins j’ai essayé de guérir le public sur un plan émotionnel avec ma musique – et j’ai commencé une série d’interviews en ligne – The Corona Talks – avec différentes personnalités du monde de la musique. Julien Libeer était l’un de mes invités.

Résolument tournée vers l’avenir et ambitieuse, Marie François nous confie que la liste de ses "envies" pour sa carrière est longue, et parmi ses projets, elle nous dit vouloir jouer plus souvent en Belgique francophone, "je joue si souvent dans la région flamande de Belgique, mais je trouve que la Belgique ne serait pas la Belgique avec la Wallonie". "J’adorerais jouer (plusieurs ? !) concerti pour piano avec le Brussels Philharmonic, organiser mon propre festival et pouvoir jouer 140 concerts par an, partout dans le monde." Et c’est tout ce qu’on lui souhaite !

Ecoutez Julien Libeer parler de Marie François

Ecoutez également un extrait du premier album de Marie François, avec le premier mouvement de la Sonate n°5 en fa dièse mineur, op.25 de Clementi.

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